27 nov. 2015

Chronique de Michaël Bar-Zvi | Yod Daleth Kislev 5776 - 26 novembre 2015























Au lendemain des attentats du 13 novembre, tout le monde comprend que la mise en place d’une large coalition est le seul moyen de combattre efficacement l'Etat islamique, mais suffit-il d’en émettre le vœu pour qu’elle se réalise ? Prenant son bâton de pèlerin, le président français a décidé de rencontrer les partenaires éventuels d’une telle entreprise, et le moins que l’on puisse dire est que les chances de succès sont très minces, car dès son premier entretien, il a reçu du président Obama une fin de non-recevoir déguisée en belles déclarations de forme, mais qui sur le fond signifie que Washington n’a aucune intention de changer sa stratégie qui consiste à ne pas combattre l’islam radical salafiste, à ne pas vouloir abattre le régime d’Assad et à ne pas vouloir trouver de partenaires sunnites pour fournir une alternative politique à l'Etat islamique.
Hommes et femmes, combattants kurdes, terreur des raclures de l'état islamique.

Certes les Etats-Unis soutiennent la lutte des Kurdes, mais ne condamnent pas fermement l’action trouble et ambigüe de la Turquie, et par ailleurs ils savent bien que les Kurdes n’ont aucune intention de reconquérir des régions à majorité sunnite en Syrie ou en Irak, qu’ils ne pourraient gérer. Obama a donc délibérément abandonné la Syrie à un axe comprenant Assad, l’Iran et le Hezbollah avec le soutien de la Russie. La conception française du ni Assad, ni Etat islamique ne peut fonctionner, même si elle semble moralement la plus souhaitable, car personne ne peut aujourd’hui désigner les successeurs potentiels à ces deux visages de la tyrannie.

Dans la comptabilité de la cruauté, la concurrence est rude entre les barbares et les sauvages. Les outils de la diplomatie, du droit international, de la justice universelle ne sont pas adaptés à la violence de cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un simple rapport de forces, mais d’une guerre d’un autre type, que nous devons mener avec de nouvelles armes. Le conflit est à la fois historique, confessionnel, ethnique, tribal, religieux, moral, économique, social, et aucun de nos experts n’est en mesure de définir l’ordre des priorités entre ces différentes catégories, car cet ordre n’est pas permanent et ne cesse d’évoluer.

Le caractère mutant de cette guerre est sans doute ce qui la rend difficile à appréhender, et rend donc impossible la capacité de prévision des observateurs. Chaque incident ou événement peut modifier le sens ou la tournure des tactiques et stratégies. Il suffit, comme on l’a vu encore il y a deux jours, qu’un avion soit abattu par erreur ou volontairement pour que le cours des choses s’infléchisse d’une manière ou d’une autre.

Mais le pire dans le drame qui se joue en ce moment tant au Proche-Orient qu’en Europe est que nous avons l’impression que ce sont les adversaires du monde libre, partisans des idéologies totalitaires qui fixent l’ordre du jour. L’Occident n’agit plus dans l’histoire, mais ne fait que réagir aux secousses et aux attaques répétées de ses ennemis.

Au regard de l’histoire les années Obama resteront à jamais marquées par ce manque de vision politique dont nous payons chaque jour le prix. Son successeur aura-t-il encore les moyens et la volonté de redonner au monde libre un minimum de confiance en ses valeurs ?

http://www.desinfos.com/spip/spip.php?page=ispip-article&id_article=50938 

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