8 févr. 2016

Israël n’a pas, depuis cinq décennies, compté d’ennemi aussi opiniâtre que la France, par Guy Millière

Depuis qu’il est ministre des Affaires Étrangères, Laurent Fabius a très rarement manqué une occasion de s’en prendre à Israël, et s’est montré d’une serviabilité extrême à l’égard de Mahmoud Abbas et de terroristes « palestiniens ».
 
Il n’a fait en cela que suivre une tradition établie depuis longtemps au Quai d’Orsay. Il l’a fait avec un zèle qui n’avait été surpassé que par des hommes tels que Roland Dumas, l’homme qui voit des influences juives perverses partout, et Michel Jobert, qui, en son temps, salivait à l’idée qu’Israël puisse être détruit.
 
Devant quitter très bientôt ses fonctions, Fabius ne pouvait faire autrement que s’en prendre à nouveau à Israël, et de manière convaincante.
 
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Il vient, on le sait, de proposer une reprise du « processus de paix », et, partant, des négociations. Il vient aussi d’indiquer comment s’achèveraient les négociations telles qu’il les conçoit : par la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien délimité à l’Ouest par la ligne d’armistice israélo-jordanienne de 1949.
 
En émettant sa proposition de négociations, et en indiquant comment les négociations s’achèveraient, Laurent Fabius a fait preuve d’un esprit d’innovation indéniable : c’est sans doute la première fois dans l’histoire de pourparlers quels qu’ils soient, que celui qui les propose impose leur conclusion avant même que les parties ne se réunissent. 
Innovation à l’innovation, Fabius a inventé les premières négociations achevées avant d’avoir commencé. Pourquoi les dirigeants palestiniens négocieraient-ils quoi que ce soit dès lors qu’ils sont assurés à l’avance d’obtenir tout ce qu’ils réclament, sans qu’il leur soit rien demandé ? Et, inversement, pourquoi les dirigeants israéliens se rendraient-ils à des négociations en sachant d’emblée que l’organisateur entend, dans tous les cas, accorder à leurs ennemis ce qu’ils exigent d’eux, sans se soucier de la position et des intérêts vitaux de l’Etat hébreu ?  
Laurent Fabius n’étant pas un imbécile absolu (tout au moins, je veux le penser), on doit alors se demander pourquoi il propose des négociations qui n’auront, dans les conditions de départ qu’il expose, très vraisemblablement pas lieu.
 
La réponse est simple : il veut montrer qu’il est propalestinien et adepte de la « cause palestinienne ». Il veut s’efforcer de mettre le gouvernement israélien dans son tort, en lui faisant une proposition absurde. Il veut affirmer que les dirigeants palestiniens ont raison, et que l’obstacle au triomphe de « la paix » se situe du côté d’Israël. Il veut suggérer que la France va reconnaître un Etat palestinien parce qu’elle n’a vraiment pas d’autre choix et parce que les négociations échouent sans cesse par la faute des Israéliens.
 
La France de Hollande pourrait reconnaître un Etat palestinien sans passer par les contorsions de son ministre des Affaires Etrangères, mais ce serait perçu par les dirigeants israéliens et les Juifs de France comme un acte d’hostilité directe à leur encontre.
 
Les convulsions de Fabius participent ainsi d’un subterfuge destiné à voiler (un peu) l’hostilité de la France aux dépens d’Israël, et à grimer de manière hypocrite le soutien de la France à la « cause  palestinienne ».
 
Laurent Fabius pourra ainsi, du moins le croit-il, à la fois se targuer d’être celui par lequel la France aura reconnu un Etat palestinien tout en prétendant être un ami d’Israël. Valls pourra prendre un air grave et dire qu’il reste plus que jamais un ami d’Israël, mais, qu’au nom de ses « valeurs », la France devait prendre cette décision. Il pourra à nouveau s’éclipser lorsque l’Assemblée nationale décidera de reconnaître l’Etat de Palestine. Hollande aura le loisir de prononcer un discours allant dans le même sens que celui de son Premier ministre.
 
La décision française, lorsqu’elle surviendra, pourra en entraîner d’autres. Le but des dirigeants palestiniens consiste à isoler diplomatiquement Israël : ils progressent dans cette direction, et, de fait, la France de Hollande leur ouvre la voie.
 
La décision française ne sera pas seulement conforme à la tradition établie au Quai d’Orsay : elle sera conforme à la « politique arabe de la France », initialisée par Charles de Gaulle.
 
Hors du monde musulman, depuis cinq décennies et la déclaration du Général sur le « peuples sûr de lui et dominateur », Israël n’a pas compté d’ennemi aussi opiniâtre que la France ; et l’élection éventuelle de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé en 2017, tout l’indique, n’y changerait rien. [Cela pourrait même être pire. Ndlr.].
 
Les Juifs français qui ne l’auraient pas encore saisi devraient finir par comprendre. Les dirigeants français sont résolument propalestiniens, et Laurent Fabius n’est qu’un exemple de ce parti-pris parmi d’autres.
 
Un ami juif cher à mon cœur disait il y a quelques mois ces sages paroles, que je me dois de répéter sans cesse : « Mieux vaut partir que fuir ». S’en aller aujourd’hui, c’est partir. Le risque, demain, est de devoir fuir, ou de se trouver condamné à vivre en dhimmi sur le sol français, la dhimmitude se trouvant ponctuée d’assassinats ici ou là.
 
Les assassins diront leur volonté de tuer des Juifs en raison de ce que les Juifs en Israël font subir aux Palestiniens.
 
Les dirigeants politiques français se diront, lors de chaque assassinat, « hostiles à l’antisémitisme, prêts à le combattre et opposés à l’isolement d’Israël » ; ils continueront cependant à financer l’antisémitisme qui résulte des paroles et des actes des dirigeants palestiniens.
 
Ils se diront, à chaque occasion, « amis d’Israël », tout en menant, en parallèle, un authentique travail de sape contre l’Etat hébreu.
 
Les dirigeants politiques français sont-ils hypocrites, menteurs, voire pire encore ? Je laisse à chacun la liberté de répondre. Je connais des dirigeants politiques français qui ne sont ni hypocrites ni menteurs et qui sont parfaitement respectables. Mais je les compte désormais sur les doigts d’une seule main.
 
Les autres ont reçu tant de chèques du Qatar qu’ils ne comptent plus les zéros qui y sont alignés, et ils s’émerveillent en chœur des contrats signés avec la monstrueuse et antisémite « République » Islamique iranienne d’Ali Khamenei. 

http://www.menapress.org/isra-l-n-a-pas-depuis-cinq-d-cennies-compt-d-ennemi-aussi-opini-tre-que-la-france-info-010702.html 

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