22 mai 2016

Itzak Rabin n'était pas un pacificateur amblyope, par Jeff Dunetz

Il y a dix-neuf ans, le 4 Novembre, 1995 Yitzhak Rabin a été assassiné par un fanatique israélien. Depuis sa mort, le mythe de la paix de Rabin a pris des proportions énormes. Mais la vision finale de Rabin pour la paix était soi-disant « belliciste » au parti de la droite - au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Itzhak Rabin était le dernier premier ministre d'Israël, qui ne soutenait pas la création d'un état palestinien.

Les positions de Bibi sont nettement plus modérées que celles de Rabin.
 Même si le processus a été un échec, certains croient qu’Yitzhak Rabin mérite un point d’honneur pour avoir tenté de faire la paix par le biais du processus d'Oslo. Mais l'ancien Premier ministre n'était pas du genre aveugle qui place la «paix par-dessus tout », selon les libéraux aux États-Unis et en Israël. Rabin n'a pas encouragé la création d'un état palestinien, et estimait que Jérusalem était la capitale indivisible de l'état juif.


Un mois avant son assassinat (le 5 octobre, 1995), Rabin avait prononcé un discours à la Knesset qui exposait sa vision pour l'avenir d'Israël et pour les territoires contestés. C’était une vision qui aurait prolongé la haine de Barack Obama pour son vieil ami Bibi. Les éléments énoncés dans le discours Rabin comprenaient :

Pas d’état palestinien : «Notre vision de la solution permanente dans le cadre de l'état d'Israël comprendra la majorité de la superficie de la Terre d'Israël comme elle l’était sous la domination du mandat britannique. À côté, il y aura une entité palestinienne, foyer à la plupart des résidents palestiniens vivant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Nous consentirions à ce qu’elle soit une entité, inférieure à un état, qui permettra aux palestiniens de vivre indépendamment sous leur autorité ».

Pas de retrait aux frontières de 1967 : « Les frontières de l'état d'Israël, durant la solution permanente, seront au-delà des lignes qui existaient avant la Guerre des Six Jours Nous ne reviendrons pas sur les lignes du 4 Juin 1967.. »

Contrôle de la vallée du Jourdain : « La frontière de sécurité de l'état d'Israël sera située dans la vallée du Jourdain, dans le sens le plus large du terme ».

Gush Katif comme modèle : « La mise en place de blocs d’implantations en Judée et Samarie, comme ceux de Gush Katif »

Toutes les implantations restent intactes durant la période intérimaire : « Je tiens à vous rappeler : nous nous sommes engagés, ce qui signifie que nous sommes arrivés à un accord et sommes engagés devant la Knesset, de ne déraciner aucune implantation dans le cadre de l'accord intérimaire, et de ne pas entraver la construction pour la croissance naturelle ».

Jérusalem Unie, qui comprendra à la fois Maale Adumim et Givat Ze'ev - comme la capitale d'Israël, sous la souveraineté israélienne, tout en préservant les droits aux membres des autres religions, le christianisme et l'islam, la liberté d'accès et la liberté de culte dans leurs lieux saints, selon les coutumes de leurs croyances.
• (Pendant la période intérimaire) « La responsabilité de la sécurité extérieure le long des frontières avec l'Égypte et la Jordanie, ainsi que le contrôle de l'espace aérien au-dessus de tous les territoires et de la zone maritime de la bande de Gaza, restent entre nos mains.

(L'ensemble du discours peut être lu ici) :

Rien de tout cela ne prétend dénigrer la mémoire de feu le Premier ministre israélien, mais est destiné à montrer la véritable nature des médias et des dirigeants du monde. Ils ont pris sur eux de transmuer Rabin en quelque chose qu'il n'est pas. Depuis de nombreuses années, le legs de Rabin a été défini par les rêves du processus de paix qu'il a initié avec les Palestiniens au moment de son assassinat. Était-ce ce qu'il aurait voulu débattre avec ses proches et confidents, dont certains étaient conscients de ses doutes croissants quant aux intentions réelles de Yasser Arafat, lequel était déjà fin prêt à saboter le processus diplomatique en ordonnant des attaques terroristes avant, pendant et après l'assassinat de Rabin ?

Il y a trois ans, Dalia, la fille de Rabin, écrivait dans un magazine israélien :
" Beaucoup de personnes, proches de mon père m’ont confié la veille de l'assassinat qu’il envisageait d'arrêter le processus d'Oslo à cause de la terreur rampante dans les rues et d’Arafat qui ne livrait pas la marchandise. Père, après tout, n'était pas un aveugle qui va de l’avant sans penser. Je n’écarte pas la possibilité qu'il ait examiné une marche arrière. Après tout, il était quelqu'un pour qui la sécurité de l'état était sacro-sainte. "

Le processus d'Oslo que Rabin avait commencé en vint à être vertement critiqué car il a mené à la violence meurtrière, dont la deuxième Intifada, et en même temps, il a consolidé le pouvoir du terroriste Arafat. Mais qui peut honnêtement savoir ce qui serait arrivé si un fanatique n'avait abattu Rabin il y a 19 ans. Oslo aurait duré plus longtemps avant qu’Arafat ne soit renvoyé à son trou à Tripoli et son intifada.

Ce que nous savons c’est que les mêmes personnes qui ont créé l'image vénérée d’Itzhak Rabin comme artisan aveugle de la paix, vilipendent Benjamin Netanyahu, même si les positions de Bibi sont nettement plus modérées que celles de Rabin.

Adaptation française : Thérèse Zrihen-Dvir

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