23 mai 2016

La France bientôt judenrein ? par Benoît Rayski

C’est en bonne voie. Là où les voiles arrivent, les Juifs partent.
Les chiffres sont éloquents. On pourra même les juger effrayants. Ce ne sont que des chiffres. Froids, abstraits, vidés de toute chair humaine. Nous n’avons que les chiffres. Alors citons-les.
Les hordes antisémites à l'assaut de la synagogue de la Roquette à Paris le 13 juillet 2014

Ils figurent dans un long rapport, L’an prochain à Jérusalem ?, établi par Jérôme Fourquet de l’IFOP et ses collaborateurs. Des mois et des mois d’enquêtes, de sondages, d’entretiens. Voici quelques-uns de ces chiffes. En 2015, 8 000 Juifs ont quitté la France pour l’Israël. Des milliers d’autres Juifs ont fait de même en choisissant pour destination la Grande-Bretagne, le Canada ou les Etats-Unis. De ces chiffres les plus parlant sont ceux qui concernent la région parisienne.

250 000 Juifs y résident (y résidaient ?). Il y avait 600 familles juives à Aulnay-sous-Bois : il n’y en a plus que 100. Pour Clichy-sous-Bois même statistique : de 400 à 80. La Courneuve : de 300 à 80. Un mouvement unidirectionnel : les Juifs quittent l’Est de la région parisienne pour s’installer plus à l’Ouest.

Allons au-delà des chiffres. Mesure-t-on la détresse d’êtres humains obligés de quitter le pays où ils sont nés et où ils ont vécu ? Même si certains d’entre-eux aiment Israël, un départ forcé est toujours synonyme d’exil. Peut-on essayer d’imaginer le déchirement de ceux qui sont contraints de quitter les domiciles et les quartiers de leur enfance ? Ils partent donc. Et avec eux c’est un peu de la France qui s’en va. Il y a là une injustice qui crie au ciel : pourquoi ce sont eux qui partent et non pas ceux qui les obligent à partir ? Il faudrait peut-être nommer ces derniers ? Mais le risque est grand alors d’aggraver une réputation (la mienne) infamante d’islamophobe, facho et réac.

Nous nous retrancherons donc derrière le Figaro Magazine qui a fait sa “une” sur Saint-Denis avec “Molenbeek-sur-Seine”. Les photos des voiles, des hijab, des burkas sont édifiantes. Les textes également. C’est pourquoi le maire communiste de la ville, M. Maillard, est sorti de ses gonds. Pour prendre la défense de sa cité, virginale et pure, souillée par les mains sales des journalistes du Figaro Magazine. Oui, sanglote-t-il, Saint-Denis est une ville chaleureuse, riche de diversité, une ville où cohabitent harmonieusement des gens de toutes races, origines, religions, etc…

Je suis allé regarder le prix du m2 à Saint-Denis. C’est pas cher. Donné. Bradé. On ne comprend pas dès lors pourquoi les Juifs (on connaît leur rapport à l’argent) ne viennent pas, ou ne reviennent pas, dans cette ville si accueillante et si bon marché. Le maire, M. Maillard, a certainement une réponse à cette angoissante question. Mais on pourrait quand même comprendre sa réticence à avoir ces gens là, les Juifs, comme administrés. Combien de policiers municipaux ne devrait-il pas embaucher pour les protéger ?

Si vous êtes encore curieux de savoir pourquoi tant de Juifs quittent la France et l’Est de la région parisienne, il vous faut aller regarder du côté du salon musulman de l’UOIF au Bourget. Ne vous attardez pas sur les stands qui proposent voiles, foulards et burkinis. Allez directement dans la partie réservée aux librairies et aux éditeurs. Et vous découvrirez que les affiliés de l’UOIF ne lisent pas que le Coran.

Sur certains stands, et bien en vue, vous pouvez vous procurer les oeuvres de Maurice Bardèche, de Roger Garraudy, d’Alain Soral, de Blanrue… Tous ces textes ont en commun la haine du Juif. C’est, a priori, interdit par la loi.

Mais vous imaginez des flics débouler au salon du l’UOIF ? On ne va quand même pas mettre la France à feu et à sang pour quelques livres qui taquinent les youpins.
Il se peut que le salon de l’UOIF ait fermé ses portes. Il se peut que le Figaro Magazine soit trop marqué à droite pour vous. Alors écoutez en podcast sur France Inter Didier Daeninckx. Il est plutôt de tradition rouge. Donc au-dessus de tout soupçon. Il est halal et kasher. Tous ses polars qui l’ont rendu célèbre se passent en banlieue où il habite depuis toujours. Et voilà ce qu’il dit : “J’ai vu les corps s’éloigner, les embrassades se raréfier, les barbes et les voiles pousser”.

Vous savez maintenant pourquoi les Juifs partent. Ce que vous ne savez sans doute pas, c’est que pour leur voyage ils privilégient la compagnie israélienne EL AL. Celle-ci a son propre service de bagage, son propre service de sécurité. Les Juifs -- va donc savoir pourquoi -- se méfient des bagagistes de Roissy… 

1 commentaire:

  1. Une de mes amies m'a donné quelques nouvelles de Lyon: le Centre Communautaire Hillel n'est protégé que par son sas et quelques jeunes juifs chargés de surveillance. La grande synagogue (quai Tilsitt) à Kippour dernier (donc avant les derniers attentats) n’était elle aussi surveillée que par les groupes de sécurité de la communauté. Elle m'a raconté que les militaires dont tout le monde a beaucoup parlé ne sont plus en service et qu'elle n'a pas vu non plus les voitures de police habituelles. Il y avait peut-être des policiers en civil.
    Les écoles juives perdent les élèves dont les parents quittent la France mais en gagnent de nouveaux, ceux qui quittent l’école publique (le reste se réfugiant dans les écoles catholiques). Au Fonds Social Juif Unifié, beaucoup s’inquiètent de tous ces départs: bientôt, il n'y aura plus que des gens âgés et des familles en détresse sociale.
    Amicalement.

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