26 août 2016

La France au défi de la question musulmane, par Yvan Rioufol

Oui, l’islam agresse la France. Et il revient d’abord aux musulmans -- les démocrates, lucides et effarés -- de faire entrer dans le lit de la laïcité une doctrine qui lui est étrangère. La raison critique ne peut soutenir plus longtemps, en effet, que le Coran est un texte tombé du Ciel, sacralisé par une signature divine. Après les tueries de Nice, qui ont ensanglanté, au nom d’Allah, la Promenade des Anglais (86 morts, 400 blessés) le soir du 14 juillet, après l’égorgement dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet, du père Jacques Hamel, tentant de repousser ses deux bourreaux aux cris de " va-t’en Satan ! ", après les carnages précédents à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher, au Bataclan, dans les cafés parisiens, après toutes les autres terreurs islamistes et avant les prochains massacres, il n’est plus possible de taire la question musulmane. 
Terrorisme islamiste : : la partie émergée d'un gigantesque iceberg
Entendre les capitulards et les sophistes éluder cette confrontation nécessaire en associant les musulmans aux juifs persécutés par Vichy et les nazis témoigne de la confusion des esprits qui s’organise, au seul bénéfice d’une idéologie totalitaire et conquérante. 

La valse des ego, qui agite la politique avant la présidentielle, rend un peu plus illisible la menace que beaucoup d’" élites " occultent. La tarte à la crème du rétablissement d’un service civique, voire militaire, est servie par ceux qui n’ont rien à dire sur le sujet. L’échappatoire a été empruntée à son tour, dimanche, par Arnaud Montebourg, en quête d’un retour à la " camaraderie ". Ce boy-scoutisme est le degré zéro de l’analyse qu’impose l’installation massive en Europe, depuis les années 1970, d’une culture archaïque opposée à l’Occident. La fable de " l’identité heureuse ", que conte Alain Juppé, procède d’un mensonge entretenu sur une naturelle compatibilité entre l’islam et la démocratie. Même la Turquie, un temps exemplaire, rejoint le camp des théocraties paranoïaques sous la férule du sultan Erdogan. Quand Nathalie Kosciusko-Morizet, après s’être éventée devant la " régression identitaire ", déclare mardi (RTL) vouloir interdire le salafisme " qui n’est pas l’islam mais une dérive ", elle ne veut pas voir que cette pratique, souvent violente, applique le Coran à la lettre. Voudrait-elle interdire l’islam ?
Ce n'est plus tant l'identité qui doit être mise au centre des débats pour 2017, comme le souhaite à nouveau Nicolas Sarkozy qui a confirmé lundi sa candidature, que l'obligation pour l'islam récalcitrant de faire allégeance aux règles de la nation millénaire. Il n'y a aucune raison de dispenser la minorité musulmane des contraintes qu'ont eu à subir par le passé les chrétiens et les juifs. Ceux-là ont dû se plier, dans la douleur pour les catholiques, aux exigences de la République laïque. Inviter les musulmans à la « discrétion » (Jean-Pierre Chevènement) est la moindre des choses. Elle est pourtant contestée par les islamistes qui réclament toujours plus de visibilités et d'accommodements. Même l'iman de Bordeaux, Tareq Oubrou, présenté comme réformiste, conteste à l'État son droit de demander aux musulmans de se réformer, faisant valoir une laïcité flexible. Dans ce rapport de force, la solidité de la République est à l'épreuve. Sa pente serait de reculer encore. Aux Français réveillés de s'y opposer. 
Face aux tensions qui se profilent, les musulmans acquis à l'Occident et à ses valeurs doivent se mobiliser et être soutenus. Tout doit être fait pour briser « l'entrisme islamo-trotskiste sournois » que dénonce le philosophe Mezri Hadad (Le Figaro, lundi). Le « fascisme islamiste », ainsi nommé par le germano-égyptien Hamed Abdel-Samad, ancien Frère musulman, est la Bête immonde que bien des « humanistes » et autres « antiracistes » ont renoncé à combattre, par souci d'apaisement et par fascination pour les minorités. Ces néocollaborateurs ne voient pas qu'ils se font à leur tour les soutiens d'une idéologie qui partage avec le nazisme, outre l'antisémitisme, le même culte du peuple supérieur, du chef, de la force, de la terreur. C'est pourquoi les hommes et les femmes acquis au libre arbitre ont à convaincre que le Coran, comme la Bible, est un texte écrit par l'homme et non par Dieu, et qu'il est donc réformable. L'écrivain Tahar Ben Jelloun demande aux siens (Le Monde, 30 juillet) « de renoncer à tous les signes provoquants d'appartenance à la religion de Mahomet », à moins de « faire nos valises ». C'est en ces termes que le débat se pose.
Reste cette indifférence qui endort encore trop de Français bercés au «vivre ensemble», ce credo martelé tant il ne va plus de soi. La méconnaissance de l'islam, assimilé à tort à une filiation judéo-chrétienne*, contribue à assoupir les vigilances. Le pape François n'aide pas à différencier les modes de pensées quand il mêle violence islamique et catholique, usant du relativisme des déconstructeurs. L'ouverture à l'autre se fait dans l'abandon de soi, de peur d'être accusé d'arrière-pensées racistes. Reléguer les sonneurs de tocsin dans la « fachosphère » est le nouveau procédé des « progressistes ». Durant l'été meurtrier, Libération a appelé à dénoncer les « actes islamophobes », en se mettant au service du conquérant. SOS-Racisme, la Ligue des droits de l'homme, des féministes, en ont fait autant en prenant la défense du burkini, l'uniforme du fondamentaliste à la plage. Seuls 6% des sondés le défendent.

« Allez-vous à la fin sortir de l'indolence », s'impatientait Aragon, le résistant. La somnolence face au totalitarisme islamique doit être combattue autant que l'islam radical. À côté des Français musulmans, c'est plus généralement la société civile qui doit faire barrage à ceux qui, dans la classe politique en quête de clientèle, sont parfois à deux doigts d'admettre la reconnaissance d'un islam fort, pour prix de la paix civile. Les Corses, mobilisés en août pour tenir tête aux provocations islamistes, ont donné l'exemple d'une France prête à se battre pour protéger son mode de vie. Un rappel à l'ordre s'impose à ceux qui prétendent se comporter comme un terrain conquis. Ce sont les conditions de la République que l'islam doit accepter, non l'inverse. La présidentielle doit se jouer sur ce thème, et non sur la crise économique et sociale, l'alibi des planqués.

Suspendre l'immigration massive est l'autre réponse au réveil français. Seuls 11 % des Français (Ipsos, lundi) pensent qu'elle a eu un « impact positif » pour le pays…

*François Jourdan, Islam et christianisme, comprendre les différences de fond, L'Artilleur

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