5 août 2016

Magnanville: la déchéance des bien-pensants, par Cyril Bennasar

Qu’on ne se méprenne pas, moi qui caresse l’espoir de voir assignés un jour à résidence aux Mureaux ou à La Courneuve le sociologue relativiste avec l’avocat droit-de-l’hommiste en colocation avec tous ceux qui prennent les racailles sauvages pour des enfants du bon Dieu, je ne viens pas ici diluer la culpabilité du dernier islamiste de l’actualité, musulman impatient et criminel, dans la misère sociale ou dans le racisme français. Derrière le crime, il n’y a qu’un criminel, un seul coupable du meurtre de ce couple de policiers de Magnanville. Mais au-delà, il y a des responsables.


Faut-il encore rappeler que celui-ci comme tous les autres n’était pas témoin de Jéhovah et qu’il n’est pas surprenant qu’un prophète assassin de masse laisse derrière lui pour les siècles des siècles une religion sanguinaire ? Mais ce ne sont pas ces islamistes intolérants et prosélytes à mort, ni bien sûr les 80 % de musulmans français qui observent sans réserve le ramadan que je suis venu ici stigmatiser, ce sont les autres responsables de ce crime. Je veux nommer, accuser, montrer du doigt et clouer au pilori tous ceux qui ont empêché d’empêcher ces meurtres, tous ceux qui sont venus régulièrement, jusque dans ce journal et dans ma radio, mais en se tenant hors de portée de mandales perdues, dénoncer la déchéance de la nationalité comme étant une mesure tantôt « inutile », tantôt « indigne ».


On se demande aujourd’hui qui est le plus inutile et qui est le plus indigne : les badernes enrobées et pointilleuses, emphatiques et tatillonnes, suffisantes et orientées du barreau, les Jean-Pierre Mignard, les Henri Leclerc et autres baveux du même tonneau qui dénonçaient l’illégalité voire l’inhumanité de la mesure ? Les élus de la droite molle et de la gauche la plus « Finkielkraut », tous aujourd’hui à l’extrême gauche du bon sens, qui plaisantaient hier jusque dans ma télé sur l’idée jugée « absurde » de déchoir de sa nationalité un islamiste suicidaire ? Les dirigeants qui hésitent encore et malgré tout ce qui menace à manier le glaive qui sépare durablement le bon grain de l’ivraie salafiste et de la racaille islamisée ? Mais que ne se sont-ils contentés d’être, les uns et les autres, inutiles et indignes ! Aujourd’hui, à la lumière de ce nouvel assassinat, ceux que nous nous résignons à nommer nos élites se révèlent surtout incapables et nuisibles.

Je revois comme si c’était hier, parce que c’était hier, toutes ces baudruches politiques, du frondeur gouailleur au centriste BCBG, venir à toutes les tribunes s’indigner qu’on songe à déchoir, invoquer les valeurs, opposer le droit international, la Révolution française ou le passé vichyste et leurs parents déchus, faire la fine bouche quand le coup de balai s’imposait à leur devoir, et s’opposer par principe au renvoi de nos ennemis intérieurs où on voudra, en étalant, droits dans leurs bottes et la main sur le cœur, leurs scrupules. Aujourd’hui, après le meurtre de ces deux policiers, il y a des scrupules qui déshonorent, et quand de « grandes voix » s’élèvent pour défendre des principes, des gens simples tombent. Toutes ces belles âmes aux mains propres se demandent-elles à présent où est la justice ? Le ministre de la Répression modérée et ses chefs pensent-ils le soir que si Abballa s’en était retourné d’où il était venu, ou même en apatridie, ou encore s’était supprimé dans une cellule sans surveillance, Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider seraient encore en vie ? Je reste hanté par l’agonie de cet homme, mort avant d’avoir pu protéger les siens (s’est-il souvenu des ordres donnés par l’État Islamique à ses agents dispersés, de tuer les mécréants avec leur famille ?), et de cette mère, torturée moins par l’assurance de sa mort imminente que par l’idée de laisser avec l’ordure barbue, son enfant (savait-elle qu’en Russie, une nounou avait récemment décapité le bébé qu’on lui avait confié en criant « Allah ouakbar » ?).

Le plus impardonnable est que ces crimes-là auraient pu être évités. Le simple profil Facebook de notre criminel aurait permis à un pouvoir exécutif juste assez courageux pour exécuter, de déchoir Abballa de sa nationalité par simple décret, sans être entravé par un tribunal juridiquement pointilleux. Un article du Code civil et un ordre simple du ministre vers ses préfets après l’aval du Conseil d’État et son trop rare coup de tampon « à dégager » nous auraient débarrassés de celui-ci comme de tous ses clones, par perte de sa nationalité pour, dit la loi, tout Français qui « se comporte en fait comme le national d’un pays étranger », ou par déchéance « s’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou s’il s’est livré au profit d’un État étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France ». Pour avoir la paix, nous avons l’embarras du choix et l’arsenal qu’il faut. Mais nous avons aussi des décideurs hésitants et embarrassés. Ce n’est pas une fatalité. Des mandales se perdent mais des élections aussi. Et les élections pourraient servir à les déchoir de leur majorité. Pensent-ils au moins à ça, les chefs du ministre de la Répression manquée ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire