7 sept. 2016

«Nos femmes» : Bruno Le Maire pris en flagrant délire de sexisme, par Gilles William Goldnadel

Ouf ! On respire. Il ne l’a pas dit. Il n’a pas, dieu merci, prononcé les trois lettres diaboliques.
Le possessif ignoble et dégradant, tristement symptomatique d’un machisme rampant. Bruno Le Maire a recouvré son honneur perdu pendant 24 heures. Il n’a pas dit « nos » femmes. Il avait dit « les » femmes.
Alléluia !
Aussitôt dame Rossignol – je n’ai pas dit ma dame – annonçait au monde cette « bonne nouvelle ». Celle qui s’était précipitée sur Twitter pour tancer le jeune mâle blanc de la droite point assez complexée, n’aura toutefois pas été jusqu’aux excuses. Une victime potentielle d’un délinquant en puissance ne s’excuse pas. Idem pour dame Duflot qui a courageusement effacé ses sévères remontrances. Pascale Boistard, notre (puis-je ?) ancienne secrétaire d’État aux droits des femmes, qui aura marqué de son empreinte l’interdiction faite aux hommes d’écarter les jambes dans le métro ou de regarder les femmes de manière trop appuyée (lire ma précédente chronique relative à la loi contre le harcèlement dans les transports) a, elle aussi, détweeté en douce.

Sauras-tu reconnaître la crétine gauchisante et moralisante ?
Pour aggraver définitivement mon cas auprès de nos féministes gauchisantes et moralisantes, plus promptes à sermonner le glabre Le Maire qu’un confectionneur barbu de burkini, j’écrirai que quand bien même notre député aurait dit ce qu’il n’a pas dit, qu’il n’y aurait pas de quoi en faire tout ce tapage d’enfer.

Eh oui, les enfants de France sont nos enfants, les soldats de France, nos soldats, les paysans, nos paysans, et les hommes de France sont nos hommes. Ce « nos » est affectueux et non accaparant.
Il signifie seulement que notre patrie est aussi notre famille. Je comprends que cela ait pu échapper à Madame Duflot, pour laquelle ces notions de nation et d’appartenance restent du plus grand flou.
Quand bien même, l’aurait-il dit, que nos dames patronnesses aux chapeaux verts ou rouges et leurs gentils compagnons de route façon Denis Baupin, n’ont plus suffisamment de crédit moral ou intellectuel pour discréditer un homme de bien pour deux innocentes consonnes serrant d’un peu près une voyelle gironde.
Si j’avais été Bruno Le Maire, pris à partie à si mauvais escient, j’aurais eu plaisir à répliquer : « il se trouve que je ne l’ai pas dit, mais quand bien même aurais-je prononcé ce « nos » qui vous choque si sottement, que je vous emmerde démocratiquement ».

Ce qui caractérise aujourd’hui le nouvel état de l’opinion, c’est sa lassitude pour le petit jeu indigent des petites phrases indignes, pour le concours d’élégance organisé par les hypocrites débraillés, par l’obligation de passer sous les fourches caudines de la sottise matraquée.
Sans être obligé de tomber dans la caricature d’un Donald Trump, celui qui aura définitivement compris la révolution culturelle en train de s’accomplir, gagnera les cœurs et les esprits nouveaux.
Il n’en demeure pas moins que durant 24 heures, le « buzz », comme on dit, aura été fait pour trois lettres. Voilà qui en dit long sur la capacité du politiquement correct à imprimer encore sa marque infamante dans le monde virtuel.
Durant la même semaine, un restaurateur de Nanterre aura connu une peu enviable célébrité nationale pour avoir refusé, assurément à tort, de servir deux femmes voilées. Tollé national. Le taulier, menacé et apeuré, fait vite repentance. Dame Rossignol, qui a décidément le gazouillis facile, livre rageusement le nom de l’établissement, et ce n’est que de peu qu’elle n’en fournisse l’adresse. La guinguette a depuis fermé ses volets, et le tenancier fautif renvoyé prestement en correctionnelle.
Dans le même temps, un exalté de plus nommé Abderramane pénétrait dans un commissariat de Toulouse et poignardait un policier représentant, selon lui, la France honnie. L’individu était déjà connu pour ses méfaits, dont, notamment, celui d’avoir lancé un cocktail Molotov sur une synagogue. Malgré tout cela, les autorités avaient décidé de le laisser à l’air libre. Les médias n’ont pas fait montre d’une curiosité déplacée.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a morigéné la France pour l’attitude de certains de ses maires dans l’affaire du burkini. Celui-ci y a vu une stigmatisation des musulmans.
Pas l’islamologue Malek Chebel, qui, dans le Figaro Magazine y voit une provocation de l’islam politique radical.
En revanche, l’aréopage international n’a toujours pas condamné la Mauritanie pour avoir emprisonné des opposants à l’esclavagisme des Noirs qui se poursuit impunément dans ce pays.
La presse française et les organisations antiracistes, qui se passionnent ordinairement pour la commémoration de la traite atlantique, sont restées elles aussi fort discrètes à l’égard de ce scandale du temps présent.
Un esprit chagrin pourrait se plaindre d’une hiérarchisation idéologique de l’information qui ressemble, à s’y tromper, à de la désinformation.

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