25 oct. 2016

Obtenir de l'islam ce que Napoléon a obtenu du judaïsme, par Pierre Monzani

Le précédent de Napoléon avec les juifs est un exemple qui doit inspirer l'action de l'État à l'égard des musulmans, plaide le Préfet, ancien conseiller de Charles Pasqua pour la sécurité.


Chacun sait, ou perçoit sans le formaliser, que nous payons des décennies de faiblesse, de renoncements, de refus du réel. À force de brocarder la nation, à l'heureuse exception de Jean-Pierre Chevènement à gauche ou des regrettés Charles Pasqua et Philippe Séguin à droite, et de tous ceux, si nombreux, marginalisés en dehors du Système, à force de stigmatiser le patriotisme, à force de mépriser la tradition et l'autorité, la République est devenue une faiblesse alors qu'elle fut la force. Il est facile de brûler le drapeau quand il a été laissé à terre. Il est difficile de mettre au garde-à-vous quiconque quand ce même drapeau n'est pas hissé.

S'accrocher à l'État de droit comme un Harpagon à une cassette vidée de sens, c'est oublier l'essentiel: la sauvegarde de la France, cela a été constamment l'adaptation du droit aux impérieuses nécessités de la défense. L'article 16 en est comme un symbole au cœur de notre Constitution. Clemenceau ne répétait pas « je défends l'État de droit » mais bien « je fais la guerre ». Eh bien, si guerre il y a, il faut que notre droit de temps de paix soit adapté à ces temps nouveaux et que l'on cesse de traiter les terroristes comme des citoyens-délinquants mais bien comme des ennemis à abattre.
Si l'islamisme est une déviance malheureuse, il se réclame néanmoins d'une religion. L'islam est prosélyte, ignore le concept de laïcité et n'a jamais été traité avec force et lucidité par la République. C'est la première fois dans l'histoire que la France ne regarde pas une religion en face. Là où nos rois usèrent du gallicanisme à l'égard de la papauté, où Napoléon donna aux Juifs toute leur place dans la Cité en échange d'adaptations de leur religion, où la IIIe République affronta, sans ménagement et sans grand souci de l'État de droit, ce qu'elle considérait comme une « menace cléricale ». 
Or aujourd'hui, face à la plus complexe des religions dans son rapport au pouvoir temporel, l'islam, la République n'a su que se dissimuler devant des arguties pour masquer sa lâcheté sans précédent et peut-être fatale. L'islam de France ne se construira pas sans contrainte ou du moins sans fermeté. Comme Napoléon avec les Juifs sous l'Empire, échangeons le soutien à la religion musulmane contre un engagement clair de cette dernière à inventer sa laïcité inédite. Il n'y a pas de synagogue sans prière pour la France et pour la République. Il ne doit pas y avoir de mosquée sans prière pour la France et la République. 
Peu importe qu'ici ou là ces prières, ainsi que l'obligation de prêches uniquement en français, soient peu ou pas sincères. Il appartient à l'État sur son territoire de dicter ses règles à l'islam. L'important, c'est que la République aura imposé que le respect qui lui est dû entre par la grande porte de la mosquée. Certes, il est difficile pour une France inapte à commémorer la victoire d'Austerlitz de s'inspirer de Napoléon. Mais acceptons enfin de revenir aux fondamentaux de notre génie national.

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