25 déc. 2016

L’ONU favorise la guerre au Moyen-Orient, par Marc Brzustowski

Les Etats-Unis n’ont pas abandonné Israël par leur abstention d’apposer leur veto contre la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant toute implantation, qui a été votée vendredi 23 décembre 2016.

Quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet ? Quem ad finem sese effrenata iactabit audacia ?
Le seul qui a abandonné Israël, c’est le Président américain Barack Obama, et ce n’est pas la première fois.  Au cours de ses huit années aux commandes, Obama a laissé tomber Israël au moins trois fois sur des questions qui compromettent sa sécurité :


L’une des premières conséquences de son initiative lors du « Printemps Arabe » de 2011 a été de renverser Hosni Moubarak et la promotion par l’Administration Obama des Frères Musulmans dans la prise du pouvoir au Caire.

Quatre ans plus tard, Obama a tourné le dos à Israël pour récompenser l’Iran en lui offrant un statut favorable. L’Iran a eu l’autorisation de conserver l’infrastructure de son programme nucléaire militaire ainsi que de poursuivre le développement des missiles balistiques, avec l’aide d’une infusion de 250 milliards de dollars, grâce à la suspension des sanctions américaines et de l’Europe.

L’horreur du carnage en Syrie a rejeté dans l’ombre le fait que le Président Obama a permis à l’Iran de déployer ses Gardiens de la Révolution à l’intérieur du pays, à travers l’Irak, afin de combattre pour le compte du régime Assad, dont la brutalité est ce notoriété publique. Le Président n’a fait aucun effort pour stopper l’afflux de milices chiites pro-iraniennes, dont le Hezbollah libanais en Syrie, comme s’il était parfaitement naturel et dans l’ordre de sa politique de permettre aux archi-ennemis d’Israël de se rapprocher des portes d’Israël.

En 2015, également, quand Obama a tenté de se laver les mains de toute implication au Moyen-Orient en général, il a ouvert les portes à l’Etat Islamique et à son dirigeant Abu Bakr al Baghdadi, dirigeant alors de vastes bandes de territoires en Irak et en Syrie, sans être virtuellement inquiétés par aucune force crédible. Tirant avantage de ces tremplins, les djihadistes ont, au fur et à mesure, étendus leurs tentacules jusque dans le Sinaï égyptien – proche d’une autre frontière israélienne.

Durant quelques temps, l’Administration Obama a prétendu n’être absolument pas au courant de l’expansion potentielle de Daesh, insinuant que c’étaient les services américains de renseignements qui avaient commis une grave faute d’inattention. Exactement de la même façon, Obama n’a eu de cesse d’insister qu’il avait fait bien plus que n’importe quel autre Président américain avant lui pour soutenir la sécurité d’Israël, principalement grâce à la fourniture de systèmes d’armement avancé américains pour sa défense. Du fait des liens étroits entre les deux pays, sur le plan militaire et dans le domaine du renseignement, aucune voix n’a osé s’élever pour le contredire.

Il est maintenant largement temps de souligner l’hypocrisie totale de cette posture du Président sortant : s’il avait moins investi dans la gratification de bénéfices et laisser les mains libres aux pires ennemis d’Israël, Israël aurait peut-être été moins dépendant du matériel militaire lourd américain.

Dans cette dernière résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, Israël est réprimandé du fait que « Toutes les activités dans les implantations des Territoires Occupés palestiniens, y compris Jérusalem-Est, sont illégales dans le cadre des lois internationales  et elles constituent un obstacle majeur à la réalisation de la paix sur la base de la Solution à deux Etats ».

Avant quiconque, Barack Obama et son Secrétaire d’Etat John Kerry sont en position d’attester de la vanité et de la fausseté de cette équation :

Le 25 novembre 2009, le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a annoncé qu’Israël imposerait un gel de dix mois de toute construction en Judée-Samarie et à l’Est de Jérusalem, en faisant cette concession afin de faciliter l’initiative de paix américaine. Israël répondait ainsi positivement à la demande d’Obama en vue de négociations directes, alors que le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas s’entêtait pour faire obstacle à toute rencontre en face-à-face avec des représentants israéliens. John Kerry a alors été contraint de s’engager dans la diplomatie des navettes (entre Jérusalem et Ramallah).

Même après ces concessions pour la paix, l’initiative Obama est toujours retombée à plat en s’effondrant face à la « résistance » des Palestiniens.

Le Président américain partant semble déterminé à utiliser ses toutes dernières semaines à la Maison Blanche pour donner une douloureuse leçon au Premier Ministre israélien qu’il ne sera pas prêt d’oublier après son départ de la Maison Blanche, le 20 Janvier.

Mais il s’est encore trompé, une fois de plus. La résolution du CSONU sera bientôt réduite à un simple bout de papier. Les Palestiniens pourront l’agiter avec satisfaction à la face de la communauté internationale, mais Israël ne déménagera pas la moindre implantation ni n’arrêtera de construire de nouveaux lots de logements à Jérusalem. Le Bureau du Premier Ministre a fait savoir clairement qu’Israël ne respectera pas cette résolution et qu’il la rejette.

L’unique résultat concret sera de rendre toute paix plus illusoire que jamais.

L’idée même que Donald Trump volera au secours d’Israël dès qu’il entrera au Bureau Ovale est insensée : il a été élu pour rebâtir l’Amérique en tant que puissance mondiale. Cela comportera nécessairement la restauration de l’influence américaine au Moyen-Orient, mais la façon dont il propose d’accomplir cette mission reste généralement ignorée.

S’il décide d’appeler au soutien et à l’assistance d’Israël, il tombe sous le sens qu’il devra introduire des changements radicaux dans les mesures prises par Obama – en particulier en ce qui concerne l’accord nucléaire avec l’Iran et le processus de pays avec les Palestiniens.

Aucun de ces changements ne peut se réaliser de façon pacifique. Ils peuvent probablement entraîner l’usage de la force militaire par les Etats-Unis et Israël. Dans ce sens,la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité peut s’avérer être le véritable obstacle à la paix, tendant plutôt à favoriser les hostilités au Moyen-Orient, parce que les Palestiniens, ainsi que d’autres radicaux et rejectionnistes utiliseront cette résolution comme justification au dénigrement systématique d’Israël et au déclenchement de toujours plus d’actes de terrorisme.

DEBKAfile Analyse Exclusive  24 Décembre 2016, 4:13 PM (IDT)

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