8 janv. 2017

Les 3 oublis de l’onusien Obama, par G.W. Goldnadel

Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les territoires palestiniens. Grâce présidentielle accordée à Madame Sauvage. Alors que je me demandais, cher lecteur, comment diable je pourrais prouver le lien entre ces deux sujets apparemment sans relation, alors que je craignais que tu ne prennes mes intuitions pour des obsessions, voilà que la préposée à la revue de presse de France Inter m’apportait bien gentiment son assistance radiophonique.
Deux canards boiteux trinquant à leur vilénie commune. La gueule de bois pour bientôt.
Avec une allégresse qui faisait chaud à entendre, elle citait ce 28 décembre l’article du Parisien intitulé « Pourquoi Hollande a gracié Jacqueline Sauvage » : « Un ami du président va jusqu’à le comparer avec Barack Obama, en fin de mandat, qui s’autorise des décisions qu’il n’osait pas jusqu’alors, comme de laisser passer une résolution à l’ONU condamnant la colonisation israélienne ».

Et effectivement il y a entre ces deux décisions prises un premier point commun : le faux courage. Il faut en effet, dans le meilleur des cas, une belle naïveté pour considérer qu’une décision aussi démagogique que la grâce accordée à Jacqueline Sauvage et qui aura au demeurant recueilli l’assentiment unanime de tous les partis, relève d’une quelconque hardiesse. L’auteur aura constaté sur Twitter combien il est au contraire audacieux d’oser la contester.

Quant à Obama, à une quinzaine de jours de son départ, et alors que – nul ne l’aura remarqué – il aura attendu la défaite électorale de sa favorite pour sévir impunément contre Israël, il faudra m’expliquer où habite la témérité.

S’agissant tout d’abord de la résolution onusienne, je ne me ridiculiserai pas en plaidant que le droit international, depuis le traité de San Remo de 1920 a été foulé aux pieds, toute référence au Droit ou à l’Histoire est désormais contre-productive dès lors où elle se heurte à l’émotion d’une opinion internationale travaillée.

Je me bornerai donc à faire trois remarques difficilement contestables, même lorsqu’elles émanent d’un spectateur engagé mais qui prétend être au moins aussi honnête que certains journalistes français tenus théoriquement à l’objectivité.

La résolution ne fait aucune différence entre Jérusalem, en ce compris le Mur des lamentations, et les autres territoires conquis par Israël à la suite de la guerre des six jours de 1967. Dans sa traduction française, elle évoque des «colonies», avec toute la connotation que le mot peut inspirer. Au demeurant, le gouvernement de Monsieur Valls a ordonné la mise en application de la circulaire européenne imposant l‘usage de ce mot sur les produits fabriqués à Jérusalem. Cette résolution intervient quelques mois après que la filiale culturelle de l’ONU, l’Unesco, ne conteste tout lien entre Jérusalem et le peuple juif.

Par la grâce présidentielle de Messieurs Obama, les Juifs, même ceux qui en ont été chassés par l’épuration ethnique de 1948, sont donc des colons étrangers à Jérusalem. Mystères de l’antiracisme progressiste.

À propos d’opinion travaillée, j’écrivais récemment que la désinformation médiatique réside davantage dans ce qui est caché que dans des mensonges avérés. C’est ainsi que l’opinion publique française ignore la réaction de la première ministre britannique Theresa May au discours explicatif du dévoué secrétaire d’État John Kerry. Cette réaction a été reprise des centaines de fois dans la presse anglo-saxonne. Citons la donc en français : « Nous disons très clairement que les implantations sont loin d’être le seul problème de ce conflit. En particulier, le peuple d’Israël a le droit de vivre sans être menacé par le terrorisme, ce qu’il a été contraint de subir pendant bien trop longtemps. Par conséquent, nous ne pensons pas que la bonne façon de négocier la paix soit de se focaliser seulement sur les constructions dans les implantations, alors que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens est clairement bien plus complexe ».

La première Anglaise faisait clairement référence au double refus des Arabes de Palestine de reconnaître Israël en tant qu’État du peuple juif et à renoncer au retour de la descendance de la descendance des réfugiés de 1948 au sein de cet État pour mieux le submerger. Il se trouve – et c’est le deuxième élément soigneusement occulté par la presse convenue-que quelques heures seulement après la résolution onusienne, le gouvernement de l’Autorité Palestinienne, par la bouche de son ministre des Affaires étrangères se plaisait à réitérer ce double refus obstiné: «nous n’accepterons jamais de reconnaître un État juif et nous continuerons à exiger le retour de tous les réfugiés» (Riad Al Maliki, le Jérusalem Post le 30 décembre).
Cette résolution de l’ONU justifie, de leur point de vue, l’irrédentisme septuagénaire des Arabes de Palestine. Un irrédentisme qui leur a fait refuser les propositions de Barack comme d’Olmert qui pourtant leur accordaient les concessions territoriales réclamées. Pourquoi attendre de la négociation ce qui est servi gratuitement sur un plateau par l’aréopage international ?

Précisément, l’attitude de l’ONU à l’égard d’Israël a été jugée, encore que tardivement, par un expert, en la personne de son Secrétaire Général sortant Ban Ki Moon. Celui-ci a reconnu le 18 décembre l’invraisemblable partialité de l’organisation qu’il dirigeait jusqu’au 31 décembre à l’égard de l’État juif. Révélons ses déclarations au public français puisque –- c’est la troisième occultation –- il les ignore à ce jour : « Durant les 10 années passées, j’ai soutenu que nous ne pouvons pas avoir un parti pris contre Israël à l’ONU. Des décennies de manœuvres politiques pour créer un nombre disproportionné de résolutions, de rapports de comités contre Israël ont anéanti la capacité de l’ONU à remplir efficacement son rôle. » (The Independent) .
Si le dirigeant principal de l’organisation internationale reconnaît une partialité qui la prive de toute compétence morale ou politique, la victime de cette injustice ontologique n’est-elle pas non seulement en droit mais en devoir de récuser ses édits les plus irresponsables ?

Seule la détestation venue du fond des temps qu’inspire l’État juif et, en corollaire, l’acceptation docile et extatique du récitatif palestinien sont en mesure d’expliquer l’inexplicable.

Cette victimisation essentialiste de l’être arabe palestinien explique l’attitude d’un président américain qui se sera conduit pendant ses deux mandats comme un islamo-gauchiste distingué et largement adulé par la classe médiatique progressiste.

On retrouve cet essentialisme victimaire, mais cette fois de nature féministe, dans la décision de François Hollande de gracier totalement une femme ayant délibérément assassiné son mari violent. Je n’ai rien à ajouter à ce qu’a très bien écrit ici Robert Redeker sur le sujet, sinon ces deux remarques sur ces deux bien cruels paradoxes :
• Si Madame Sauvage avait été bien défendue, elle n’aurait pas connu deux échecs judiciaires successifs. Ses avocats auraient demandé et obtenu aisément les larges circonstances atténuantes auxquelles elle avait droit, plutôt que de se voir refuser justement le bénéfice d’une légitime défense introuvable. Elle n’aurait donc pas été graciée.
• Comme souvent, ceux qui se sont réjouis le plus ouvertement de la grâce obtenue en faveur de la meurtrière sont les plus farouchement opposés à la peine de mort légalement donnée aux assassins.

Ainsi va le progressisme: la prison ne sert à rien, sauf pour le col blanc délinquant. La peine de mort est répugnante sauf pour le mâle blanc violent.

L’essentialisme progressiste est un cruel racisme.

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