30 mars 2017

Ce combat que les féministes doivent mener, par Lydia Guirous

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt selon lequel une entreprise peut interdire le port visible de signes religieux afin de conserver sa neutralité. La lutte contre le voile doit rester au cœur du débat public.

 

Lydia Guirous : La République n’est pas un compromis, c’est un principe, un chemin qui ne tolère aucun accommodement.
Souvent caricaturée et moquée par une gauche bien-pensante et par des islamophiles béats, l’opposition au voile doit pourtant être remise en permanence au coeur du débat public. Trois combats essentiels pour la pérennité de notre pays se cachent derrière cette question : le combat contre l’islam politique, le combat contre le prosélytisme religieux et pour l’unité de la République, et enfin le combat pour l’égalité homme-femme.

Aujourd’hui le voile est devenu l’étendard de l’islam politique qui gangrène progressivement la France. Son port ne relève pas de la liberté des femmes de confession musulmane mais de l’instrumentalisation de celles-ci par les salafistes et les Frères musulmans. Celles qui le portent de manière ostentatoire, notamment avec le jilbab, sont les marionnettes utiles d’une idéologie dont le but est la transformation culturelle des démocraties occidentales. Nourries au sein d’un sentiment de revanche postcoloniale, celles-ci défient effrontément notre regard pour trouver une place et une forme d’autonomie au sein d’une “ communauté ” patriarcale à la misogynie bien ancrée dans les mentalités, parfois même encouragée. Elles pensent être libres et, finalement, ne font qu’entretenir leur soumission.

L’islam politique utilise les femmes comme un cheval de Troie car il sait qu’il est très difficile dans notre société bien-pensante de mettre en cause une femme, et encore plus une petite fille. Il joue sur notre naïveté, alimentée par la pensée unique qui ravage notre pays depuis la fin des années soixante. Interdire le voile aux filles les priverait de l’accès à l’instruction… C’est l’argument qu’il avançait déjà en 1989 lors de l’affaire des foulards islamiques de Creil et pourtant elles sont allées à l’école ! Leur interdire le voile les priverait de l’accès aux soins, de l’accès au marché du travail… Pendant combien de temps allons-nous accepter ce chantage et cette culpabilisation permanente de minorités qui ne nous respectent pas ?

Se battre contre le voile, c’est également se battre pour la République, qui n’est pas, rappelons-le, l’addition de communautés. L’ambition française, c’est de vivre les uns avec les autres et non pas les uns contre les autres. La République n’est pas un compromis, c’est un principe, un chemin qui ne tolère aucun accommodement. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas cautionner le prosélytisme religieux en son sein, ni toute forme de communautarisme. Si l’idéal républicain venait un jour à disparaître, il y a gros à parier que ce serait à cause de nos lâchetés autour de la question du voile.
C’est le dernier mur que le combat féministe doit faire tomber. Le droit de vote, la contraception, l’IVG ont été obtenus de haute lutte par nos aînées. Aujourd’hui, être féministe, c’est avoir le courage de dire qu’une femme n’a pas à se soustraire au regard des hommes et à l’espace public au nom d’une religion dévoyée. Être féministe, c’est avoir le courage de dire qu’une petite fille française doit être protégée par la loi pour ne pas avoir à subir cette prison de tissu qu’est le voile. Être féministe, enfin, c’est d’abord mener des combats chez soi, dans son pays, avant de donner des leçons aux autres et de se réfugier dans le confort du relativisme culturel pour “ ne pas stigmatiser ”. En ce début de siècle, la France doit accompagner l’aboutissement de la lutte pour l’émancipation des femmes dans le monde en luttant contre ce signe d’asservissement. La France de Marianne doit être pionnière et montrer le chemin des Lumières, les femmes du monde la regardent.
Alors que l’actualité donne à voir une myriade d’exemples d’intégrations ratées, le livre de Lydia Guirous a le mérite d’offrir au lecteur le portrait d’une réussite sociale sur fond d’immigration. L’auteur montre avant tout que le combat pour une République française à l’identité assurée peut être mené par un enfant de l’immigration. Allah est grand la République aussi ou comment les différentes mémoires d’un individu peuvent se compléter sans s’opposer. Allah est grand la République aussi, Lydia Guirouséditions JC Lattès, 2014.
http://www.valeursactuelles.com/politique/lydia-guirous-ce-combat-que-les-feministes-doivent-mener-74974 

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