29 mars 2017

Eliminations ciblées : mesure extrême, mais risque calculé, par Shaul Shay



L’élimination de Mazen Faqha, un commandant de haut-rang au sein de la brance militaire du Hamas,soulève plusieurs questions sur la nécessité stratégique de la mesure dans la guerre contre le terrorisme. Israël n’a jusqu’à résent, pas répondu aux accusations du Hamas, ni n’a de raison de confirmer qu’il serait ou pas, à l’origine de la mort de Faqha, et, par conséquent, la discussion se concentrera sur un contexte plus large sans évoquer l’implication supposée d’Israël.

Depuis les années 1950, quand Israël combattait les groupes terroristes palestiniens basés à Gaza, appelés les Fedayin, les éliminations ciblées étaient courantes (de première nécessité) dans la guerre contre le terrorisme. Les éliminations ciblées ont été utilisées, au fil des années dans le but de décimer diverses organisations terroristes à tous les niveaux, depuis les grands dirigeants jusqu’aux professionnels, et parmi eux les « ingénieurs », qui fabriquent les bombes et les ceintures d’explosifs, jusqu’aux opérationnels de terrain qui mènent les attentats.


Les avantages des éliminations ciblées sont très diversifiés : en éliminant des éléments terroristes, de futurs attentats sont évités ; les terroristes sont contraints de concentrer tous leurs efforts à leur survie personnelle, qui ralentit ainsi leur capacité à attaquer Israël ; les éliminations précises sont psychologiquement démoralisantes pour les groupes terroristes ; et la méthode contribue à minimiser les dommages collatéraux indésirés.

Les détracteurs des éliminations ciblées tendent à argumenter du fait que chaque terroriste liquidé a un remplaçant, et que le simple fait d’éliminer un terroriste va inexorablement conduire à une escalade hostilités et à des attentats de représailles. La réponse à ces arguments est que les groupes terroristes, par leur nature même, tentent d’attaquer chaque fois qu’ils le peuvent, indépendamment de tout désir de vengeance, qu’il s’agisse de la mort de l’un de leurs agents opérationnels ou d’un autre ; et généralement, une attaque terroriste consacrée à venger un camarade sera menée, quoi qu’il en soit.

C’est exact de dire que tout terroriste a une doublure, un remplaçant potentiel mais souvent, la mort d’un chef terroriste important interrompt les préparatifs en vue d’une attaque, alors que toute cette connaissance opérationnelle et cette expérience disponibles sont perdues pour l’organisation.

L’expérience accumulée d’Israël dans ce domaine nous enseigne que l’usage calculé, mesuré de l’instrument des éliminations ciblées, dans le cadre d’un rayon plus large de ressources mis en oeuvre contre l’ennemi, peut contribuer significativement à la guerre contre le terrorisme. On a un exemple fondamental de cette méthode éprouvée dans la série d’éliminations ciblées qu’Israël a mené en 2004, dont le plus prédominant à a été l’élimination du guide spirituel du Hamas, Sheikh Ahmed Yassin, dont la mort a contraint le groupe à cesser ses attentats-suicide et à accepter une « tahadiyeh » (une trêve) avec Israël.

Pour conclure, je crois que les éliminations ciblées sont un des outils les plus efficaces à la disposition d’Israël, dont les bénéfices surpassent de loin les risques, si on en fait usage avec sagesse et discernement.

Le Dr. Shaul Shay est conférencier au Centre Interdisciplinaire d’Herzliya.
http://jforum.fr/eliminations-ciblees-mesure-extreme-mais-risque-calcule.html

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