9 avr. 2017

Assad dans le collimateur de Trump, par Freddy Eytan

Après l’attaque américaine contre une base aérienne syrienne, nous ne savons pas encore comment la situation sur le plan diplomatique international va évoluer, et qui gagnera dans ce bras de fer entre Trump et Poutine. Toutefois, une chose est certaine, la puissance américaine revient en force sur le terrain après huit années de nonchalance. Les réactions dans les capitales arabes, et en particulier en provenance du Caire et de Riyad, prouvent un désir ardent pour que l’Amérique de Trump fasse enfin le ménage en remettant ordre et stabilité après une longue période d’indifférence de l’Occident.

 

L’USS Ross a lancé 58 Tomahawks sur Khan Cheikhoun dans la nuit du 6 au 7 avril 2017 (photo Wikipedia)

Le désarroi face à la montée en puissance des islamistes en Irak et en Syrie, et le manque d’audace d’Obama à intervenir, ont permis aux Russes d’avoir longtemps les mains libres et au boucher de Damas de continuer à massacrer sa propre population notamment par des armes chimiques.

En refusant depuis 2011 de résoudre le problème à la source et de chasser le président sanguinaire du pouvoir, les Européens affrontent sans succès des vagues de réfugiés syriens et surtout une menace constante d’attentats quotidiens, à Paris, à Londres ou à Stockholm.

Le premier ministre Nétanyahou a été le premier à réagir favorablement au raid américain comme il a été aussi le premier a accuser directement Assad du carnage contre Khan Cheikhoun à l’arme chimique. Soulignons particulièrement l’indifférence du monde arabo-musulman devant les massacres, et en revanche l’aide humanitaire et médicale exemplaire de l’Etat juif à des milliers de blessés syriens.

Cette première attaque des Etats-Unis en Syrie est un clair avertissement à Assad mais surtout à ses complices Poutine et les Ayatollahs d’Iran. Téhéran ne sera plus impunie si elle franchissait les lignes rouges de son projet nucléaire. La Corée du Nord devrait aussi méditer sur les réelles intentions du nouveau shérif à la Maison Blanche.
Dans ce contexte toujours explosif, de nombreux pays souhaitent que l’Amérique redevienne le gendarme du monde, et surtout qu’elle fasse la pluie et le beau temps dans notre région. Si Trump persiste dans sa stratégie, son rôle d’influence sera déterminant tant sur le plan militaire contre le terrorisme que sur la solution du problème palestinien.

Une amitié forte lie Trump et Nétanyahou (ici à la Maison Blanche, crédit GPO)
En ce qui nous concerne directement, il s’agit d’un vrai tournant dans la politique américaine puisqu’Israël a été avisé à l’avance du raid. Désormais, après avoir acquis un mécanisme de coordination avec la Russie, nous aurions un soutien des Américains et une marge de manœuvre dans nos propres raids contre le transfert d’armes au Hezbollah.

Sur le plan diplomatique, nous sommes dorénavant un partenaire clé pour résoudre la crise syrienne et obtenir des garanties sécuritaires solides. Nous pourrons aussi compter sur les Américains le jour où l’on discutera sérieusement de la fin des hostilités en Syrie et au moment où l’avenir du Golan sera à la table des négociations.
Comme le souhaitait Ben Gourion juste après la Guerre des Six Jours, ce plateau stratégique doit demeurer à jamais sous souveraineté israélienne.

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