16 avr. 2017

Les idiots utiles du BDS au Haaretz, par Ben-Dror Yemini

Cette semaine, Le Monde a publié une interview d'Omar Barghouti, l'un des leaders de BDS. Son argument, en substance, est qu'il n'y a pas de problème avec les Juifs vivant comme une minorité sous la domination arabe dans l'état exemplaire, qu'il vise à créer.
 
Le soutien au boycott devient la ligne centrale du Haaretz.
Il a expliqué que les Juifs, « n'ont pas souffert dans les pays arabes. Il n'y avait pas de pogroms. Il n'y avait pas de persécution. Et en général, les Juifs en tant que minorités ont prospéré en Europe et aux États-Unis. » Alors, quel est le problème ? Vous pouvez, s'il vous plaît, vivre comme une minorité dans une démocratie arabe, qui est connue pour sa protection des minorités, en particulier si elles sont juives.

L'homme souffre d'une double cécité -- à la fois au passé et au présent. Il est douteux qu'il existe une communauté juive sous domination musulmane qui n'ait pas souffert de la persécution, avec ou sans rapport avec le Sionisme. La liste est longue. Et le chef du mandat britannique de l'époque le Comité arabe supérieur, Hadj Amin al-Husseini, était en fait un fan bien connu des Juifs. Voilà pourquoi il a apparemment conduit le pogrom contre les Juifs de Bagdad en 1941, le « Farhud », et de là s'est rendu à Berlin pour transformer plus de musulmans en nazis. Il a également écrit ses plans pour détruire tous les Juifs des pays arabes.
C'est le droit de Barghouti d'émettre un flot d'absurdités. Mais quand il a donné une telle interview importante, on aurait dû lui demander : " Excusez-moi, mais de quoi parlez-vous ? Avez-vous oublié les pogroms contre les Juifs en Libye en 1945 et 1948, à Aden en 1948, au Maroc, à Damas et à Alep ? Des centaines ont été assassinés, simplement parce qu'ils étaient juifs. Et si nous nous tournons vers le présent, dans les pays arabes exactement, ces minorités vivent-elles en paix et dans la tranquillité ? Est-il possible que Barghouti veuille dire chez les musulmans noirs du Darfour au Soudan ? 

Comment se fait-il que l'interviewer ne l'ait pas poussé dans ses retranchements ?  Eh bien, il s'avère  que l'interviewer n'est autre que Nirit Ben-Ari, une Israélienne. Dans le passé elle a soutenu le parti nationaliste israélien-arabe Balad. Aux dernières élections elle a publié un article supportant la Liste arabe Commune. Elle est aussi une ardente partisane de BDS. Elle a demandé à interviewer Barghouti pour Haaretz, mais il a précisé qu'il a refusé d'être interviewé par n'importe quel journal israélien, à cause de l'hégémonie sioniste.

Il aurait dû être informé que le soutien au boycott devient la ligne centrale du Haaretz. Cette semaine, l'éditeur du journal Amos Schocken a déclaré qu'il soutenait un boycott général, non seulement sur les établissements, parce qu'il « ne peut pas comprendre la différence entre ce que nous faisons et ce que les Blancs ont fait en Afrique du Sud ».

 Il ne comprend pas ? À maintes reprises, de la Commission de Peel de 1937, aux Paramètres de Clinton du plan de division, à la proposition Olmert -- les Palestiniens ont refusé toute proposition qui leur aurait donné l'indépendance. Ils ne veulent pas d'un état à côté d'Israël. La campagne de Boycott de Barghouti le souligne : ils veulent un état en lieu et place d'Israël. Mais la cécité est un problème sérieux. Schocken refuse de le comprendre.

1 commentaire:

  1. La fable du bien-vivre entre les Musulmans et les Juifs trouve sa racine dans l’histoire de al-Andalus où, il est vrai, en dépit des violences (y compris intra-musulmanes, et à Cordoue même), le pays a connu un bouillonnement intellectuel fabuleux au sein du monde arabo-musulman, un bouillonnement essentiellement conduit par les Juifs et les Chrétiens. L’étude de cette période est passionnante ; le problème est que des lobbies la redessine, la vide de sa complexité pour en faire une arme de propagande. Roger Garaudy (pour ne citer que lui) a une très nombreuse descendance.

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