11 avr. 2017

Rassemblement islamiste de l'UOIF : entre rétention et duperie, par Mohamed Louizi

Les Frères musulmans de l'UOIF tardent curieusement à publier le programme détaillé de leur rassemblement islamiste, prévu à Paris-le-Bourget, du 14 au 17 avril 2017. Une semaine avant le premier tour de l'élection présidentielle. Ce rassemblement est mis sous le signe de "la réforme de l'islam" (!). Une duperie de plus. J'y reviendrai bientôt. L'année dernière, à la veille de ses rassemblements à Lille et à Paris, j'avais pris le temps d'analyser la liste des intervenants, d'y repérer quelques noms de frérosalafistes internationaux à qui l'UOIF sous-traitent, de bonne foi (!), la radicalisation islamiste. 

On se souvient de cet avertissement officiel qu'avait adressé Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, à la direction de l'UOIF, l'obligeant à déprogrammer trois invités à Lille. Quant au rassemblement de Paris, le frère musulman Amar Lasfar les a déprogrammé, peut-être sous pression, presque le jour même, en prétextant, face caméra, qu'ils étaient malades. Cette année, il semblerait que l'UOIF voudrait jouer la carte de la rétention de l'information, jusqu'à la toute dernière minute (1). La publication de la liste de ses invités internationaux surviendrait peut-être le jeudi soir, prenant tout le monde de court, imposant ainsi aux services de l’État, un état de fait qui empêcherait toute possibilité d'interdiction du territoire de ces potentiels invités islamistes sulfureux. Pour information, des invités internationaux de l'UOIF passaient souvent par les services suisses pour l'obtention des visas !

Toutefois, malgré l'absence de la liste complète des invités (surtout les conférenciers), quelques noms commencent à circuler sur la toile et en particulier deux noms : Mahmoud Ikkawi  (محمود عكاوي) & Ahmed Eisaa Al-Masarawi (أحمد عيسى المعصراوي) (cf. affiche ci-joint). Ils sont invités par l'UOIF pour encadrer le concours d'apprentissage et de récitation du Coran, adressé principalement aux enfants et aux jeunes, garçons et filles. Quand on regarde les profils de ces deux prédicateurs, on remarque qu'ils appartiennent tous les deux à la " Ligue Islamique Mondiale ", que mon ami Samir Amghar -- auteur du livre de référence " Le salafisme d'aujourd'hui. Mouvements sectaires en Occident " (Michalon) -- qualifie d' "instrument de défense des intérêts stratégiques saoudiens" (2). Plus précisément, les deux invités de l'UOIF font partie de " l’Organisation internationale islamique pour la mémorisation du Saint Coran " que contrôle les wahhabites saoudiens de ladite ligue.

Inutile de s’attarder sur leurs passés et leurs passifs, tant les ressemblances entre les islamistes sont nombreuses. " Mahmoud Ikkawi ", par exemple, est très actif au sein de l'internationale islamiste. On le voit, au milieu d'enfants (à salafiser) en Arabie Saoudite, au Qatar, dans les pays asiatiques et aux USA, levant " l'index de l'unicité " vers le Ciel, tout sourire à côté d'un certain " Yusuf Estes ", un prédicateur salafiste de renommée internationale, très admiratif du groupe salafiste allemand " EZP TEAM " et de leur idole " Pierre Vogel " (Abou Hamza). Celui qui aimerait transformer l'Allemagne en " Émirat Islamique " en 3 ans !

L'UOIF qui a refusé très récemment " la charte de l'imam " (3), pour lutter contre le discours radical dans les mosquées -- une charte rendue publique par le bureau du CFCM fin mars -- semble être plus que jamais attachée à sa dimension islamiste internationale. Au lieu de se suffire des imams français, elle privilégie de mettre un pan de la jeunesse française entre les mains d'imams internationaux frérosalafistes, promouvant la vision wahhabite de la Ligue Islamique Mondiale saoudienne. Les pouvoirs publics vont-ils laisser faire ? Vont-ils taper du poing sur la table, comme l'année dernière, ou comme lorsqu'ils ont décidé, il y a quelques jours, d'expulser et de reconduire le frère Hani Ramadan du territoire national ? Ce qui est certain, c'est que la France est toujours en " état d'urgence ".

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