28 mai 2017

La faillite morale de la gauche israélienne, par Shraga Blum

Ils étaient tous là, samedi soir sur la place Rabin de Tel-Aviv: Avoda, Meretz, Liste arabe unifiée, Shalom Akhshav, Initiative de Genève, New Israel Fund et autres organisations du « camp du Bien ». Tous à crier à l’unisson « Paix, Paix ! » et décochant leurs flèches acérées vers les uniques coupables traditionnels : Binyamin Netanyahou, Naftali Benett, les « colons messianiques qui diffusent la haine et le racisme » et j’en passe. Comme si ce souhait béat et nébuleux de paix exprimé en chœur allait modifier de quelque manière les intentions politicides cachées ou dévoilées des ennemis d’Israël, trop heureux de se voir rejoints par de tels compagnons de route.
 
Ils sont venus, ils sont tous là (même le fils maudit), mais n'auraient que 18 sièges sur 120 à la knesset. Photo Gili Yaari / Flash 90
A entendre les différents orateurs qui se sont suivis à la tribune, il n’est pas étonnant que les derniers sondages d’opinion n’accordent que 18 sièges au grand maximum sur 120 à la gauche et l’extrême gauche réunies, et 31 sièges si l’on pousse jusqu’à lui rajouter généreusement les députés arabes. Soit un quart de la Knesset à peine.

Manifester pour la paix fait partie de droits que confère la démocratie, même s’il s’agit de vœux puérils qui se sont déjà à maintes reprises fracassés sur les réalités que ces naïfs militants refusent toujours de voir. Mais manifester « contre l’occupation » alors qu’Israël célèbre la miraculeuse victoire lors de la Guerre des Six Jours et la libération du berceau du peuple juif et de Jérusalem est par contre une marque d’ingratitude sans nom de la part de Juifs.

Et samedi soir, un pas de plus a été franchi, qui traduit définitivement le dévoiement moral de cette gauche israélienne qui a trahi tout ce pour quoi ses illustres fondateurs se sont battus.
Sous les éructations d’une Zehava Gal-On, visage constamment crispé par la haine, la foule a copieusement sifflé et hué Binyamin Netanyahou, Naftali Benett, Ayelet Shaked, Betzalel Smotrich et autres. Mais dans la foulée, cette même assistance a chaleureusement applaudi un message enregistré par Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité Palestinienne, transformé en « sauveur » de la situation.

Mahmoud Abbas est sans doute à l’heure actuelle l’un des principaux négationnistes de la Shoah dans le monde. Dans sa thèse présentée en 1982 en Union soviétique sous le titre « L’autre visage », il entendait démontrer « les liens secrets entre les nazis et la direction sioniste ». Citant de nombreuses fois Robert Faurisson, Mahmoud Abbas avait également nié la réalité des chambres à gaz et contesté le nombre de victimes juives lors de la Shoah. Depuis, le chef de l’Autorité Palestinienne n’a jamais renié sa thèse, bien au contraire, elle trône toujours sur le site Internet de l’AP et il n’a cessé d’accuser le sionisme d’être équivalent au nazisme. La dernière édition du livre rédigé à partir de cette thèse date de… 2011 à Ramallah !

Mis à part cela, Mahmoud Abbas glorifie sans vergogne les terroristes ayant assassiné des Juifs, il incite à la haine et à la violence par le biais des médias de l’AP qu’il contrôle, il endoctrine la jeunesse au moyen de programmes scolaires venimeux et il tient un double langage systématique selon qu’il s’adresse en anglais à la communauté internationale ou en arabe en direction de sa population.

Tout cela est vérifiable, vérifié, publié et confirmé. Mais cela n’empêche pas la gauche israélienne de se pâmer devant celui qui finança l’attentat de JO de Munich lors duquel furent assassinés onze athlètes israéliens et de le considérer comme un partenaire fiable et « modéré » face au « méchant et intransigeant » Binyamin Netanyahou.

Depuis l’apparition des concepts de « droite » et de « gauche » dans le langage politique, leur définition a profondément imprimé les consciences collectives, fixant une fois pour toutes que la gauche serait toujours synonyme de « progrès », de « justice », de « recherche de la vérité » ou de « sens moral ». Rien n’est plus faux, particulièrement en Israël. [NdA : tout rapprochement avec les postures de la gauche morale française ne saurait être une coïncidence.]

Si la gauche israélienne, dans toutes ses déclinaisons, est capable aujourd’hui d’applaudir un message diffusé par un dirigeant arabe palestinien dont l’antisémitisme, le négationnisme et le soutien au terrorisme sont à ce point avérés, c’est qu’elle s’est complètement fourvoyée et profondément déshonorée. [NdA : tout rapprochement avec les postures de la gauche morale française ne saurait être une coïncidence.]

Cette même gauche israélienne dénoncera certes avec force des déclarations antisémites (devenues très rares) provenant de dirigeants de l’extrême droite européenne, mais elle applaudit un Mahmoud Abbas qui n’a pas hésité à accuser Israël, en 2016, devant le parlement européen, d’empoisonner les puits des Arabes afin de les pousser à quitter leurs villages. Ce n’est pas une pathologie exclusivement israélienne. Beaucoup a déjà été écrit en France sur cette dérive, et notamment sur la cécité ou l’indulgence des gauches envers l’antisémitisme qui est le fait des milieux arabo-musulmans, qui ne peuvent être coupables de rien puisque « victimes » eux-mêmes.

En Israël, la chose est d’autant plus grave qu’il s’agit d’un combat existentiel aux conséquences graves. Aucune justification n’est recevable de la part de la gauche israélienne qui applaudit des deux mains un dirigeant arabe palestinien qui a à plusieurs reprises exprimé son admiration pour le mufti pronazi et collaborateur d’Hitler Hadj Amin Al-Husseini.

On sait quel rôle ont joué dans les années 1930 les troupeaux qui appelaient à la paix et n’ont pas vu ou surtout voulu voir ce qui se développait à l’Est du Rhin. En Israël aujourd’hui, il s’agit d’une faute impardonnable de la part d’un camp politique qui se targue de représenter « l’élite » de la société.

Samedi soir, en applaudissant avec ferveur l’un des porte-drapeaux mondiaux de l’antisémitisme actuel en compagnie de députés arabes soutenant ouvertement le terrorisme, la gauche israélienne en mal d’identité et de popularité a franchi toutes les lignes rouges morales.

Elle a de ce fait justifié le mépris et le rejet que lui voue pour cela une grande majorité de la population israélienne.

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