21 mai 2017

La Hatikva interdite à l’Université hébraïque de Jérusalem, par Shraga Blum

[NdA : en France, le parti de l'Autre (avec une majuscule) n'a pas encore suggéré de supprimer La Marseillaise lors des cérémonies officielles pour ne pas froisser la diversitude des cités. Il est temps de combler cette lacune.] 
 
Les membres du mouvement H’ibat Tzion (Amants de Sion) qui en 1884, réunis à Katowice, émirent pour la première fois l’idée de la création d’un université hébraïque à Jérusalem doivent aujourd’hui se retourner dans leurs tombes. Ces sionistes de la première heure seraient consternés d’apprendre que ce prestigieux établissement refuse aujourd’hui de faire chanter l’hymne national la Hatikva afin « de ne pas heurter la sensibilité des étudiants arabes ».

Surtout ne pas froisser la susceptibilité de l'Autre (avec une majuscule).
 La Faculté des sciences humaines de l’université hébraïque tient jeudi soir sa cérémonie de remise des diplômes. Comme il est de tradition, à l’issue de ce genre de cérémonies, l’hymne national est entonné. Mais depuis quelques années, cette tradition a été suspendue par les responsables de cette faculté, arguant qu’aucune loi n’oblige de clore ce genre de cérémonies par l’hymne national. L’une des enseignantes de la faculté a confirmé que la décision a été prise « afin de prendre en considération l’Autre », signe du dévoiement moral dans lequel est plongé la gauche israélienne depuis un certain nombre d’années.
La faculté est totalement soutenue par la direction de l’Université hébraïque qui a repoussé toutes les demandes, y compris celle du ministre de l’Education Naftali Benett. Ce dernier s’est dit scandalisé d’entendre que l’hymne national est considéré comme une « agression » par les dirigeants de la Faculté des sciences humaines.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou n’a pas tardé à réagir à cette nouvelle: « Il s’agit d’une décision lamentable. C’est un summum de capitulation et le contraire absolu de la fierté nationale. Nous sommes fiers de notre Etat, de notre drapeau et de notre hymne ». Binyamin Netanyahou a rajouté que ce genre d’attitude le conforte dans sa volonté de faire adopter au plus vite la Loi de la Nation qui protègera entre autre les symboles nationaux.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a twitté : « Honte à l’Université hébraïque ! », et le ministre druze Ayoub Kara s’est écrié: « Et que fait-on de la sensibilité juive ?!!! ».
Le monde universitaire israélien en arrive ainsi à un paradoxe intolérable et unique au monde: autorisation de cérémonies et manifestations marquant la naqba mais abstention de mettre en avant les symboles nationaux afin de ne pas heurter les sensibilités arabes !

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