7 mai 2017

Les Emirats Arabes Unis récompensent une photo anti-israélienne de l’AFP, par InfoEquitable

[NdA : La charte de Munich est censée réguler l’exercice du journalisme au quotidien. L’ennui est que cette charte n’est pas contraignante : pas d’ordre censé la faire respecter, donc aucun contrôle, donc aucune sanction. Garantis de leur impunité, pourquoi les propagandistes se gêneraient-ils ? 
Article 8 : s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondements ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
Article 9 : ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste.]
« Je veux porter à l’attention du monde les souffrances du peuple palestinien » a déclaré à l’Arab Media Forum le lauréat du prix Arab Journalism Award du Photographe de l’Année.

Jaafar Ashtiyeh et sa récompense (source : Facebook)
Pour porter sa cause, Jaafar Ashtiyeh aurait pu choisir une ONG. Il préfère travailler pour l’Agence France-Presse, une organisation qui dit dans sa charte fournir de l’information « impartiale » et être « indépendante et libre de toute influence politique, commerciale ou idéologique ». Ses journalistes, affirme l’AFP , « visent la neutralité, l’absence de préjugés ou de préférences. »

Curieux dès lors de faire mention des « souffrances du peuple palestinien » sans parler de celles du peuple juif, qui endure guerres et terrorisme depuis des années. Quelle notion du journalisme peut bien animer quelqu’un qui avoue ouvertement couvrir un conflit en soutenant l’une des deux parties ?

Ashtiyeh n’est pas le premier photographe de l’AFP à recevoir le trophée de l’Arab Media Forum. Il a été précédé, en 2007, par son collègue Mahmoud Hams, récompensé pour une photo des « funérailles d’un enfant palestinien tué lors d’une incursion israélienne dans la bande de Gaza. » Cette fois-ci, c’est le cliché d’un « homme protégeant un enfant à terre devant un soldat israélien en position de tir » qui a valu à son auteur la récompense. Une photo qui reprend le thème cher aux propagandistes palestiniens depuis le célèbre faux de l’affaire Al-Durah où la mort d’un enfant palestinien dans les bras de son père avait été mise en scène.

La photo primée (AFP). Les enfants soi-disant visés par les balles de l'abjecte entité sioniste sont toujours rentables en terme de propagande et de manipulation des belles âmes.

 Curieusement, l’homme de la photo récompensée porte à sa main un masque à gaz. Pas le genre d’accessoire que l’on utilise pour aller à la pêche ! Rien n’indique par ailleurs que l’enfant ait été visé par les soldats qui, sur un autre cliché de la même scène, semblent plutôt tenir en joue l’adulte qui se trouve avec lui :

Plan large en version turque


On voit bien néanmoins, avec cette image légendée en turc « Le moment le plus difficile d’un père », l’intérêt d’une telle photo pour la propagande visant à diaboliser Israël à travers ses soldats. Ce qui est sûr, c’est que personne n’a été tué lors de cet événement.

Les Emirats, havre de liberté ?

Jaafar Ashtiyeh a reçu son prix des mains du Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, le fils de l’Emir de Dubaï et vice-président / premier ministre des Emirats Arabes Unis. Le Sheikh préside les médias d’Etat de Dubai Media Incorporated. Son père, l’Emir, a fondé le Dubai Press Club qui est à l’origine de l’Arab Media Forum, l’organisme qui a décerné les prix.

Selon Reporters Sans Frontières, les Emirats Arabes Unis se situeraient au 119ème rang mondial sur 180 pays en matière de liberté de la presse. Juste devant l’Afghanistan.



RSF précise :

Une surveillance en ligne sophistiquée

Les Émirats arabes unis sont passés maîtres en matière de surveillance en ligne des journalistes, cibles récurrentes du régime en vertu de la loi sur la cybercriminalité (2012). Journalistes-citoyens et blogueurs se retrouvent dans le collimateur des autorités dès qu’ils émettent la moindre critique. Ils sont généralement accusés de diffamation, d’offense à l’État ou de diffusion de fausses informations visant à nuire à l’image du pays. Ils risquent pour cela de lourdes peines de prison, et sont susceptibles d’y subir de mauvais traitements. La Constitution du pays garantit la liberté d’expression, mais le pouvoir en place peut censurer des publications locales ou étrangères si elles sont critiques de la politique intérieure, des familles souveraines, de la religion, de la relation du pays avec ses alliés ou encore de l’économie du pays, en vertu de la loi fédérale de 1980 sur les imprimés et publications.

Voilà le régime dont l’AFP se prévaut, dans une dépêche, de recevoir une récompense ! Mais attention : si l’agence dit bien que le prix a été remis à Dubaï lors de l’Arab Media Forum, elle ne dit pas qui est derrière cette organisation. L’AFP évite de mettre la puce à l’oreille des lecteurs qui ont en tête les images féériques de Dubaï -- ses gratte-ciels, ses centres commerciaux, ses hôtels -- sur le fait qu’un employé de l’agence a reçu un prix journalistique des mains d’un autocrate qui verrouille la presse de son pays.

De grands journaux tels que Le Monde en France ou le Financial Times à l’étranger, utilisent régulièrement des photos de Jaafar Ashtiyeh.
Information ou propagande ?

http://www.infoequitable.org/les-emirats-arabes-unis-recompensent-une-photo-anti-israelienne-de-lafp/
 

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