25 févr. 2016

Chronique de Michaël Bar-Zvi du 25 février 2016

Sommes-nous à la veille d’un cessez-le-feu en Syrie après la conversation entre Poutine et Obama et l’annonce d’élections en avril prochain par Bachar el Assad ? Rien n’est moins sûr, car la situation sur le terrain se dégrade encore plus de jour en jour. La Russie a prévenu les États-Unis de son intention de survoler son territoire pour faciliter le travail de ses services de renseignements, tandis que la Turquie de son côté continue de menacer Moscou d’attaquer ses soldats aux abords de sa frontière et multiplie ses frappes contre les forces kurdes.

L’armée syrienne progresse dans la région d’Alep et reconquiert peu à peu une partie du territoire au prix de centaines de victimes civiles, alors que islamistes affiliés à Daech, Djabat el Nosra et Al Qaida commettent de sanglants attentats dans la banlieue de Damas. Face à cette spirale infernale, force est de constater que l’occident est impuissant et que l’Europe est incapable d’appliquer une politique commune.

La crise syrienne, avec ses conséquences géopolitiques, humaines, morales et économiques est sans aucun doute le révélateur ultime de l’échec du projet d’une Union européenne. La crise économique de 2008 avait fissuré l’Union européenne, la crise grecque avait agrandi un peu plus la faille, mais les guerres civiles en Irak, en Syrie et en Libye sont en train de la faire voler en éclats.

Face à l’arrivée des migrants en provenance de ces pays, chacun des Etats de l’Union agit selon ses intérêts, ses besoins, et ses craintes. Malgré les injonctions morales de diverses organisations humanitaires, les gouvernements européens ne sont pas en mesure de s’accorder sur l’attitude à adopter face à ce qui n’est plus une menace mais une réalité, dont les enjeux, on le comprend aujourd’hui, ne sont pas seulement économiques ou sociaux mais également culturels, voire civilisationnels.

Les événements de Cologne au mois de décembre ne sont qu’un prélude à ce qui peut arriver en Europe si la question des migrants n’est pas traitée en profondeur, à travers tous ses aspects. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir des gens et de faire preuve d’hospitalité ou de générosité, mais de s’interroger sur les valeurs fondamentales communes qui doivent être intégrées, comprises, et acceptées par les hôtes. L’Europe n’est pas simplement une auberge ou un refuge pour des personnes démunies, traquées ou malheureuses.

Elle s’est construite à partir de racines spirituelles, intellectuelles et morales, a forgé des lois et des règles, dont certaines sont immuables et d’autres changent au fur et à mesure de l’évolution des mœurs et des coutumes. L’Europe a une histoire qui lui donne du sens et ce qu’elle a apporté au monde ne peut être effacé en un revers de main. L’intégration d’une population étrangère ne peut se faire en abolissant le passé, mais uniquement dans la reconnaissance de ce patrimoine par les nouveaux venus. En hébreu on salue le nouvel arrivant en lui disant Baroukh Haba, béni soit celui qui vient, et celui-ci répond, Baroukh Hanimtsa, béni soit celui qui est déjà là…

http://www.desinfos.com/spip/spip.php?page=ispip-article&id_article=52088 

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