29 juin 2017

Israël change de tactiques pour vaincre le terrorisme de rue, par Robert Fox

La plupart des dernières attaques dans la Vieille Ville de  Jérusalem ont eu lieu à l’aide de couteaux, occasionnellement d’armes à feu et rarement, actuellement avec des bombes.

La Garde (Police des Frontières) de la Porte de Damas : la zone de la vieille ville a été témoin de 12 attaques au cours des 18 derniers mois AFP/Getty Images

Le modèle d’agressions terroristes individuelles ou « de loups solitaires » correspond à ceux exécutés au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Belgique. Beaucoup sont réalisés par un ou deux individus, armés de couteaux et fonçant dans des foules ou des queues de bus avec des véhicules détournés. Israël entreprend une mise à jour permanente de sa stratégie anti-terroriste, impliquant l’éveil résilient du public, de nouvelles tactiques des forces de police et de l’anti-terrorisme et une surveillance améliorée.


Ces idées sans cesse renouvelées apporte des enseignements dont la Grande-Bretagne et l’Europe pourraient bénéficier, alors qu’elles sont aussi confrontées à la menace de ce terrorisme de rue, bien que les circonstances puissent être très différentes. « Londres, Paris et Jérusalem sont très différents, ne serait-ce que par leur échelle », fait remarquer Micky Rosenfeld, l’officier supérieur de liaison de la Police de Jérusalem. « Vous pouvez traverser tout le centre de Jérusalem en motocyclette en environ huit minutes ».

Hannah Bladon, poignardée à mort à Jérusalem le Vendredi
Saint chrétien. (PA)
Au cours de ces 18 derniers mois, on recense 12 attaques près de la Porte de Damas. Au début de ce mois, Hadas Malka un sergent-major féminin de 23 ans,dans l’unité de la Police des Frontières, a été mortellement blessée, quand trois hommes ont attaqué les agents à l’entrée, avec un couteau et un pistolet-mitrailleur. Au total, il y a eu 45 victimes d’attaques meurtrières, depuis l’automne 2015. La plupart étaient israéliennes, mais on dénombre deux Américains et une Britannique. En avril dernier, l’étudiante en voyage d’échange Hannah Bladon, 20 ans, a été poignardée dans un tramway par un type classé comme  « déséquilibré »,  armé d’un couteau de cuisine.

« Malheureusement, je pense que nous devons vraiment apprendre à vivre avec ce genre de terrorisme – et juste faire tout ce qui est en autre pouvoir pour en minimiser les effets », explique le Commandant de l’Ecole d’Entraînement au Contre-Terrorisme des Forces de Défense d’Israël (Tsahal). Leurs tactiques changent tout le temps et nous devons changer les nôtres ». Le Commandant, qui ne donne pas son identité, dit que le public doit être vigilant, mais que cela n’implique pas d’être anxieux. Il s’aventure à dire qu’il pense qu’on a aussi besoin de la prise de conscience du public en Grande-Bretagne également.

Mais il y a d’énormes différences entre Israël et la Grande-Bretagne ou la France. Il nous montre des vidéos pratiques d’attaques à des queues de bus, avec des voitures-béliers qui s’écrasent et des gens qui brandissent des couteaux. Dans la plupart des exemples, un passant tire son arme de son holster et frappe l’auteur de la tentative.

« Nous avons 30.000 civils portant des armes, qui ont l’autorisation de le faire après leur service militaire ». Cette vaste armée de conscrits fournit aussi un appui en termes de ressources humaines, en cas d’urgence.

Bien que la population ne soit pas constituée de plus de huit millions d’habitants, Israël peut faire appel à une réserve bien plus étendue d’aidants spécialisés en sécurité que ne le peut la Grande-Bretagne actuellement. L’autre différence très nette est l’énorme accent qui est mis sur la surveillance des téléphones mobiles et du trafic internet. Pour des forces de police de 29.000 membres, environ 1.000 agents sont affectés à la surveillance d’Internet et des réseaux sociaux, un dispositif qui ne serait pas autorisé en Grande-Bretagne.

Chez le contractant dominant en matière de défense électronique en Israël, Elbit Systems, on me montre ses derniers concepts de surveillance et de communication. Cela consiste en une énorme base de données nationale, connue sous le sigle de WIT -Wise Intelligent Technology – qui peut être mobilisée par le Commandant de l’anti-terrorisme. Un autre outil est constitué par un pod pour un drone ou un hélicoptère appelé Skyeye (l’oeil du ciel), une caméra multi-pistes qui peut répondre aux besoin d’un grand nombre d’unités en même temps.

Le nouveau système permet à différents types de radios ou de téléphones – allant des radios UHF, VHF et aux Taies-Walkies aux smartphones tout dernier cri – de se parler les une aux autres. En outre, il peut retracer l’origine d’un appel téléphonique et le propriétaire de l’appareil en un instant, en utilisant la base de données WIT. En Grande-Bretagne, à la suite d’une affaire de cartes d’identités, il n’y a aucune base de données de ce genre.

La semaine dernière, le chef d’Etat-Major de Tsahal, le Lieutenant-Général Gadi Eisenkott a alerté du fait que le situation pourrait devenir bien plus complexe d’ici les vingt prochaines années. Là il tenait un message puissant à l’intention de la Grande-Bretagne qui subit de fortes coupures budgétaires sur ses services armés et ses services publics.

« Nous devrons adapter nos forces pour l’avenir, leurs plateformes de recherche et de développement. Mais ce sont les personnes qui assurent notre avenir – et nous aurons besoin de jeunes gens plus engagés pour servir. Nous dépendons d’eux et ils devront être correctement récompensés ».

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