27 juil. 2017

Hommage au penseur sioniste Zeev Jabotinsky, par Souhail Ftouh

Israël a rendu hommage ce 23 juillet à Zeev Jabotinsky, leader sioniste connu pour son  attachement profond à la liberté et à la justice, valeurs profondes enracinées du combat sioniste.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé sur le mont Herzl de Jérusalem :
« Depuis cent ans, nous avons traité avec cette terreur meurtrière et l’avons surmontée. La douleur est profonde, mais nos racines dans ce pays sont aussi profondes. La terreur ne nous vaincra jamais. La terreur ne triomphera jamais de nous. Nous continuerons à renforcer notre pays et à construire notre terre. »
Le président Reuven Rivlin a déposé une couronne et a prononcé une allocution lors de la cérémonie commémorative, à l’occasion du 77e anniversaire du décès de l’inspirateur politique de l’organisation combattante clandestine sioniste, l’Irgoun.
Un penseur sioniste hostile au racisme

Né à Odessa, en Ukraine Jabotinsky avait une œuvre littéraire importante : poésie, articles de journaux, romans et nouvelles. Histoire de ma vie présente l’histoire personnelle d’une des plus grandes figures du sionisme, d’un politique, écrivain et homme de talent trop souvent oublié et injustement dénigré. On ne peut plus apprendre le sionisme sans Jabotinsky et son Histoire de ma vie.

Jabotinsky fut un admirateur de Garibaldi et de Mazzini qui s’est battu toute sa vie pour le sionisme. Avec son intelligence aiguë et la civilité exquise, Jabotinski nous parle beaucoup de l’Europe. Avec lui on croise quelques grands hommes de son époque : Herzl bien sûr qu’il n’a pu voir qu’une seule fois, mais aussi Weizmann, Nahman Sirkin, Nahman Bahman, Yehouda Gordon, et de nombreux leaders, auteurs et professeurs européens de l’époque, dont la plupart sont aujourd’hui inconnus.

Histoire de ma vie montre que le leader historique de la droite israélienne était un humaniste, tolérant, ouvert et non de l’extrême droite. Le qualifier ainsi n’a pas de sens. On ne saurait que citer cette phrase :
« Je déteste à un point extrême, de manière organique, d’une haine qui échappe à toute justification, à la rationalité et à la réalité même, toute idée montrant une différence de valeur entre un homme et son prochain. Cela ne relève peut-être pas de la démocratie mais de son contraire : je crois que tout homme est un roi… »

Jabotinsky  chef historique la droite israélienne

Jabotinsky fut un visionnaire qui créa à Paris en 1925, le Parti révisionniste principal parti de la droite nationaliste sioniste, qui réclame un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie.

En 1929, à la suite d’un déplacement à l’étranger, les autorités  occupantes britanniques promulguent un décret lui interdisant le retour. Ce faisant, elles répondent à une demande arabe.

En opposition avec la gauche juive qui domine alors le mouvement sioniste, lui et son parti quittent l’Organisation sioniste mondiale en 1935. Jabotinsky décide que le parti Révisionniste doit quitter  L’Organisation sioniste mondiale dominée par les socialistes.
Jabotinsky était en désaccord avec la gauche et David Ben Gourion. Après cette scission, Jabotinsky crée en 1935 la « Nouvelle Organisation Sioniste »

Résistant inlassable, Jabotinsky fut la principale figure d’une droite nationaliste qui se cherche et tente de s’organiser dans un mouvement à la fois anticommuniste (donc hostile à la gauche sioniste marxiste) et opposé à la « faiblesse » des dirigeants du centre droit sioniste (1).             
                                             
De nombreuses personnalités politiques de la droite israélienne se réclameront de l’héritage de Jabotinsky. Parmi elles, on peut citer Menahem Begin, qui signera le premier traité de paix avec un pays arabe, l’Égypte, en 1977. 

Le Parti sioniste révisionniste est un parti nationaliste et anti-communiste créé dans l’objectif de « réviser le sionisme » (2). Il sera absorbé en 1948 par le parti Hérout, qui sera en 1973 la principale composante politique de la création du Likoud. 

Vladimir Jabotinsky en 1935


Un visionnaire  soucieux du sort des Juifs en Europe

Dans les années 1930, Jabotinsky est marqué par une inquiétude croissante pour le sort des Juifs en Europe. En 1936, il présente un « plan d’évacuation ». Ce plan propose l’évacuation de la population juive tout entière de la Pologne vers la Palestine.

Deux ans après, en 1938, Jabotinsky indique dans un discours que les Juifs polonais « vivaient au-dessus d’un volcan » et avertit qu’une vague de « super-pogroms » sanglants se produiraient en Pologne dans un proche avenir.

Jabotinsky indique comment nul ne l’a pris au sérieux, y compris dans le camp sioniste, lorsqu’il a mentionné sa volonté de faire de l’hébreu la première langue d’enseignement juif en diaspora. Si elle avait été plus appliquée, une telle mesure aurait évité bien des soucis à des millions d’immigrants en Israël, jusqu’à aujourd’hui. Là encore Jabotinsky était visionnaire.

Jabotinsky décède en août 1940 d’une crise cardiaque, lors d’une visite aux États-Unis. Son souhait d’être enterré dans le futur État juif se réalisera grâce aux efforts du premier ministre travailliste, Levi Eshkol, qui succéda à David Ben Gourion, lequel était un ennemi juré de Jabotinsky. Les restes de Jabotinsky et de sa femme ont ainsi été transférés au mont Herzl en 1964.

Aujourd’hui on apprécie encore son endurance et sa fidélité absolue au combat pour le sionisme. Repose en paix Jabotinsky, grande figure du combat pour la liberté et la justice. Tu resteras un grand repère pour les fidèles militants de sionisme.

(1) Shmuel Katz, Lone Wolf. A biography of Vladimir Ze’ev Jabotinski
(2) Yaacov Shavit, Jabotinsky and the Revisionist Movement, 1925-1948

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