28 juil. 2017

Jérusalem : quand l’AFP tarde à publier une information essentielle, par InfoEquitable

L’examen attentif des dépêches diffusées sur le fil de l’AFP entre le 14 et le 24 juillet indique sans contestation que l’agence française a durant 24 heures totalement passé sous silence les informations de la police israélienne selon lesquelles les terroristes avaient, la veille de l’attentat, amené et entreposé leurs armes à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa.

Cette information est aujourd’hui parfaitement établie. Elle n’a d’ailleurs été démentie par aucune institution palestinienne, en particulier le Waqf, l’autorité chargée de la gestion des lieux saints musulmans.

La révélation qu’un lieu saint aussi symbolique que la mosquée al-Aqsa a été utilisé par les terroristes pour dissimuler des armes était un élément essentiel à prendre en compte au plus fort de la polémique sur l’installation de portiques de sécurité à l’entrée de l’esplanade. 

Ce silence est d’autant plus inexplicable que l’information faisait dès le jeudi 20 juillet la une des journaux israéliens. Dans ces conditions, on s’explique difficilement comment le bureau de l’AFP à Jérusalem a pu commettre un tel ratage. 

Si l’AFP a, dans les jours qui ont suivi, évoqué cette information, elle ne l’a fait que de manière extrêmement lapidaire, sans jamais y consacrer la moindre dépêche. 

On est en droit de se demander si ce silence de l’agence française, puis cette volonté manifeste de minimiser l’information, n’ont pas été motivés par des raisons idéologiques, notamment le souci de présenter les faits de la manière la plus favorable aux Palestiniens. 

Si tel était le cas, un tel traitement contreviendrait à la charte de l’Agence France-Presse « dont la mission est de fournir à tout instant une information exacte, impartiale (…) libre de toute influence politique ou idéologique comme le garantit son statut ». 

InfoEquitable a adressé un courrier en ce sens à la direction de l’AFP et ne manquera pas d’informer ses lecteurs de la teneur de la réponse reçue. 


Pour quelle raison, au plus fort de la polémique sur l’installation des portiques de sécurité à l’entrée du mont du Temple (dit aussi « esplanade des Mosquées »), et à la veille d’une journée de violences meurtrière à Jérusalem, l’Agence France-Presse (AFP) n’a-t-elle pas jugé utile de faire état d’une information essentielle diffusée par la police israélienne ?

Cette information établissait très clairement l’itinéraire des trois terroristes qui, le 14 juillet 2017, ont perpétré l’attentat meurtrier de la vieille ville de Jérusalem dans lequel deux policiers israéliens ont été assassinés. Le document vidéo de la police, rendu public dès le jeudi 20 juillet, révélait que les trois terroristes ont pu, la veille de l’attentat, entreposer leurs armes à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa. 

A aucun moment l’AFP n’a consacré la moindre dépêche à ce développement pourtant capital qui faisait la une des grands journaux israéliens.


La une du site du Jerusalem Post, jeudi 20 juillet 2017
Il a fallu attendre plus de 24 heures – alors que l’explosion de violence s’était déjà produite à Jérusalem – pour que l’agence de presse française évoque au conditionnel les accusations de la police israélienne. Dans les jours qui ont suivi, cette information n’a été donnée que de manière laconique, en une seule phrase noyée dans le corps de dépêches de synthèses.

La dissimulation d’armes au sein de la moquée al-Aqsa (qualifiée par l’AFP elle-même de « lieu ultra-sensible ») est pourtant un élément capital pour comprendre les événements survenus ces derniers jours à Jérusalem. On ne peut que s’interroger sur les raisons qui ont conduit l’Agence France-Presse à un tel silence puis à une sous-estimation de l’information. 

Ce silence traduit-il un parti-pris idéologique de l’AFP en faveur des thèses palestiniennes ? C’est la question que pose InfoEquitable.


Le déroulé des faits

 

Le vendredi 14 juillet 2017, trois Arabes israéliens ouvrent le feu sur deux policiers israéliens en faction à la porte des Lions dans la vieille ville de Jérusalem. Les deux policiers sont tués. Les trois terroristes seront ensuite abattus par les forces de l’ordre à la suite d’une course poursuite sur l’esplanade du mont du Temple.

Dès le premier jour, il semble établi que les tueurs venaient de l’esplanade. Une première vidéo diffusée par la police israélienne en atteste.


C’est pour cette raison et pour les besoins de l’enquête que les autorités israéliennes vont fermer l’esplanade et annuler les prières du vendredi.

Le dimanche 16 juillet, les autorités israéliennes rouvrent l’esplanade après y avoir installé des portiques de sécurité détecteurs de métaux. Le Waqf appelle les fidèles à refuser l’installation de ces portiques. La polémique débute, elle va en quelques jours se muer en une grave crise. 

Dès le lundi 17 juillet, l’AFP rapporte les arguments de la police israélienne de manière très succincte, en les présentant comme une information non confirmée. Ainsi, dans cette synthèse de 13 h 48 titrée

A Jérusalem, les fidèles musulmans refusent les détecteurs de métaux israéliens

l’AFP indique au second paragraphe :
La police a affirmé que les assaillants étaient venus de l’esplanade.
Durant quatre jours c’est cette unique formule qui va être employée par l’AFP pour rendre compte de la position israélienne.

Le document vidéo rendu public par la police israélienne

 

Le jeudi 20 juillet, alors que la tension continue de monter à Jérusalem où les incidents violents se multiplient, la police israélienne rend public un document vidéo résultant de son enquête. Le document est constitué des images de caméras de surveillance disposées dans la vieille ville de Jérusalem et sur l’esplanade du mont du Temple.



L’analyse des images révèle que les terroristes sont arrivés la veille sur l’esplanade accompagnés de complices qui portaient les armes dans un sac.
Ces armes ont été entreposées durant toute la nuit dans la mosquée.


Au petit matin, les trois terroristes ont quitté la mosquée pour perpétrer l’attentat.
Sur cette image, on distingue l’un des terroristes qui porte le sac contenant les armes.


Quelques minutes après, les trois terroristes ouvrent le feu sur les policiers israéliens en faction.

 

La mosquée al-Aqsa a donc servi à entreposer des armes dans le cadre des préparatifs d’un attentat. Cette accusation extrêmement grave de la police israélienne – aujourd’hui étayée – fait immédiatement la une des grands journaux israéliens dès la mi-journée. 

Mais l’Agence France-Presse passe l’information sous silence durant toute la journée du 20 juillet et jusqu’au lendemain, durant plus de 24 heures.

A 18 heures, puis à 21h33, l’agence française diffuse sur son fil une synthèse de la journée titrée :

Esplanade des Mosquées : les Israéliens et les Palestiniens se préparent à une épreuve de force


A aucun moment il n’est fait mention dans cette dépêche des révélations apportées par la vidéo de la police israélienne.  
Concernant le cœur de la polémique, la dépêche se borne à indiquer :

Les palestiniens dénoncent l’installation de détecteurs de métaux aux accès du troisième lieu saint de l’islam, une décision prise après le meurtre vendredi de deux policiers israéliens par trois Arabes israéliens près de l’esplanade (…) L’installation des portiques a ravivé les craintes des Palestiniens de voir Israël prendre le contrôle exclusif de l’esplanade des mosquées.

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