21 juil. 2017

Le massacre de Deir Yacin : la fin d’un mythe, par Shimon Cohen

Dans son nouveau livre, « Deir Yassin : la fin du mythe », le Prof. Eliezer Tauber, responsable de l’Institut pour l’étude des activités souterraines de l’Université Bar-Ilan et ancien doyen de la Faculté des études juives de l’Université, passe scrupuleusement en revue le déroulements des événements de ce fameux jour d’avril 1948, lorsque le village arabe de Deir Yassin a été attaqué par les combattants de Lehi et Etzel (Irgun ou IZL). Il révèle étape par étape ce qui a été à l’origine du mythe selon lequel un massacre aurait été commis contre les villageois.
 
Pour en finir avec un des innombrables mensonges anti-israéliens : les histoires véhiculées par les Arabes sur la bataille de Deir Yassin ont par la suite atteint des niveaux délirants. Et à l’étranger les faits ont été présentés de façon à faire passer les Juifs pour des nazis.
Le professeur Tauber a accordé une interview à Arutz Sheva en confiant la conclusion de son enquête publiée dans son livre. « A la lumière des faits je peux formellement affirmer qu’il n’y a pas eu de massacre à Deir Yassin. »


En nous expliquant ce qui l’a amené à cette conclusion, Tauber fait remarquer tout d’abord qu’étant donné que le conflit israélo-arabe, par définition, implique à la fois des Israéliens et des Arabes, il n’est pas possible de tirer des conclusions fiables et justes sur les problèmes qui y sont liés, sans examiner attentivement les témoignages des deux parties pour prendre en compte tous les narratifs. C’est justement sur ce point que son travail diffère de celui des historiens précédents qui se sont penchés sur l’affaire Deir Yassin. Tous sans exception n’avaient enquêté qu’en prenant en compte une seule des parties impliquées dans les évènements.

Pour écrire son livre, Tauber a donc consulté toutes les sources existantes, juives et arabes. Notamment les témoignages des combattants Etzel (Irgun) et Lehi ainsi que les témoignages des Arabes qui étaient présents sur les lieux au moment des faits.  » Et étonnamment, tous les témoignages se recoupent et expriment la même version des faits, qui conduit à la même conclusion: il n’y a pas eu de massacre à Deir Yassin.

Le processus de collecte de données pour l’écriture de ce livre, l’a amené à consulter des documents et des entretiens enregistrés, confiés aux deux parties au cours des années qui ont suivi le drame, ainsi que des entretiens avec des personnes impliquées dans les évènements qui sont toujours en vie.

Selon Tauber, les entretiens avec les réfugiés arabes révèlent un narratif étonnant qui réfute le prétendu massacre attribué aux combattants. Ce mythe a été véhiculé par des personnes motivées politiquement, alors qu’ils n’étaient même pas présents sur le terrain au moment des faits, mais se sont penchés sur ces évènements bien plus tard.

Le professeur Tauber confie que lorsqu’il a entrepris ses recherches, sa mission a été considérée par beaucoup comme impossible. Personne ne pensait qu’il allait pouvoir localiser et retrouver tous les Arabes présents lors des évènements. D’autre part l’auteur a voulu aussi identifier tous ceux qui sont morts lors des évènements afin d’identifier chaque victime par son nom sans se contenter pas de les identifier comme « un tas d’Arabes ». Comprendre les raisons qui ont conduit à la mort de chacun d’entre eux, enquêter sur ces raisons a été capital pour obtenir une image complète et juste des évènements.

« C’est seulement une fois qu’on sait comment chacun est mort, qu’on peut comprendre ce qui s’est vraiment passé là-bas », a-t-il déclaré, affirmant que les historiens qui ont ensuite répandu les rumeurs d’un massacre « n’avaient aucune idée de ce qui s’était vraiment passé à Deir Yassin ».

Dans ce contexte, il a mentionné l’allégation véhiculée par Haaretz, selon laquelle il s’agissait de  villageois sans défense qui avaient été massacrés. « Ces journalistes ne savent rien sur ce village. Ils ont fondé leurs allégations sur des sources émanant de personne qui n’étaient pas sur les lieux », martèle-t-il. Il explique  notamment qu’en réalité, « le village était fortifié. Et il y existe une liste des postes de garde et des gardiens qui en avaient la charge. Une délégation du village s’était rendue en Égypte pour obtenir des armes. Les armes sont arrivées fortuitement justement cinq jours avant l’attaque, un hasard u calendrier. Les renseignements égyptiens les avaient arrêtés parce qu’ils avaient acheté les armes au marché noir. Mais si les armes n‘avaient pas été livrées au village, tous les villageois arabes auraient fui et non pas seulement 70% d’entre eux. « C’est donc parce qu’ils étaient armés que ces 30 % d’arabes de ce village sont restés »

Le professeur Tauber a ensuite relaté un certain nombre d’exemples pour nous donner une idée de l’exigence de rigueur et de qualité de son enquête. Par exemple un épisode marquant. Des hommes d’Etzel (Irgun) ont frappé à la porte d’une maison où se trouvaient une femme et cinq hommes, dont l’un tenait un fusil. C‘est cette femme qui a survécu et a raconté ce qui s’est passé. Elle raconte qu’elle est sortie de la maison. Ensuite, l’homme avec le fusil est sorti à son tour, et lorsque les combattants juifs ont remarqué le fusil, ils ont jeté une grenade sur la maison et les cinq hommes ont été tués.

Le professeur Tauber soutient que, si l’on est familiarisé avec la mentalité arabe, on comprend que l’homme avec le fusil est sorti pour se rendre. Mais le fait de sortir avec son fusil à la main au lieu de le jeter à terre, a induit les combattants d’Etzel en erreur. Cela veut dire que bien qu’il ne représentait pas de danger réel pour les combattants d’Etzel à ce moment là, il leur était impossible de le savoir, et dans ce contexte, leur réponse a été appropriée à la lumière de ce qu’ils avaient perçu.

« Si quelqu’un définit cet évènement comme un « massacre », je n’ai rien à lui dire », a déclaré Tauber, qui ajoute : « À cette époque, une procédure était très répandue : les soldats [juifs] entouraient leurs blessés avec des femmes, de sorte qu’ils ne soient pas tués. Mais cela n’empêchait pas les tireurs d’élite arabes de tirer même sur les femmes. Je ne fais pas de commentaire éthique. Mon livre n’est pas un livre d’éthique mais une enquête pour livrer des faits afin de rétablir la vérité historique ».

Alors pourquoi cette histoire d’un massacre continue-t-elle à être véhiculée ? 

Le professeur Tauber : « L’histoire du massacre est née de deux récits : le premier est celui d’un cas, rapporté par Etzel. Un groupe d’Arabes était sorti d’une maison pour se rendre, mais un combattant d’Etzel leurs a tirés dessus à l’arme automatique. C’est une exception. Un cas unique. Cela s’est produit dans la partie inférieure du village. Quand un événement se déroule en bas, tous les Arabes de la partie supérieure du village peuvent le voir. Plus tard, un journaliste étranger a interviewé un membre de cette famille, une femme, qui avait été blessée et elle lui a raconté comment toute sa famille avait été tuée. Et c’est un fait que tout le monde se concentre sur cette famille pour tirer des conclusions. Sur leur témoignage quasi exclusivement ».

Tauber relate alors un deuxième point focal : « Hussein al-Khalidi, le secrétaire suprême du Comité arabe à Jérusalem, puis un personnage politique de premier plan à Jérusalem, se demandait comment fédérer le monde arabe et entraîner des combattants dans une lutte, car les Arabes locaux avaient conscience que seuls, ils n’avaient aucune chance de remporter la victoire. Il a dit à son second Hassan Nusseibeh, qu’ils devaient commencer à se livrer à la propagande pour avoir une chance d’intéresser les pays arabes. « Nous devons raconter Deir Yassin, pas  comme ça c’est passé mais en exagérant » a-t-il dit.

« Nous savons cela de la bouche de Hassan Nusseibeh lui-même, c’est ce qu’il a dit dans les entretiens. C’est à partir de ce moment là qu’ils ont commencé à dire que 254 personnes ont été tuées et violées, et le problème du viol est celui qui a le plus effrayé les Palestiniens plus encore que les meurtres, et c’est cette version des faits qui a fait le tour du monde. Comme le disent les Arabes eux-mêmes, la personne qui est à l’origine de cette catastrophe, c’est Hussein al-Khalidi.

« Dans le livre, je dis qu’il a voulu prévenir une catastrophe, mais a fini par en provoquer une. Il se peut que, du point de vue la logique, ce qu’il ait fait avait sa logique, mais les choses ont mal tourné et cette fausse histoire, ce mensonge, c’est le fait majeur qui a provoqué la fuite des Arabes d’Israël. C’est ainsi que le mythe a été créé » a déclaré Tauber, qui pointe encore que c’est l’assistant d’Al-Khalidi qui a diffusé cette histoire à la radio arabe de Jérusalem, de sorte que cette histoire de massacres a pu immédiatement se répandre comme une traînée de poudre, sans censure britannique. « En quelques minutes, ce narratif s’est répandu dans tout Israël en s’imposant avec toute la signification dont il avait été intentionnellement chargé ».

Comment ce mythe est-il né du point de vue israélien, l’angle des historiens comme Meir Pa’il et d’autres ?

« Des gens comme Pa’il se sont rendus sur les lieux seulement à quatre heures, soit une heure et demie après la fin de la bataille, comme il l’avoue lui-même dans un rapport dont  il ne pensait pas qu’il serait révélé au public. Comme son photographe Shraga Peled, qui arrivé juste une heure plus tard, le confirme. Yechezkel Rabi et Mordechai Gihon, qui ont été les premiers à arriver sur les lieux confirment aussi que Pa’il est arrivé une demi-heure après eux. Ils sont arrivés après les événements, et sur place c’était vraiment horrible. Les membres de Lehi et Etzel ont tenté de se débarrasser des cadavres en les brûlant. La puanteur était horrible.

Tauber a également réfuté l’affirmation fréquemment citée, selon laquelle un Arabe aurait été brûlé vif après avoir été attaché à un arbre ». Ceux qui affirment cela ne savent pas ce qui s’est passé dans le village. L’Arabe en question, c’était Abd Allah ‘Abd al-Majid Samur, un combattant qui avait essayé de s’échapper sur un des camions transportant les femmes et les enfants. À ce moment-là, ils l’ont identifié et l’ont abattu. Ce n’est qu’après qu’ils ont attaché son cadavre à un arbre pour le brûler. « Ils n’ont pas brûlé un Arabe vivant ».

Ce sont des intérêts partisans qui ont fait que ce mythe s’est répandu dans l’opinion publique juive. Le professeur Tauber l’explique: « Gihon, dont le rapport doit être lu dans sa forme originale, a fait une remarque selon laquelle cette bataille a éveillé la sympathie des dissidents et que cette propagande devait être corroborée pour présenter les évènements comme une défaite militaire et morale. Plus tard, ces commentaires ont été omis. Meir Pa’il est venu une heure et demi après la bataille et a raconté dans son rapport original qu’il avait vu des cadavres qu’il a supposé avoir succombé lors d’un massacre, ce qui signifie qu’il ne l’a pas vu puisqu’il n’y a pas assisté, mais qu’il a imaginé ce qui c’était passé.

« Il faut savoir que Pa’il était à la tête de l’unité rivale du Palmach de Etzel et Lehi, qui travaillait contre les groupes sionistes souterrains. Il a donc décrit l’évènement comme s’il y avait assisté et vu de ses propres yeux comment ils avaient tiré sur des arabes dans la carrière. Il a affirmé qu’il y avait des photos de cela, mais son photographe a dit qu’il avait pris des photos de cadavres, pas des tirs eux-mêmes. Il n’y a que des photos de cadavres. Il n’existe pas de photos de fusillades ».

Tauber souligne également que les histoires véhiculées par les Arabes sur la bataille de Deir Yassin ont par la suite atteint des niveaux délirants. Et à l’étranger les faits ont été présentés de façon à faire passer les Juifs pour des nazis. 

Tauber révèle encore l’interview édifiant d’un arabe par un journaliste arabe, qui lui demande s’il y a eu des viols dans le village. L’arabe interviewé répond que non, c’est faux, il n’y a pas eu de viols. « Et le journaliste qui comprend alors qu’il s’agit d’une rumeur et qui en saisit les conséquences dit « en d’autres termes, les Juifs ne sont pas coupables, mais nous avons quand même perdu nos terres ».

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