25 juil. 2017

Quatre personnages en quête de hauteur, par Gilles-William Goldnadel

Le premier s'appelle Castaner. Il est censé porter la parole gouvernementale. Selon lui, le général de Villiers serait un “poète revendicatif”. Je ne sais si le porte-voix du pouvoir ne se prend pas un peu pour son porte flingue. Était-il guidé par Zeus ou par Bacchus ? Curieuse expression, un rien barbare. Et si M. Castaner n'était pas plutôt un barde vindicatif ? Toujours est-il que je lui accorderais bien 2 points sur les 10 perdus par son chef ce dernier mois.
 
Affiche sur le thème ‘Abattre la Bande des Quatre’ ( 打'四人帮'), septembre 1978

Au lendemain de la démission fracassante autant que grandissante de notre chef d'état-major, la très discrète et docile ministre des armées avait sagement choisi d'en rester là. C'était compter sans notre porte-parole manifestement frustré de ne pas avoir pu régler son compte à un général courageux qui n'a fait que rappeler une nouvelle fois ce qu’il jamais cessé de dire : clochardisée, l'armée française n'est plus en mesure de faire la guerre qu'elle doit mener contre le danger islamiste du dedans et du dehors. Il ne suffit pas de mettre un treillis, en le payant avec une traite de cavalerie, pour se prendre pour un grand militaire.


La seconde s'appelle Lebas. Cette demoiselle est présidente de l'UNEF. Cette organisation qui représente paraît-il les étudiants de France depuis plus d'un demi-siècle. Elle n'a toujours pas compris ou plutôt ne veut pas comprendre qu’en politique on paye toujours la facture de ses impostures. Au micro d'une émission radiophonique à laquelle je participe régulièrement sur RMC et qui recrute ses orateurs en fonction de la taille de leur organe buccal, la représentante estudiantine continuait à vitupérer la sélection. Lorsque j'étais à l'université, les militants de son organisation exigeaient que chaque étudiant obtienne au moins la moyenne. C'est sur le fondement de ce principe démagogique que l'on donne le baccalauréat à tout le monde, et surtout à n'importe qui. La conséquence de ce principe vient d'être publiquement actée : plus de place pour les étudiants mêmes méritants dans les universités et dans les disciplines souhaitées. Je suis persuadé que Mlle Lebas a obtenu son bac du premier coup.

La troisième s'appelle Marlène Schiappa , c'est déjà une vedette.  Elle est secrétaire d'État. Elle avait considéré que les “quartiers” avaient été insultés quand Valls, alors premier ministre, avait osé incriminer l'antisémitisme islamique criminel. L'un de ses hauts faits d'armes est de s'être rendu entourée d'une armée de journalistes et de caméramen dans le quartier de la Chapelle pour prouver que le sexisme était une invention de la fâcheuse sphère. Au micro de la chaîne parlementaire, Madame s'est encore illustrée : selon elle “les jeunes mères pourraient, après un parcours diplômant, obtenir un CAP petit enfance”. Mais quid des jeunes pères, dont elle ne dit mot ? J'ai omis de vous rappeler que la dame est secrétaire d'État à l'égalité femmes- hommes…

Le quatrième et dernier personnage s'appelle Piotr Smolar, il est aujourd'hui correspondant du journal Le Monde en Israël. Quand il était encore à Paris, il avait soutenu à la télévision qu'il n'y avait pas trace d'antisémitisme dans l'assassinat par Fofana d’Ilan Halimi. Je me garderais donc, pour Sarah, de lui demander son avis. Samedi, après les émeutes meurtrières à Jérusalem et l'assassinat d'une famille israélienne en Cisjordanie M. Smolar a gazouillé sur Twitter : “au total, six morts hier, trois Pal et trois Israéliens, près de 450 blessés. Tout ça pour des portiques superflus, installés sans concertation”. Ainsi, et sans surprise, l'homme du Monde voit dans les méchants portiques juifs, la cause unique des morts et certainement pas la haine islamiste qui fait fond et prétextes de tout.

À première vue, j'y vois bien entendu la soumission intellectuelle et morale à la radicalité islamique et en creux la détestation névrotique d'un État-nation occidental dénué finalement de toute légitimité en terre orientale.

Mais à bien y réfléchir, l'homme du Monde , qui n'est peut-être pas un mauvais homme, devrait lire la Psychologie des foules de Le Bon ou la version améliorée de Freud, il comprendrait peut-être combien se soumettre à la fascination d'une foule fanatique et encolérée est une régression. 

 Ses réflexions réflexes y gagneraient de la hauteur.

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