2 août 2017

ARTE : pas de censure pour un reportage de 18 minutes sur Gaza sans un mot sur le Hamas, par InfoEquitable

Pas encore remise d’un scandale qui l’a vue, de manière inédite, censurer puis trafiquer un documentaire qu’elle avait elle-même produit à cause de révélations dérangeantes sur le rôle de l’Europe dans la résurgence de l’antisémitisme via sa nouvelle variante « antisioniste », Arte n’a pas eu les mêmes scrupules pour diffuser, le 22 juillet, « Gaza: la mer ne veut plus de moi » : un reportage victimaire qui met uniquement Israël sur le banc des accusés et accomplit l’exploit, en 18 minutes, de ne pas parler une seule fois du Hamas.



La censure sur Arte : c’était il y a un mois
En juin 2017, Arte a refusé de diffuser le documentaire « Élus et exclus – la haine des juifs en Europe » que la chaîne avait pourtant co-produit. Devant le tollé, le journal allemand Bild décida de le diffuser, ce qui força Arte à le proposer à l’antenne – mais pas avant d’avoir pris les mesures inédites de :
  • couper certains passages;
  • diffuser des démentis en surimpression;
  • accompagner le tout d’un site internet dédié de « fact-checking » remettant en cause le documentaire, en particulier les accusations portées contre des ONG anti-israéliennes financées par l’Europe ;
  • et faire suivre l’émission d’un débat introduit par un responsable de la chaîne allemande WDR qui justifiait l’opposition des chaînes de télévision au reportage sans que les réalisateurs ne soient invités à répondre, avant que l’historien Michael Wolffsohn ne défende l’émission face à un panel hostile.
InfoEquitable a établi qu’il s’agissait pourtant d’une émission de grande qualité qui dénonçait, disions-nous, « les complicités actives des sociétés européennes jusqu’au plus haut niveau dans la montée de l’antisémitisme. Et si le tort de ce documentaire n’était pas, tout simplement, de renvoyer en miroir leur image à ses commanditaires ? »

Des activistes aux commandes

Le reportage diffusé sans autre par Arte un mois plus tard semble aller dans ce sens. Israël y est accusé de tous les maux : guerre (sans mention des attaques du Hamas sur les civils israéliens), coupures d’électricité (sans mention de la lutte entre le Fatah et le Hamas qui les provoque), blocus (sans mention de l’Egypte qui y prend part)… Les mensonges par omission sont nombreux mais le reportage est passé comme une lettre à la poste devant le comité éditorial d’Arte.

Avant de vous en proposer une critique détaillée, voici quelques mots sur l’auteur.

Ne manquez pas notre atelier d’activisme médias demain avec Anne Paq et Ala Qandil

« ActiveStills – La photographie comme contestation » – (image : Facebook)

Anne Paq, l’auteur du reportage, participe à ActiveStills, un collectif de photographes qui appuie fidèlement les revendications de la « cause palestinienne » incompatibles avec l’existence d’Israël, en appelant à la fin de « l’occupation illégale et de la colonisation du territoire palestinien et syrien », à la suppression du « mur de séparation », à la fin de la « discrimination institutionnalisée contre les citoyens non juifs d’Israël », au « droit au retour », etc.


Comment attendre de l’information venant de quelqu’un qui voit son métier comme un outil au service d’une cause ?

Plus explicite encore, Anne Paq a régulièrement contribué pendant plusieurs années au site Electronic Intifada, dont le nom est tout un programme ! Les articles à charges contre Israël qu’elle y a rédigés faisaient-ils vraiment d’elle une journaliste fiable aux yeux de la chaine franco-allemande si tatillonne sur le choix du casting du documentaire sur l’antisémitisme ?
  
Anne Paq collabore aussi avec « F.O.R.-Palestine », dont le nom est tout aussi dénué d’ambigüité : « For One State and Return in Palestine ». Des activistes se vantent par exemple sur ce site d’avoir bloqué une « Tel-Aviv Beach Party » devant l’ambassade d’Israël à Berlin. Anne Paq était sur place pour immortaliser les manifestants pro-palestiniens brandissant une banderole accusant Israël de génocide (ce qui n’empêchera pas le reportage de déplorer le « surpeuplement » de Gaza, en affirmant que 2 millions d’habitants s’y entassent : allez comprendre).


Anne Paq a assuré la promotion de son œuvre sur des sites comme celui de l’International Solidarity Movement, un mouvement qui lutte contre « l’occupation » et promeut le boycott d’Israël. Elle y a écrit : « Le 22 Juillet ne manquez pas sur ARTE à 18h50 (heure de Paris) un reportage que j’ai coréalisé : GAZA : LA MER NE VEUT PLUS DE MOI (15mn). (…) C’est un vrai petit miracle que ce reportage soit diffusé à un tel horaire, merci de faire circuler ! » Sûr que l’horaire est meilleur que celui octroyé par Arte au documentaire sur l’antisémitisme, qui fut relégué à 23 heures. Sur le site de l’ISM, on peut lire des articles tels que « Macron confirme sa soumission au sionisme international et fait l’amalgame. » Anne Paq est-elle d’accord ? Arte est-elle d’accord ?

Bien sûr, toute l’équipe travaille dans le même sens que l’auteur. On peut ainsi lire sur Al Jazeera, la chaîne qatarie, et sur Middle East Eye, les articles de la réalisatrice Ala’ Quandil, correspondante à Jérusalem pour la Polish Press Agency. Durant le conflit de 2014, elle y accusait Israël de provoquer panique et confusion à Gaza (comme si les tirs antérieurs du Hamas sur Israël n’y avaient été pour rien). Elle affirma ensuite que « l’assaut d’Israël a eu un impact dévastateur sur l’infrastructure d’eau déjà fragile de Gaza » – une spécialité d’Al Jazeera qui a l’habitude d’accuser Israël de jouer avec l’eau des Palestiniens, faisant écho à d’anciennes calomnies anti-juives moyenâgeuses.

Anne Paq et Ala’ Qandil n’en sont pas à leur coup d’essai. Elles avaient déjà signé « #ObliteratedFamilies » un « documentaire » sur le même thème que « Gaza : la mer ne veut plus de moi ».


Récompense française

« Gaza : la mer ne veut plus de moi » a été récompensé du Prix photo de l’Agence Française de Développement, censé « encourager la transmission des connaissances et promouvoir l’échange libre et non-restreint de l’information ». Dans le jury, le Directeur de l’information d’Arte, le Directeur Photo de l’AFP, et des représentants de divers médias dont le New York Times, Gallimard, Mediapart, Libération, Paris-Match, Radio-France…

Double standard

Si vous avez raté le reportage, pas de panique : Arte le met en ligne au moins jusqu’en 2020 !
Il en est de même pour une série d’autres reportages du même style, qu’Arte recommande :


En revanche, « Élus et exclus – la haine des juifs en Europe » est déjà introuvable sur le site d’Arte.
L’une des critiques faites par Arte au documentaire sur l’antisémitisme était le choix de l’équipe de réalisation. Arte avait voulu adjoindre aux auteurs un psychologue arabe israélien pour « garantir l’équilibre du film. » Sur « Gaza, la mer ne veut plus de moi, » rien de tel : il n’y a d’ailleurs pas un seul Israélien d’interrogé dans le film.

Le film

Intéressons-nous maintenant au film. Sur son site, Arte annonce :
En juillet 2014 en réponse à des tirs de roquettes sur son territoire, Israël a lancé une vaste offensive sur la bande de Gaza. Un rapport de l’ONU estime à 1462 le nombre de morts parmi les civils dont un tiers d’enfants.
Lisez bien, car ce morceau de vérité (lapsus ?) ne sera pas énoncé une deuxième fois : en réponse à des tirs de roquettes sur son territoire. Tout téléspectateur qui aura regardé l’émission sans lire cette introduction n’en aura rien su : ces tirs n’ont pas été évoqués une seule fois dans le reportage. Ni le Hamas ou les autres mouvements islamistes qui en étaient les auteurs, ni le fait qu’il ne visaient pas juste « le territoire » mais spécifiquement les civils juifs qui habitent Israël, dans le but de les tuer. Des milliers d’entre eux ont été traumatisés et certains sont morts, mais il n’est pas question d’eux dans le reportage.

Les chiffres avancés par l’ONU sont sujets à caution : combien de combattants déguisés en civils ? Combien de civils retenus contre leur gré près de cibles militaires comme boucliers humains ? Quelle que soit la vérité, il est certain qu’il y a eu des morts, y compris malencontreusement des civils (bien qu’Israël ait tout fait pour les éviter, allant jusqu’à avertir la population des zones ciblées avant les bombardements pour lui laisser le temps de s’échapper, si le Hamas ne l’en empêchait pas). Mais l’utilisation de cette statistique, sans sa contrepartie du nombre de victimes israéliennes, n’a qu’un but : affirmer qu’Israël a mené une guerre violente contre Gaza.
L’émission se propose d’aller « à Gaza, à la rencontre de Palestiniens qui vivent dans le souvenir de leurs proches disparus. »

La trame du film est le désir exprimé par Ala, le personnage principal, de s’enfuir. Le film commence par une mise en accusation implicite d’Israël :

Fuir le blocus qui frappe Gaza depuis 10 ans, Ala Balata y pense souvent.

Pour écrire cet article, nous avons visionné deux fois l’émission. Nous vous l’assurons : pas une seule fois le mot Egypte n’a été prononcé. Pourtant, les médias n’en parlent pas tous les jours mais le blocus est conjoint, entre Israël et l’Egypte. Et il ne touche que les matériaux pouvant avoir un usage militaire : le ciment qui peut servir à construire des tunnels d’attaque est concerné, mais pas les légumes ! Vous allez voir qu’Israël ne mettra pas longtemps à être nommément incriminé.


Errant sur la plage, Ala raconte comment sa famille « a été tuée le deuxième jour de l’Aïd » (précision supposée rajoutée à l’horreur ? Le Hamas, parti islamiste au pouvoir à Gaza, a lui salué l’assassinat en plein repas de chabbat à leur domicile de trois Israéliens le mois dernier à Halamish. Mais chuuut… le nom du Hamas est proscrit de ce reportage sur Gaza).
Pourquoi donc ont-ils été tués ? Deuxième séquence, sur fond de souk coloré :
Il y a trois ans, durant le Ramadan, Israël a lancé une offensive sur Gaza qui a fait 2251 morts. Ce triste anniversaire entache aujourd’hui la fête, tout comme la récente décision d’Israël de réduire sa fourniture d’électricité aux Gazaouis à trois ou quatre heures par jour.
Le Hamas ? Inexistant. Les missiles qu’il lançait depuis des mois sur les habitants d’Israël avant que ce dernier ne réagisse ? Forcément inexistants aussi… Et nul Faktencheck proposé par Arte sur cette émission. C’est réservé à celles qui enquêtent de trop près sur l‘antisémitisme (vous savez… la haine des Juifs qui est le moteur du Hamas, dont il ne faut pas parler…).

Si, au moment de la réalisation de l’émission, Israël (qui est l’unique pays au monde à fournir en denrées un territoire qui lui mène la guerre) avait réduit sa fourniture d’électricité, c’était en réaction à la décision de l’Autorité palestinienne de ne plus régler ses facture pour nuire à son rival, le HØmØs (le parti au nom à ne surtout pas prononcer).

InfoEquitable relevait au mois de juin que ce mensonge par omission faisait alors le tour de la presse française (l’image suivante a touché 120,000 personnes sur Facebook, signe que nombreux sont ceux que ce type de biais systématique incommode).










On nous présente ensuite Ala, le « héros », et son enfer :
Ala Balata vit à Jabaliya. Ce camp de réfugiés de 54000 habitants affiche la plus forte densité de population de toute l’enclave de Gaza, elle-même l’un des territoires les plus peuplés au monde. Deux millions de Palestiniens s’entassent sur cette étroite bande de terre.
Un « camp de réfugiés » au sens de l’UNRWA, unique agence onusienne au monde dédiée à un seul pays, et qui plus est aux seuls réfugiés qui se transmettent leur statut de génération en génération depuis 70 ans : une arme démographique destinée à submerger Israël si un éventuel « droit au retour » était appliqué. Les 800,000 réfugiés juifs ayant été chassés du monde arabe à la même époque se sont depuis longtemps intégrés à leurs pays d’accueil (Israël, France…).

Quant à la densité exceptionnelle, c’est un autre mythe qu’InfoEquitable a déjà déconstruit : Paris intra-muros est 4 fois plus dense que la bande de Gaza ; Manille, 8 fois ! Singapour et Hong Kong, plus denses que Gaza, se portent très bien…
Scène supposée touchante :
  
Ala et Ibrahim, son cousin, apportent à manger aux parents et amis qui n’ont pas grand chose à manger sur leur table

On n’a pas dû voir les mêmes images du marché de Gaza, où tant la population que les marchandises nous paraissaient bien portants :




Nous le disions, il n’y a pas de blocus sur les denrées alimentaires. Mais le blocus israélo-égyptien israélien est quand même en cause : « En raison de la crise économique liée au blocus, 80 % des Gazaouis ont besoin d’aide pour survivre. » Le parti au pouvoir au nom ineffable n’y est forcément pour rien…

Les deux cousins (acteurs ?) rencontrent une dame présentée comme leur grand-mère à qui ils ne doivent pas rendre visite souvent pour lui annoncer une nouvelle qu’elle doit connaître depuis trois ans :

  










Ibrahim : Bonjour Grand-Mère, tu me reconnais ? Voici Ala, le fils de Naïm. Sa famille est morte, ils ont tous été tués pendant la guerre. Ala est le seul survivant. 
La grand-mère : Grâce à Dieu il a un fils [somme toute, elle est au courant. Piètres acteurs…]. Comment va ton fils ? (…) Comment tu as appelé ton fils ? 
Ala : Naïm.

La caméra montre ensuite, près de la maison d’Ala, « un portrait de son père, tué en 2014. »
Ce genre de banderole est-elle érigée pour n’importe qui ? Ou à la gloire des combattants ? On serait curieux de savoir qui était vraiment ce père.
On nous présente le petit Naïm et sa maman, intégralement voilée et qui « n’a pas voulu être filmée de face, car c’est considéré comme un manque de pudeur dans sa communauté. » Séquence compassion :

Je suis tout pour lui dans la vie. Je suis sa mère, sa sœur, sa femme, tout…
 Un invité pour le repas de l’iftar arrive avec des cacahuètes (notez le joli pull à capuche « Le Coq Sportif ». La mode française est en vogue !).

  
– Je vous jure, ça m’a couté 50 shekels. Mettez-le au four. 
– Pourquoi ?
- Pour le réchauffer !
– Et si je le mets pas au four ?
– C’est meilleur chaud ! A la première prière, tu le mets 5 minutes au four et puis voilà.
– Il faut de l’électricité pour ça ?
– Tu n’as pas de four ?
– J’ai pas d’électricité.
– Compris, au revoir !

Sûr que l’invité n’était pas au courant… Ni au jus… Avis aux metteurs en scène qui nous liraient : Gaza manque peut-être d’électricité mais recèle de fameux acteurs. On visite la cuisine, pour insister sur ce problème électrique imputable aux bisbilles entre Fatah et Hamas mais imputé à Israël :
Quand je vais à la cuisine, pour préparer l’Iftar, il n’y a plus beaucoup de lumière. Sans électricité il fait trop sombre, on ne voit rien. Tout ce qu’on a, c’est ces LED. Quand elles faiblissent, je suis obligée d’utiliser la lumière du téléphone portable.
Il fait sombre, c’est vrai, mais pas assez pour ne pas remarquer l’hébreu « Tiger » sur les plaques de cuisinière au gaz, d’un modèle proche de celui-ci vendu en Israël.
Le blocus israélien ne vise pas l’électroménager, et même dans les familles religieuses de Gaza, l’hébreu dans la maison ne gêne pas !
Ala n’en peut plus. Son portable est tout le temps à plat, il a « peur pour sa vie », et imagine qu’il n’y aura jamais de travail pour son fils. Et l’émission raconte comment, « durant la guerre de 2014, toute la famille d’Ala était réunie dans cette maison. »


Sur fond de ruine savamment mis en scène, Ala raconte qu’ils partageaient le repas de l’Aïd quand « le bombardement a commencé à 16h30. » Dans son récit, il précise que « les occupants (de la maison) étaient surtout des femmes : où étaient les hommes en ce soir de fête, et son fameux père ? Au combat peut-être ? Qui était cette famille ?

Dans la maison, on a remarqué d’autres portraits dont un à l’effigie du père disparu. On y voyait un logo qui ressemble à s’y méprendre à l’emblème génocidaire du Fatah, où le territoire d’Israël est pris en tenaille par des mains aux couleurs arabes brandissant des armes.

Grosse charge contre Israël avec une visite des cimetières qui « étaient pleins » après la guerre de 2014 :
142 familles ont perdu trois des leurs ou plus dans les bombardements. On n’avait pas vu d’assaut israélien aussi brutal depuis la guerre des Six-jours, qui s’était soldée par l’occupation militaire de Gaza, en 1967. La plupart des Gazaouis sont des réfugiés chassés des territoires sur lesquels on a créé Israël. La famille Balata ne fait pas exception.
Depuis 2005, il n’y a plus aucune présence israélienne dans Gaza. L’émission insinue donc trompeusement qu’il y aurait une occupation israélienne de ce territoire, perdurant depuis 1967. Cette année-là, Israël avait lancé une offensive en réaction à l’amassement de troupes arabe à ses frontières qui annonçaient clairement leur intention de détruire l’Etat hébreu. « L’occupation militaire » de Gaza n’était que le résultat des intentions belligérantes arabes.

Pas un seul mot non plus sur les causes de « l’assaut brutal » de 2014 – les projectiles létaux envoyés depuis Gaza sur les civils israéliens ainsi que le kidnapping et l’assassinat par le Hamas de trois adolescents israéliens – que le colonel britannique Richard Kemp qualifie très différemment : « Je dois souligner qu’aucune armée dans l’Histoire de la Guerre n’a pris de mesures aussi importantes que Tsahal pour minimiser les dommages aux civils dans une zone de combat. »

Si Arte avait proposé le fact-checking, nous aurions peut-être pu nous passer de le faire… Mais c’est réservé aux reportages s’intéressant de trop près à l’antisémitisme.

Si des metteurs en scène continuent à nous lire, voici un autre candidat pour monter sur les planches :
Alors que nous approchons du camp de Jabaliya, un homme vient nous demander de le faire sortir de Gaza :
  • Je veux partir, j’en ai assez… On en a plus qu’assez d’ici. Il n’y a rien
  • Pas d’argent tu veux dire ?
  • Non, ce n’est pas une question d’argent. Je travaille pour l’Autorité palestinienne. Je gagne près de 2000 shekels par mois.
  • Alors c’est quoi le problème ?
  • Il n’y a pas de parcs, pas de discothèques…
  • Et pas d’électricité…
  • Exactement. Je veux aller à Istanbul.
  • Pourquoi ?
  • A cause du blocus, on étouffe ici !
 Sommes-nous les seuls à douter du hasard de ce numéro de complainte ? Sûr que les discothèques ne sont pas fameuses, sous les régimes islamistes ! Mais est-ce à cause du blocus ?

Direction la plage pour un repas d’iftar.
 Israël a décidé de restreindre la fourniture d’électricité à quelques heures par jours seulement. Alors le peu d’essence qu’il reste servira à faire tourner les groupes électrogènes pour allumer les lumières du ramadan. Même si elles sont peu nombreuses.

Les tunnels que construit le Hamas pour attaquer Israël et faire passer la contrebande avec l’Egypte sont-ils mieux éclairés ? La caméra ne s’y est pas aventurée, préfèrent une énième fois faire porter le chapeau à Israël pour les coupures d’électricité.
Ala conclut :
Je veux que mon fils ait une meilleure vie que moi (…). Pour qu’il ait un avenir, il faut qu’il quitte Gaza. Avec l’aide de Dieu, si tout marche bien, nous irons vivre ailleurs. Peu m’importe le pays, pourvu qu’on y soit en sécurité. C’est tout ce que je demande. Si un avion de chasse arrivait maintenant, je ne saurais pas quoi faire, je ne saurais pas où aller. J’ai vraiment peur.
Message aux téléspectateurs français et allemands : le problème, c’est Israël et ses avions de chasse. Pas le Hamas islamiste (deux mots entièrement absents du film, ce qui montre à quel point on n’est pas dans une démarche d’information !), qui a pris le pouvoir par la force après le retrait unilatéral israélien en 2005 et dont la charte appelle toujours à l’éradication d’Israël.


Arte a produit et diffusé un tel film qui ne parle jamais de Juifs, mais dont tout le narratif sert à accuser l’Etat juif pour les malheurs d’un peuple dont les choix politiques radicaux et farouchement hostiles aux Juifs ne sont pas évoqués une seule fois.  

Dans le combat contre l’antisémitisme, il semble que la chaine européenne ait choisi son camp.

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