6 août 2017

France 24, 8mn sur le Hamas. Comme le temps a paru long, par Oudy Bloch

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » écrivait Francis Bacon (le philosophe, pas le peintre). A défaut de connaître sa géopolitique, Bertrand Heilbronn, Président de l’Association France Palestine Solidarité, connaît cette maxime.

Zut, où a bien pu passer mon détonateur ?

Invité le 27 juillet dernier par France 24 pour commenter le maintien, par la CJUE, du Hamas sur la liste des organisations terroristes, Bertrand Heilbronn s’est livré à un exercice de propagande pro-Hamas ponctué de contre-vérités historiques et de fadaises. Pendant 8 minutes, comme le temps a paru long.

Morceaux choisis.

 

Heilbronn dénonce l’hypocrisie consistant à maintenir le Hamas sur la liste des organisations terroristes alors que l’UE a supervisé les élections législatives de 2006 remportées par le mouvement islamiste. Deux phénomènes semblent avoir échappé à la sagacité de l’intéressé.

D’une part, l’UE n’en est pas à une incohérence près. Notamment en finançant à coups de centaines de millions d’euros par an l’Autorité Palestinienne qui en confisque une partie pour la corruption endémique de ses dirigeants, en utilise une autre pour payer à vie les terroristes et leurs familles et laisse la partie congrue pour les besoins quotidiens des palestiniens. 


D’autre part, le NSDAP a remporté les élections législatives allemandes en 1933. On connaît la suite. Et s’ils le pouvaient, les antisémites du Hamas feraient, à n’en point douter, la même chose que leurs prédécesseurs teutons.

Gaza Occupée ?

 

Autre morceau de bravoure, M. Heilbronn réfute la qualification de terroriste pour le Hamas au motif que « Toutes les puissances occupantes vont considérer comme terroristes les mouvements qui s’opposent à eux ». Faut-il rappeler, manifestement oui, que depuis 2006 et à l’initiative d’Ariel Sharon, Gaza est « Judenrein » et entièrement contrôlée par le Hamas. On se demande bien dès lors à quelle occupation, M. Heilbronn fait référence. Mais à force de le répéter, cela finira bien par convaincre ceux qui veulent y croire.

Et comme si cela ne suffisait pas, le Président de l’AFPS explique que si tout le monde est révulsé par « les attentats terroristes que la France a subi en novembre 2015 », cela n’a, bien sûr, rien à voir avec ce qu’il se passe en Israël. On aura compris de ces propos indignes que les attaques au couteau, à la voiture-bélier ou à l’arme automatique contre des civils israéliens ne sont pas vraiment des attaques terroristes, les victimes étant probablement coupables d’être israéliennes…

A la remarque du journaliste sur le caractère antisémite de la charte du Hamas, M. Heilbronn répond, sans rougir de honte, qu’il ne voit pas le rapport avec l’antisémitisme. Le fou rire dispute à la consternation. D’autres ne voient pas le rapport entre l’antisémitisme et l’assassinat de Sarah Halimi. C’est une question de point de vue.

La paix dans la destruction d’Israël ?

 

Heilbronn finira son interview par un lieu commun d’une niaiserie confondante. Il déclarera que « vouloir la paix, ce n’est pas exclure l’autre ». Il oubliera à cet effet que le Hamas n’envisage la paix que par la destruction d’Israël et de sa population, ce qu’il confirme entre autres dans sa charte « les Juifs se cacheront derrière des rochers et des arbres, et les rochers et les arbres crieront : ‘O musulman, il y a un Juif se cachant derrière moi, viens le tuer’ ».

Si rien n’étonne dans cette prestation navrante de l’AFPS, on regrettera que France 24, chaine du service public, n’ait pas respecté la neutralité qui devrait présider aux choix de ses invités en optant pour un débat contradictoire. C’est pourtant ce qui ressort de sa charte : l’impartialité et le sens du débat, de la confrontation et de la contradiction.

Et porter la contradiction aurait en effet été d’utilité publique. Ne serait-ce que pour rappeler que le Hamas n’est pas une simple organisation indépendantiste. C’est un mouvement islamiste, antisémite, homophobe et sexiste qui a pris le contrôle militaire de Gaza suite aux élections palestiniennes de 2006. Éliminant physiquement ses opposants, oppressant sa population. Ses moyens d’action sont terroristes et l’objectif est la destruction d’Israël localement et l’instauration de la Charia globalement. Son retrait de la liste des organisations terroristes serait un aveu de faiblesse. Pire, ce serait une lâcheté et une incitation à commettre des attentats.

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