3 août 2017

La "quenelle" considérée comme discriminante selon le Tribunal fédéral suisse, par Michael Peuker

[NDLR : le coq français, fièrement juché sur son tas de fumier, se plaît souvent à considérer ses voisins francophones -- sans même parler des autres nations -- comme des demeurés. Parmi les préjugés prétendument hilarants, les Suisses seraient des traînards engourdis.  
En l'occurrence, nos voisins transalpins ont pris une large avance.]

Magnifiques raclures en pleine action
Le Tribunal fédéral confirme la condamnation pour discrimination raciale de l'auteur d'une " quenelle " devant la synagogue de Genève. La Haute cour confirme ainsi une décision de la justice genevoise. 
 
L'homme avait posé avec deux comparses devant l'édifice religieux en effectuant le mouvement popularisé par <s>l'humoriste</s> la raclure française Dieudonné. En première instance, la Cour de justice de Genève avait conclu à un message rabaissant et discriminatoire.

"Connotation antisémite évidente"

Ce geste ambigu avec le bras symbolise, pour certains, un salut nazi inversé. Mais dans cette affaire, les juges retiennent surtout la mise en scène: trois hommes en rang serré, dont un en tenue d'assaut de l'armée suisse, faisant une " quenelle " face à une synagogue, le visage partiellement couvert. Pour la Haute cour, la connotation antisémite ne fait aucun doute.

C'est la première fois que le Tribunal fédéral se prononce sur ce geste controversé et la décision fera par conséquent jurisprudence.

Fin d'un ping-pong judiciaire

Condamnés en première instance en 2015 à une peine pécuniaire avec sursis, deux des protagonistes avaient accepté l'ordonnance pénale du Ministère public de Genève. Le troisième individu, lui, avait fait opposition avant d'être acquitté du chef de discrimination raciale. Saisie en 2016, la Cour de justice du canton avait alors confirmé la condamnation de première instance. C'est à ce ping-pong judiciaire auquel a mis fin le Tribunal fédéral.


[NDLR : et pour ceux qui n'aurait toujours pas compris : 

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