3 août 2017

Les thèmes cycliques des émeutes du Mont du Temple, par Manfred Gerstenfeld

Le 14 juillet, deux policiers israéliens ont été assassinés à Jérusalem[1]. Ils étaient membres de la communauté druze, une minorité ethno-religieuse. Les trois meurtriers musulmans venaient de la ville d’Umm al-Fahm dans le nord d’Israël.

Un modèle parfait pour reconduire un tel schéma : commettre un crime contre Israël en lien avec Al Aqsa, puis, si Israël réagit en renforçant ses mesures de sécurité, annoncer ensuite qu’Al Aqsa est en danger. Cela permet d’inciter facilement à l’émeute.

Ils avaient dissimulé leurs armes sur le Mont du Temple, où se tient la mosquée Al Aqsa, qui est dirigée par le Waqf, une institution religieuse musulmane.  Les trois meurtriers ont été tués par la police israélienne. La veille, un des meurtriers  a publié un selfie où il se tient devant la mosquée Al- Aqsa avec une légende d’accompagnement : “ Le sourire demain sera plus beau, si Allah le veut! [2] ”.

Israël a réagi aux meurtres en augmentant ses mesures de sécurité. On a installé des détecteurs de métaux. L’alternative aurait été d’attendre passivement que les prochains terroristes viennent commettre des meurtres grâce à la formule déjà démontrée qui consiste à amener des armes et à les cacher sur des lieux de culte.

L’installation de détecteurs de métaux a conduit les prédicateurs palestiniens à réagir en organisant la prière publiquement à l’extérieur des mosquées le vendredi 21 avril au matin[3]. Des émeutes s’en sont suivies, lors desquelles trois Palestiniens ont été tués et un certain nombre d’autres ont été blessées. Le 21 juillet, un terroriste palestinien a tué un père juif de 70 ans, grièvement blesse sa femme et il a aussi réussi à tuer deux de ses enfants adultes dans le village d’Halamish au cours de leur repas de Shabbat[4].

On estime que la famille de ce terroriste va recevoir plus de 3.000$ américains par mois de la part de l’Autorité Palestinienne pour les dizaines d’années à venir. Ces salaires de la terreur sont cofinancés par les pays occidentaux[5].

Dans le même temps, les détecteurs de métaux ont été enlevés. A cause des émeutes, Israël a plutôt opté pour l’installation d’outils plus coûteux et technologiquement avancés afin de détecter les armes sur le point d’entrer sur le lieu saint, à l’avenir[6]. Malgré le retrait des détecteurs de métaux, les émeutes palestiniennes se sont poursuivies dans Jérusalem[7].  

Il est plus important d’évaluer les réactions de plusieurs acteurs majeurs et de reconnaître le recyclage des mêmes thèmes concernant ces événements, que de se livrer à l’analyse de ces incidents spécifiques récents.

En 2001, le Ministre palestinien des communications, Imad Faloudji, a reconnu que l’Intifada avait été planifiée bien avant par l’Autorité Palestinienne. Tout ce dont elle avait besoin, c’était d’une fenêtre d’opportunité pour qu’elle puisse démarrer[8].

Depuis lors, la stature de l’Autorité Palestinienne et de Mahmoud Abbad dans le monde occidental s’est encore accrue. En 2016, un très grand nombre de membres du Parlement Européen lui ont offert une ovation debout, après un discours qu’il y a prononcé. Et cela en dépit du fait qu’Abbas venait de proférer des accusations profondément antisémites à l’encontre d’Israël, à propos d’un soit-disant rabbin qui aurait appelé les Juifs à empoisonner l’eau des Palestiniens[9]. Deux jours plus tard, Abbas a dû admettre que son accusation était mensongère. Les Palestiniens avaient inventé ce rabbin fictif[10].

Parmi les Palestiniens, Abbas est perçu comme très faible, Son mouvement du Fatah soutient les émeutes, en partie parce qu’il craint de perdre encore plus d’influence s’il ne le fait pas[11]. D’un autre côté, si les émeutes se poursuivent, Abbas risque d’en perdre le contrôle. Il a mis un terme provisoire à la coopération sécuritaire avec Israël[12]. Savoir si c’est effectivement le cas ou purement déclaratif reste à vérifier. Sans l’aide des services de sécurité israéliens, il devient plus facile pour les sympathisants du Hamas de l’assassiner.

Un autre modèle de comportement qui revient, c’est l’abus des lieux saints ou protégés. Au cours des campagnes militaires israéliennes contre le Hamas,  le mouvement terroriste dissimule souvent des armes dans les mosquées, les universités ou les écoles[13]. Ces tactiques de dissimulation incluent les écoles de l’UNRWA,l’Agence de l’ONU[14]. En outre, en 2009, une partie des cercles dirigeants du Hamas se terrait sous le Département de médecine infantile de l’hôpital Shifa à Gaza, parce qu’ils savaient qu’Israël ne les prendrait pas pour cible à cet endroit[15]. Le Hamas utilise aussi les civils en tant que boucliers humains[16].

Un autre modèle récurrent concerne le comportement des dirigeants et gouvernements étrangers. Nombreux sont ceux qui excusent et ferment les yeux sur le terrorisme, l’incitation et la violence palestinienne. D’autres sentent la nécessité de procéder à des condamnations ou à des recommandations en de telles circonstances.

Deux exemples : le Président turc Recep Tayyip Erdoğan est un chaud partisan de l’organisation terroriste Hamas. Dès que la moindre occasion se présente, Erdoğan condamne automatiquement Israël. Cette fois, il a déclaré  :” En occupant la Mosquée Al Aqsa, Israël a dépassé les bornes[17] ”. La France a diffusé une déclaration complètement anodine, essentiellement pour créer l’illusion qu’elle reste encore un acteur international important, alors qu’elle est en proie à des problèmes intérieurs cruciaux[18].  

Un autre modèle réitératif concerne le comportement des médias internationaux, qui déforment les faits ou événements réels. L’organisation Media Watch, HonestReporting Canada [NDLR : InfoEquitable en France ainsi que plusieurs sites], ont établi une liste détaillée de nombreuses déformations de ce genre dans les médias canadiens au cours des premiers jours d’émeutes[19].

Tout ce que mentionné ci-dessus confirme l’opinion de nombreux Israéliens qu’un accord de paix à l’avenir est totalement inutile. Le cercle dirigeant palestinien peut effectivement signer un jour un tel accord. Il pourrait alors rester tranquille un certain temps. Puis se présenterait une nouvelle occasion manipulée par les Palestiniens pour lancer d’autres émeutes, violences et meurtres.

Les émeutes du Mont du Temple ont créé un modèle parfait pour reconduire un tel schéma : commettre un crime contre Israël en lien avec Al Aqsa, puis, si Israël réagit en renforçant ses mesures de sécurité, annoncer ensuite qu’Al Aqsa est en danger. Cela permet d’inciter facilement à l’émeute. Israël, cependant, ne peut pas défaire les concessions que l’Etat Juif a déjà faites pour la “ paix ”. Elles peuvent probablement comprendre le retrait d’implantations isolées de la Rive Ouest du Jourdain et un échange de terres contre la préservation des implantations les plus importantes. C’est pourquoi les émeutes du Mont du Temple ont renforcé les sentiments israéliens qu’un accord de paix n’est pas une option crédible. 

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