16 sept. 2017

Autant en emporte la censure, par Basile de Koch

On croyait que les atteintes aux libertés publiques dans le Sud profond des États-Unis n’étaient plus qu’un lointain souvenir. La ségrégation dans les bus et dans les écoles, les restaurants « whites only » ou les restrictions au droit de vote pour les «  », tout ça avait disparu avec Kennedy et Johnson, et personne ne le regrettera. Mais ne voilà-t-il pas que l’obsession normative recommence à faire des dégâts dans les anciens États confédérés ? 

Pour la gauche américaine, le cinéma c’est tout noir ou tout blanc.
À la suite des événements de Charlottesville, la gauche progressiste américaine a sombré dans l’hystérie mémorielle collective. Les déboulonnages de statues d’esclavagistes réels ou supposés se sont multipliés, tout comme les appels au boycott des commerçants affichant le drapeau sudiste en devanture (il va y avoir du boulot, ils sont quelques centaines de milliers dans ce cas).

La dernière anecdote en date nous est contée par le site internet de Radio-Canada : un cinéma de Memphis a annulé la projection d’Autant en emporte le vent. Depuis trente-quatre ans, ce film était pourtant diffusé chaque été lors du Festival culturel de la ville sans susciter le moindre débat. Mais cette année, le directeur du cinéma a fait savoir qu’il ne pouvait pas « diffuser un film insensible à une grande partie de la population locale ».

À quand des grandes soirées expiatoires où, au nom de la lutte pour la liberté et l’égalité, on brûlera toutes les copies des œuvres mal-pensantes ?



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