15 sept. 2017

« Dessins assassins » : une exposition exceptionnelle à découvrir au Mémorial de Caen

[NDLR : En 2011, le Mémorial de Caen s'était illustré en remettant son 1er prix à Me Mahmoud Arqan, avocat de 'Hévron, pour sa plaidoirie intitulée « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère », une variante de blood libel (allégation diffamatoire et infondée visant les Juifs accusés d’avoir tué un enfant non-Juif).
C’est donc au Mémorial de Caen que, en la personne de Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade, l’ambassade d’Israël avait décidé de répondre à la plaidoirie « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » en arabe – et traduite en français - diffamant l’Etat juif et récompensée par ce Prix d’une valeur de 8'000 €.
« Ici-même, il y a exactement 15 jours, à l’occasion de concours des avocats, le Prix du Mémorial et de la ville de Caen a récompensé une plaidoirie intitulée : « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » qui accuse des soldats israéliens d’avoir exécuté – exécuté un enfant dans le ventre de sa mère palestinienne.

Et je voudrais dire ici une chose grave, que je vais dire en tant que citoyen d’un pays démocratique s’adressant à des citoyens de la patrie des droits de l’homme : La liberté d’expression n’est pas la liberté de diffamation ! 

Chaque année 180 000 Palestiniens sont soignés dans les hôpitaux de mon pays. L’an dernier, Israël a même pris en charge l’hospitalisation de la fille du ministre de l’Intérieur du Hamas, organisation qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël.

Je vous parlais de mémoire. N’oublions pas que tout le Moyen-âge a persécuté les Juifs à partir d’accusations aussi obscurantistes.

N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? Avons-nous oublié les Justes ? » ]

Plus que trois mois pour découvrir l’incroyable exposition proposée par le Mémorial de Caen sur le dessin antisémite depuis le 20 mars dernier.


De 1886, date de la publication par Edouard Drumont de La France juive – un best-seller de l’antisémitisme aujourd’hui réédité par la maison d’édition d’Alain Soral – à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s’agit de faire comprendre autour de quel imaginaire raciste et, le plus souvent, complotiste, s’est structurée la haine des Juifs en Europe. Et comment le consentement au meurtre de masse fut préparé dans les esprits.

Carte postale
de Karel Relink
(Tchécoslovaquie) – 1924
Collection A. Langerman
Riche de plus de 120 documents issus de la collection privée d’Arthur Langerman, l’exposition « 1886-1945, Dessins assassins ou la corrosion antisémite en Europe » donne à voir des affiches, des cartes postales, des livres, des tracts, des journaux illustrant l’entreprise de déshumanisation des Juifs par le stéréotype : déicide, errant, accapareur, conspirateur ou tout à la fois.

Né en 1942, Arthur Langerman a deux ans quand ses parents, des juifs d’Anvers, sont déportés à Auschwitz. Ce n’est qu’à l’âge adulte que ce diamantaire installé à Bruxelles commencera à amasser l’une des plus grandes collections de documents et d’objets antisémites du monde (plus de 7'000 pièces).

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