27 sept. 2017

M. Mélenchon tire les vieilles ficelles de l'antinazisme d'opérette, par G.W. Goldnadel

Sans se faire une idée irénique de la chose politique et des hommes qui la font. Sans s'illusionner sur le sérieux du monde et la rationalité de ses habitants. Conscient de ce que le système médiatique électronique a rendu acteurs et spectateurs encore plus névrotiques, la semaine passée aura néanmoins réussi à surprendre mon esprit habitué.
Notre président juvénile et moderne semble avoir épousé l'addiction de l'époque pour le superlatif. Après avoir organisé «le pont aérien le plus important du monde depuis la deuxième guerre mondiale» pour sauver Saint-Martin, le voilà qui annonce devant deux ministres tant compassés qu'ils passeraient pour constipés que « jamais une réforme d'une telle ampleur n'a été faite depuis le début du Ve République ».

Le nazisme et le fascisme sont morts. Les seules qui peuvent les ressusciter sont tous ces antifas à barre de fer, ces faux antifascistes déchainés, et tous ces antinazis ludiques qui courent rageusement les rues en hurlant résistance !

Mais la chance qui, décidément, ne quitte pas M. Macron est d'avoir comme opposant un Jean-Luc Mélenchon .

Face à lui et ses amis, le superlatif devient un euphémisme et l'actuel président un modèle d'humilité. La France, en effet, peut prétendre sans vantardise encore disposer de l'extrême gauche politique, syndicale et médiatique la plus rétrograde et obscurantiste d'Europe. Chaque groupe protégeant les deux autres. La semaine écoulée en apporte quelques échantillons choisis. 

D'abord, le procès des Antifas à Paris. Illustration de l'imposture de la posture antifasciste de militants radicalisés à l'extrême qui cognent policiers et policières à coups de barres de fer et mettent le feu joyeusement à leur véhicule. Par facilité, je serais tenté une nouvelle fois d'écrire que ces gouapes antifascistes autoproclamées ne sont, dans la réalité de l'action , que des fascistes et même des nazillons. Rien de tel pour frapper les esprits, et inspirer l'indignation que cette référence obligée à l'horreur parfaite. Mais je dirais pourquoi plus loin, je m'y refuse enfin.

Illustration ensuite de la sotte complaisance d'une partie de la presse demeurée dans la fascination de la violence encolérée quand colorée en rouge et noir, par la publication d'un article de Libération.

Enfin et surtout, par cette dernière sortie mélancholique lors de cette manifestation de samedi, plus proche de la Bastille que de la République, et qui voudrait faire croire que c'est la rue qui aurait abattu, non seulement l'abominable plan Juppé, mais aussi les nazis… 

Avant que de commenter cette histoire à dormir la nuit debout, encore un mot pour dire qui parle, pour parler comme les marxistes. D'une certaine manière, et au plan historique, M. Mélenchon est un authentique communiste. Dans la plus stricte orthodoxie de la nomenclature soviétique.
On apprend en effet que, lorsqu'il prend l'avion, celui-ci déteste voyager en classe économique « où l'on est serré comme dans une boîte à sardines ». (France tv info. Le Point) C'est sous cette observation piscicole, qu'alors que ses camarades voyagent dans cette boîte à l'arrière, leur dirigeant, demeure, fort logiquement, à l'avant. On peut bien maudire le monde des affaires au nom de la lutte des classes tout en bénissant sans médire la bonne classe affaire.

Mais retour dans cette rue qui chassa les nazis. M. Castaner a eu évidemment beau jeu de faire un vilain sort à cette insanité mêlant dans une même réprobation le coup d'état social de M. Macron, le défunt plan Juppé et le nazisme infâme. Mais je ne suis pas sûr que l'ancien socialiste qu'il est soit le mieux placé pour reprocher à M. Mélenchon les ineptes mais combien ordinaires amalgame et banalisation.

Le front antifasciste aura constitué en effet la martingale la plus classiquement efficace des inventeurs de SOS-Racisme et je ne vois pas grande différence dans le mauvais goût à mêler le plan Juppé et le nazisme que de mélanger le Front National avec les SS.

L'apport nouveau de M. Mélenchon à l'hystérie historique aura été plutôt de prétendre qu'il faudrait remercier la rue de nous avoir débarrassé du nazisme. Sans doute M. Mélenchon considère que les généraux Montgomery, Eisenhower et Leclerc étaient des manifestants Antifas. En réalité, il ne s'agit pas seulement d'un mensonge historique mais encore d'un total contresens.

Ce n'est pas la rue qui a chassé Hitler. C'est cette rue, vénérée par Mélenchon, ce sont ces foules hystériques, haineuses, enivrées par le pouvoir du nombre, enhardies par les slogans simplistes et démagogiques qui, bien au rebours, ont conduit le tribun simpliste autant qu'illuminé vers le pouvoir suprême.

Dans le fauteuil confortable de l'avion qui cinglait vers Caracas ou vers la Havane, M. Mélenchon aurait dû profiter de son temps de loisirs pour relire la Psychologie des foules de Le Bon ou celle de Freud. Il aurait été édifié sur la dangerosité et la puérilité des masses lorsqu'elles sont menées par des guides égarés.

Et voilà où je veux en venir. M. Mélenchon tire les vieilles ficelles de l'antinazisme d'opérette. Il n'est pas le seul, c'est l'idéologie qui abêtit le monde occidental depuis 50 ans. Il n'aura fait que la pervertir un peu plus, hier en expliquant que les musulmans étaient les nouveaux Juifs souffrants, aujourd'hui en sanctifiant mensongèrement la rue.

Arrêtons enfin de comparer avec l'incomparable. Le nazisme et le fascisme sont morts. Les seules qui peuvent les ressusciter sont tous ces antifas à barre de fer, ces faux antifascistes déchainés, et tous ces antinazis ludiques qui courent rageusement les rues en hurlant résistance !

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