3 sept. 2017

Personne n’en parle : des chirurgiens israéliens sauvent les mains d’un Gazaoui, par InfoEquitable

Une équipe de médecins a sauvé un patient atteint du syndrome de Lutz-Lewandowsky, une maladie rare qui lui avait gâché la vie pendant 10 ans en recouvrant ses mains d’excroissances. Les médecins étaient israéliens, le patient gazaoui, mais après tout cette belle histoire aurait pu se dérouler n’importe où et s’apparente à un fait divers. Les médecins n’ont fait que leur devoir…

Oui mais voilà : ce genre de « guérison miraculeuse » intéresse normalement la presse. Lorsqu’une petite fille du Bengladesh née avec trois jambes a été sauvée par des chirurgiens à Melbourne, l’Agence France-Presse avait interviewé le chef de la chirurgie pédiatrique de l’hôpital australien. Ouest-France, Le Parisien ou 20 minutes avaient repris la nouvelle.



Or, l’histoire de Mohammed Taluli, le patient gazaoui soigné à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, ne sort aujourd’hui en français que dans la presse spécialisée : juive ou israélienne, ou médicale. En Grande-Bretagne, le Daily Mail, The Independent et The Sun ont traité le sujet. On retrouve également l’information dans les médias d’autres pays, l’Autriche ou le Brésil par exemple.




Et en France ?

Périodiquement, des reportages font état de la difficile situation des malades de Gaza.
Ils insistent souvent sur la difficulté à obtenir des permis pour se faire soigner dans les pays voisins. L’équité voudrait que lorsqu’un nouvelle montre que la coopération régionale fonctionne, comme dans le cas présent où le malade a pu sortir de Gaza grâce à une coordination entre l’Autorité palestinienne et Israël, l’information soit diffusée. Le cas n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel sur ce plan, puisque, selon le COGAT chargé de cette coordination du côté israélien, plusieurs centaines de Palestiniens entrent en Israël chaque jour pour se faire soigner.

Mais pour l’heure, aucun média grand public français ne parle de cette nouvelle.

Est-ce que cela tient au fait que cette rarissime opération n’est pas une véritable première, puisque d’autres équipes médicales l’ont réussie ailleurs dans le monde ? Peut-être, mais dans ce cas la presse étrangère n’aurait pas dû s’y intéresser non plus. On peut penser que cette histoire de « bon voisinage » dans une région tourmentée, s’ajoutant à un épilogue médical heureux, devrait émouvoir les lecteurs français autant que ceux des autres pays.

Il faut dire cependant que l’un des « héros » de l’histoire, le chirurgien Michael Chernofsky, est un résident de la ville d’Efrat, dans le Gush Etzion. Cette région, proche de Jérusalem où le médecin travaille à l’hôpital Hadassah, fait partie de la Judée, généralement nommée Cisjordanie dans les médias. Le chirurgien est donc, selon leur terminologie habituelle, un « colon » -- quelqu’un qui opprime les Palestiniens et dont il n’est donc pas permis de parler en bien.

A tel point que lorsqu’un terroriste palestinien tente d’attaquer un Juif habitant cette région et que celui-ci se défend, il est fréquent de voir des titres faisant de la victime un « colon israélien meurtrier ».



Alors vous imaginez le titre qu’il faudrait écrire pour décrire les faits en respectant cette vision manichéenne de la « colonisation-occupation » ? 

Jérusalem : Un chirurgien colon juif rend l’usage de ses mains à un Palestinien de Gaza


Cette belle histoire ne cadrait pas avec la perception des Israéliens que la presse souhaite donner au public. Elle a donc préféré prendre le parti de ne pas en parler. Pourtant, tout autant que les drames et les conflits qui attirent quotidiennement l’attention des journalistes, la coopération entre les deux peuples fait partie de la réalité de la région.

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