29 sept. 2017

Poutine reçoit Arouri, l’assassin de 3 adolescents juifs, par Marc Brzustowski

Le Ministre israélien de la protecion de l’environnement, Zeev Elkin a rencontré le Ministre russe des Affaires Etrangères, Sergey Lavrov à Moscou et a protesté contre la réception du planificateur opérationnel terroriste Saleh al-Arouri, de la branche « militaire » du Hamas, en tant que coreprésentant d’une délégation du Hamas à Moscou.

Israël et la Russie sont en complet désaccord depuis des décennies concernant les relations de la Russie avec le groupe terroriste Hamas, mais que ce cas précis dépasse largement toutes les bornes admises : il représente, a priori un accroc diplomatique et un incident extrêmement grave entre les deux pays.

La délégation du Hamas s’est rendue à Moscou, la semaine dernière et a été reçue le 19 septembre. Elle était dirigée par un membre dominant au sein de l’échelon politique du groupe terroriste, Moussa Mohamed Abu Marzouk. La délégation comprenait également Husam Badran (porte-parole du Hamas sur le plan international et fréquemment caché au Liban) et le planificateur d’assassinats d’enfants juifs, Saleh al-Arouri (réputé : « Ministre des affaires étrangères » du Hamas, selon les médias russes complaisants envers le terrorisme antijuif).

Saleh al-Arouri est traité, dans les médias russes, comme un « dirigeant prédominant » du Hamas et l’un des commandants fondateurs des Brigades Izz ad-Din al Qassam, « l’armée » du Hamas » (sic).

Elkin a commenté le fait que la visite d’al-Arouri à Moscou a été le sujet central de sa rencontre avec Lavrov. Il a rappelé au Ministre russe des affaires étrangères qu’Israël et la Russie sont en complet désaccord depuis des décennies concernant les relations de la Russie avec le groupe terroriste Hamas, mais que ce cas précis dépasse largement toutes les bornes admises : il représente, a priori un accroc diplomatique et un incident extrêmement grave entre les deux pays.

Selon Elkin, Lavrov a feint d’être « surpris » par les faits que lui a rapporté son hôte et il a cru bon d’insister, en prétendant qu’il n’aurait pas été « au courant » de l’incident, quand bien même c’est son propre adjoint qui a reçu les terroristes dans ses locaux. Il s’est ensuite tourné vers certains de ses conseillers, présents lors de ces rencontres avec les chefs terroristes et leur a demandé comment se faisait-il qu’Arouri ait pu recevoir un visa de la part de l’ambassade russe à Beyrouth pour entrer sans encombre en territoire de [Sainte] Russie, [pure comme une oie blanche].

Après que ses conseillers et subalternes lui aient confirmé que Saleh al Arouri faisait bien partie d’une délégation du plus haut rang du Hamas à Moscou, Lavrov a ordonné à ses conseillers de « mener l’enquête » afin que le cas ne se reproduise pas, et jurant, mais un peu tard qu’on ne l’y reprendrait plus [sic Jean de la Fontaine des illusions perdues]. Elkin insiste pour dire que Lavrov a nié avec la plus grande fermeté les reportages stipulant que le Hamas aurait ouvert une mission permanente à Moscou. Mais quelle différence, s’il vient y tenir ses « réunions de travail » ?

Le bureau du Ministère russe des Affaires étrangères chargé des relations avec la presse a publié des informations sur cette rencontre au sommet  entre le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov et une délégation des principaux dirigeants du Hamas à l’étranger, à commencer par son « Ministre des Affaires étrangères » (sic), le tueur en série Arouri, surtout chargé d’organiser les cellules du Hamas en Judée-Samarie (à l’ouest du Jourdain). Mais à traiter un groupe internationalement reconnu comme terroriste, avec (presque : le n°2) toute la déférence due à l’échelon supérieur de véritables « autorités » représentatives d’un « Etat », Moscou se fourvoie dans les pires travers de l’ancienne URSS, lorsqu’elle faisait commanditer les groupes terroristes internationaux par Markus Wolf, maître-espion de la Stasi (source) :

Le 19 septembre, le Représentant Spécial du Kremlin pour le Moyen-Orient et l’Afrique, qui est aussi le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a rencontré dans ses bureaux une délégation du Hamas conduite par le bras droit de Haniyeh, Mousa Mohamed Abu Marzouk, en visite « de travail ».

Au cours de cette rencontre [selon la presse proche du Ministère], les deux parties ont échangé leurs points de vue, de façon très large, sur les problèmes actuels du Moyen-Orient [le terrorisme n’en constituant pas un pour le Kremlin, sauf quand les terroristes gênent ses alliés stratégiques ou/ et ses propres intérêts d’expansion], en insistant sur la situation dans les territoires palestiniens, dont la Bande de Gaza. La délégation du Hamas a présenté son approche « principale » comme étant en faveur de l’effort pour surmonter les dissensions profondes et la guerre intestine Hamas-Fatah, « dès que possible ».

Le groupe terroriste et l’un des principaux alliés de l’Iran dans la région, derrière le Hezbollah et le djihad islamique, et voudrait pour preuve de sa bonne foi, la déclaration approuvée par le mouvement Hamas, à la suite des pourparlers avec les représentants des autorités égyptiennes au Caire, le 17 septembre, qui annonçait la dissolution  du soit-disant Comité Administratif (de Gaza), et appelait à un gouvernement d’unité nationale qui étendrait ses prérogatives et son influence sur la Bande de Gaza, en donnant son accord pour lancer un processus d’élections générales palestiniennes et renouer le dialogue avec le Fatah. L’Egypte et les Emirats Arabes Unis escomptent que ce soit leur poulain, Mohammed Dahlan qui dispose de la carrure nécessaire et suffisante pour supplanter ses adversaires, tant au Fatah pro-Abbas qu’au Hamas. D’où l’appel de Dahlan de faire alliance avec le symbole terroriste traité comme Mandela par la presse internationale, le planificateur d’attentats Marwan Barghouti. L’instrumentalisation de Barghouti permet à Dahlan de s’affirmer comme plus que jamais fidèle à la cause originelle. A lui ensuite de renvoyer le symbole au fond des geôles israéliennes et de l’oubli international, après quelques campagnes publicitaires avec le chef des Tanzim en vedette de spectacle.

La partie russe a insisté pour dire que Moscou a accepté la déclaration du Hamas avec satisfaction et comme une étape dans la bonne direction, dans le cadre du nouveau programme politique, faussement « modéré » [les efforts de modulation d’une charte fondatrice toujours égale à elle-même, à quelques coups de gommes près], annoncé dès le 1er Mai de cette année, en intégrant l’objectif de la création d’un Etat Palestinien dans les « frontières de 1967 » [qui n’ont jamais été des « frontières » mais des lignes de front à la cessation des hostilités] pour réaliser l’unité nationale palestinienne.

La Russie a constamment soutenu la consolidation des rangs palestiniens, sur le programme politique de l’Organisation de « Libération » Palestinienne et de l’Initiative de Paix Arabe, comme précondition nécessaire à la réalisation  des « aspirations légitimes palestiniennes », afin d’établir un Etat Indépendant « conforme » aux principes des lois internationales [avec le Hamas comme principe directeur !]. « Nous les Russes, avons la ferme intention d’aider les Palestiniens à réaliser tous leurs objectifs, à commencer par la résolution des difficultés socio-économiques [générées uniquement par le leadership du Hamas depuis dix ans et ses déclarations de guerre à répétition] engendrées dans la Bande de Gaza » (sic).

Il faut se rappeler des exigences du pouvoir russe de 1991, au moment de la Guerre du Golfe et de la fin annoncée de la 1ère Intifada : Moscou promettait au pouvoir américain du premier Bush, de ne pas s’opposer à l’intervention de la coalition dans la 1ère guerre d’Irak et d’échanger le sort à venir de Saddam Hussein, contre l’engagement d’un « processus de paix » entre Israéliens et Palestiniens. Ce plan de paix permettrait de rogner une partie du territoire d’Israël, d’affaiblir Jérusalem, en escomptant, pour les Palestiniens, mettre un jour un terme à l’existence de l’Etat Juif.

Ce plan par étapes s’est mis en place dès cette année-là, lors de la Conférence de Madrid, les élections israéliennes permettant d’éliminer Itzhak Shamir comme « gêneur » s’opposant aux exigences américano-russes et de sortir le joker Itzhak Rabin de la manche, considéré comme plus conciliant. Il s’agissait de construire ce leurre de « l’échange des territoires contre la paix », tout en restant peu regardant envers le terrorisme comme arme servant à faire avancer sa cause. Les Américains, alors grands gagnants de la fin de la « guerre froide » et bénéficiaires de la chute du Mur de Berlin pouvaient apparaître comme des parrains bienveillants envers Israël, donc garants que ce processus puisse rester relativement « indolore », malgré les concessions.
L’histoire des rapports de force au Moyen-Orient semble s’inverser, avec une Russie maîtresse du jeu et de l’échiquier…

Poutine, le « grand ami d’Israël », hormis ses accointances culturelles et amitiés d’adolescent, n’a d’alliés stratégiques que parmi ceux qui continuent d’espérer en ce Sésame comme Credo de la « lutte finale » : la destruction d’Israël. Drôle de renversement idéologique, après le lendemain chantants du postcommunisme eurasianiste…

Le Yom Kippour qui s’annonce ne stipule en aucun cas qu’on doive pardonner à ses ennemis d’hier, pour autant qu’ils ne fassent aucun retour sur leurs erreurs passées : « …persevare Diabolicum ».

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