1 oct. 2017

Qui, en Europe, se souvient du 5 septembre 1972 ? par Guy Millière

J’ai cherché dans la presse française une mention des tristes anniversaires qui ont marqué ces derniers jours. Le 11 septembre 2001 a été très brièvement évoqué. C’est logique. Seize années se sont écoulées depuis, et le terrorisme islamique n’a pas cessé d’assassiner. Si, aux Etats-Unis, un président qui ose dire les mots “ terrorisme islamique ” est au pouvoir, il a eu un prédécesseur indigne, qui n’a cessé d’exonérer l’islam lors de chaque attaque menée par des islamistes. En Europe, chacune de leurs agressions est suivie par des propos rappelant que les islamistes sont des marginaux qui n’ont rien à voir avec une grande religion de paix, d’amour et de fraternité. Souvent, suivant une attitude servile d’apaisement, les mots “ islamistes ” ou “ islamique ” sont intentionnellement bannis des comptes rendus.
 
Le temps où le terrorisme arabe commençait à se pencher sur l’Europe
Aucun journal français ne s’est arrêté sur la date du 5 septembre 1972. Logique aussi. Ce jour-là, il y a quarante-cinq ans, des athlètes et des membres de l’équipe olympique israélienne ont été enlevés, séquestrés, torturés, et dans certains cas mutilés à Munich. La presse française en avait parlé à l’époque, puis était passée à autre chose. Les Jeux Olympiques ont rapidement repris, et en relater les péripéties sportives était bien plus important.

Les incitations à la haine d’Israël avaient commencé à s’installer dans les media français et européens. La “ politique arabe ” de la France, initiée par le Général de Gaulle, était en plein essor. Les inclinations “ propalestiniennes ” de la France commençaient à prendre forme. 
En Allemagne, vingt-sept années seulement s’étaient écoulées depuis la chute du Troisième Reich et depuis la chute d’Auschwitz, et l’événement était embrassant : des Juifs enlevés, séquestrés, torturés, dans certains cas mutilés en Allemagne, cela faisait pour le moins désordre. La presse allemande avait néanmoins traité l’événement comme la presse française l’avait fait. Le gouvernement allemand n’avait émis aucune objection à la reprise des Jeux Olympique. Et on le sait désormais, l’Allemagne mettait en œuvre sa propre politique arabe et des inclinations “ propalestiniennes ” à l’époque.
 
Des contacts existaient entre le gouvernement allemand et l’OLP ; ils se sont poursuivis par la suite comme si rien ne s’était passé. Trois des terroristes “palestiniens” arrêtés au moment de l’attaque ont été relâchés quelques semaines après les faits, démontrant que les vies juives en 1972-1973 ne valaient toujours pas très cher aux yeux des autorités allemandes.
 
Les journaux allemands ont parlé du 5 septembre 1972. Un peu. Ils l’ont fait parce qu’un " lieu de mémoire " a été ouvert pour le souvenir de l’attaque du 5 septembre 1972. Il a fallu quarante-cinq ans pour que la mémoire vienne à l’Allemagne. Et encore, cette mémoire a des trous : rien dans le lieu de mémoire ne rappelle le degré d’atrocité de ce qu’ont subi les Israéliens assassinés. Rien n’y indique où que ce soit que le financier des attaques était la crapule antisémite et négationniste que les Européens qualifient de président de l’Autorité Palestinienne et rêvent de voir président de l’Etat de “ Palestine ”.
Les veuves et les enfants des Israéliens tués étaient présents à la cérémonie. Ilana Romano, épouse de Yossef Romano, l’un des athlètes assassines, a expliqué que si quarante-cinq années s’étaient écoulées entre l’attaque et la construction du lieu de mémoire, c’est parce qu’une immense force d’inertie nettement teintée d’antisémitisme s’y était opposée.
 
Le Président d’Israël, Reuven Rivlin, venu pour inaugurer le lieu de mémoire a rappelé ce qui devait l’être : que plusieurs des victimes de l’attaque du 5 septembre 1972 étaient des enfants de survivants de la Shoah, et que quarante-cinq ans après, le terrorisme fait toujours des victimes innocentes. Il a ajouté que le lieu de mémoire devrait envoyer un message au monde entier et lui dire de ne pas céder devant la terreur, “ que ce soit à Barcelone, Londres, Paris, Berlin, Jérusalem ou en tout autre endroit ”.
 
C’étaient là des propos diplomatiques. Reuven Rivlin ne peut ignorer qu’un délai de quarante-cinq ans signifie que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a déjà cédé. Il ne peut ignorer que les trous de mémoire dans le lieu de mémoire et le statut conservé par Mahmoud Abbas signifient que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a effectivement déjà cédé.
 
Il ne peut ignorer qu’à Barcelone, Londres, Paris, Berlin, les dirigeants européens n’ont cessé de montrer qu’ils pratiquaient l’aveuglement volontaire et le défaitisme préventif (qui ne leur permet pas d’éviter la terreur, comme on ne cesse de le voir), et que lorsqu’il s’agit de Jérusalem, les Européens sont prêts à se vendre au terrorisme islamique et à Mahmoud Abbas, comme le révèlent leurs votes récents à l’UNESCO et leurs demandes incessantes de voir Israël revenir aux “ frontières de 1967 ”, donc aux lignes d’armistice de 1949. 
 
© Metula News Agency

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