3 août 2017

Budget : les Jeux Olympiques oui, la Défense de la France non? par Pierre Brunet

« Si vis pacem para bellum ». Si tu veux la paix, prépare la guerre. Qui ne connaît la formule, généralement attribuée à Végèce, auteur romain (chrétien…) de la fin du IVème siècle, dans son Traité de l’art militaire ? Cette sentence, considérée par beaucoup, dont l’auteur de ces lignes, comme une vérité non pas révélée mais observée tout au long de l’histoire, est néanmoins contestée. Un courant de pensée pacifiste lui oppose qu’au contraire « si tu veux la paix… prépare la paix ». Cette opposition a le mérite d’une forme (apparente) de cohérence, et d’un bel idéalisme.
 
Bercy ne sait pas que la fiabilité de l’équipement d’un soldat, à commencer par son arme, c’est sa vie, et Bercy s’en fout, d’ailleurs, comme l’Elu, pour qui les équipements militaires ne sont que des objets de communication

La Défense sur l’autel de l’Europe

 

On ne peut en dire autant, hélas, de la politique d’Emmanuel Macron sur le sujet. Le président de la République n’est pas un pacifiste qui refuserait de payer à la paix le prix des armes. Macron n’est pas idéaliste. Il est cynique, pragmatique (autre mot pour opportuniste) et irresponsable, comme l’étaient nos rois de droit divin. Macron considère qu’il n’a de comptes à rendre à personne, puisqu’il a été élu. Il est l’Elu, comprenez-vous. L’Elu n’a pas à se montrer cohérent, ni conséquent. L’Elu peut promettre d’augmenter le budget des armées jusqu’à arriver, « à l’horizon 2025 » (on sent que cet horizon, comme dans le désert, est appelé à se déplacer à mesure qu’on avancera vers lui…), à 2 % du PIB, et, quelques semaines plus tard, décider que ce même budget va commencer par être amputé de 850 millions d’euros. Comme ça. Parce qu’il a promis à Angela Merkel de montrer l’exemple en matière de respect de la règle européenne de maîtrise du déficit public à 3 % maximum du PIB. L’Elu veut être distingué par Maman Merkel comme le meilleur élève de la classe européenne. L’Elu pense que dans la vie il faut être le premier de sa classe. C’est beaucoup plus important que d’être responsable, cohérent et conséquent.

La "quenelle" considérée comme discriminante selon le Tribunal fédéral suisse, par Michael Peuker

[NDLR : le coq français, fièrement juché sur son tas de fumier, se plaît souvent à considérer ses voisins francophones -- sans même parler des autres nations -- comme des demeurés. Parmi les préjugés prétendument hilarants, les Suisses seraient des traînards engourdis.  
En l'occurrence, nos voisins transalpins ont pris une large avance.]

Magnifiques raclures en pleine action
Le Tribunal fédéral confirme la condamnation pour discrimination raciale de l'auteur d'une " quenelle " devant la synagogue de Genève. La Haute cour confirme ainsi une décision de la justice genevoise. 
 
L'homme avait posé avec deux comparses devant l'édifice religieux en effectuant le mouvement popularisé par <s>l'humoriste</s> la raclure française Dieudonné. En première instance, la Cour de justice de Genève avait conclu à un message rabaissant et discriminatoire.

"Connotation antisémite évidente"

Ce geste ambigu avec le bras symbolise, pour certains, un salut nazi inversé. Mais dans cette affaire, les juges retiennent surtout la mise en scène: trois hommes en rang serré, dont un en tenue d'assaut de l'armée suisse, faisant une " quenelle " face à une synagogue, le visage partiellement couvert. Pour la Haute cour, la connotation antisémite ne fait aucun doute.

C'est la première fois que le Tribunal fédéral se prononce sur ce geste controversé et la décision fera par conséquent jurisprudence.

Fin d'un ping-pong judiciaire

Condamnés en première instance en 2015 à une peine pécuniaire avec sursis, deux des protagonistes avaient accepté l'ordonnance pénale du Ministère public de Genève. Le troisième individu, lui, avait fait opposition avant d'être acquitté du chef de discrimination raciale. Saisie en 2016, la Cour de justice du canton avait alors confirmé la condamnation de première instance. C'est à ce ping-pong judiciaire auquel a mis fin le Tribunal fédéral.


[NDLR : et pour ceux qui n'aurait toujours pas compris : 

Les thèmes cycliques des émeutes du Mont du Temple, par Manfred Gerstenfeld

Le 14 juillet, deux policiers israéliens ont été assassinés à Jérusalem[1]. Ils étaient membres de la communauté druze, une minorité ethno-religieuse. Les trois meurtriers musulmans venaient de la ville d’Umm al-Fahm dans le nord d’Israël.

Un modèle parfait pour reconduire un tel schéma : commettre un crime contre Israël en lien avec Al Aqsa, puis, si Israël réagit en renforçant ses mesures de sécurité, annoncer ensuite qu’Al Aqsa est en danger. Cela permet d’inciter facilement à l’émeute.

Ils avaient dissimulé leurs armes sur le Mont du Temple, où se tient la mosquée Al Aqsa, qui est dirigée par le Waqf, une institution religieuse musulmane.  Les trois meurtriers ont été tués par la police israélienne. La veille, un des meurtriers  a publié un selfie où il se tient devant la mosquée Al- Aqsa avec une légende d’accompagnement : “ Le sourire demain sera plus beau, si Allah le veut! [2] ”.

Israël a réagi aux meurtres en augmentant ses mesures de sécurité. On a installé des détecteurs de métaux. L’alternative aurait été d’attendre passivement que les prochains terroristes viennent commettre des meurtres grâce à la formule déjà démontrée qui consiste à amener des armes et à les cacher sur des lieux de culte.