17 août 2017

Dunkerque ou des minorités occultées, par Henri Astier

[NDLR : la cucuterie bien pensante n'en finit pas de frapper, causant toujours notre exaspération, mais nous offrant parfois des occasions de franche hilarité. Le politiquement correct est tellement outrancier, malhonnête -- à moins que, encore pire, ce ne soit indignation sincère --, aberrant, bêlant et inepte qu'il finit par revenir, tel un boomerang, dans la tronche du crétin qui, voulant faire l'ange, ne peut que se faire ridiculiser.]

Depuis sa sortie dans les salles le mois dernier, Dunkerque a fait l’objet de critiques sévères dans la presse anglo-saxonne. Le New York Times souligne que le film « ne montre aucun des soldats indiens qui étaient présents lors de la bataille ».  À l’«amnésie de l’empire», s’ajoute une islamophobie plus ou moins consciente : les régiments indiens étaient en effet composés en majorité de Musulmans.


Il y a plus grave.  Le Washington Post nous apprend que ces unités ont été « parmi les dernières à être évacuées ».   The Independent parle de « version blanchie, qui ignore la bravoure des soldats noirs et musulmans ».

 

Xénophobie ambiante ?

 

Pour Le Guardian, l’absence de non-blancs dans le film est en phase avec la xénophobie ambiante.  Avouer l’héroïsme des indigènes du royaume, c’eût été reconnaître que l’autre est notre semblable  – un message qui passe mal dans l’Angleterre du Brexit et l’Amérique de Trump.

« Pourrions-nous toujours considérer nos voisins comme des sous-hommes si nous les voyions combattre aux côtés de nos « boys » dans cette « bonne » guerre ? » demande le commentateur du Guardian. Pantois devant de telles accusations, et hésitant à croire à une capitulation de l’industrie cinématographique devant la montée du patriotisme identitaire, j’ai décidé de me faire ma propre opinion en allant voir Dunkerque.