31 août 2017

BDS: répul-sion, aver-sion, obses-sion… par Jean-Paul Lilienfeld

[NDLR : Lilienfeld, vous êtes un mensch.]

Nous fêtions macroniennement le second tour des législatives avec quelques amis devant les chaînes d’info, en décapsulant un nombre effarant de bières sans alcool, que nous sirotions en twittant au son de la playlist que diffusait la JBL Bluetooth, à peine dérangés par l’enthousiasme de 98 % des journalistes pour les 14 % d’électeurs ayant voté les pleins pouvoirs à notre bien-aimé président, lorsque ma timeline m’apprit, avec une semaine de retard, que le chanteur Amir (The Voice, l’Eurovision, trophée du meilleur artiste français aux MTV Europe Music Awards à Rotterdam, révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards, intégré à la troupe des enfoirés, bref de la solide variété populaire) devait se produire le 9 juin à Fontenay-Sous-Bois mais que l’un des maires adjoints, Nassim Lachelache (si, si), faisait des pieds et des mains pour l’en empêcher parce que « j’ai découvert tardivement qu’Amir est réserviste de l’armée israélienne et qu’il donne des concerts de soutien pour cette armée », justifiait l’adjoint au maire délégué à la politique de la ville et à la réussite éducative (si, si, éducative).



« Choisir Amir, c’est comme apporter son soutien à l’injustice, à une armée d’occupation, ce n’est pas en phase avec les valeurs de Fontenay. »

Cette ritournelle BDS [NDLR: acronyme de Bande De Salauds], chantée de plus en plus fort, ces indignations à géométrie variable ont produit suffisamment de catastrophes grâce à l’imaginaire collectif qu’elles créent, pour s’employer à ce qu’elles cessent le plus rapidement possible.

Et comme je réaffirme ici que M. Ferrand a soutenu à plusieurs reprises directement ou indirectement le BDS (ce qui n’est pas plus illégal que ses agissements au sein des Mutuelles de Bretagne), j’ai bien peur qu’on ne puisse compter sur la volonté politique de nos dirigeants pour cela.

Tout pour les musulmans, rien par les musulmans ? par André Versaille

Dans mon précédent billet, je vous entretenais de la vision paternaliste qu’Edwy Plenel avait des musulmans dont il parle, dans son livre Pour les musulmans [1] comme d’une masse compacte composée de victimes indistinctes qu’il est urgent de protéger comme une espèce zoologique menacée. Et je terminais mon billet en disant qu’en le lisant, on croirait entendre Brigitte Bardot parler des bébés phoques.
 
L’œil qui frise et le sourire retors, signe de madrerie. Déductible des impôts parce que d'utilité publique ?
Or, voilà quelques années maintenant que des musulmans, et non des moindres, sont entrés en résistance. Doués de la lucidité et du courage qui manque si souvent à notre Famille, ils parlent : ils s’appellent Hélé Béji, Ghaleb Bencheikh, Tahar Beb Jelloun, Fehti Benslama, Abdenour Bidar, Kamel Daoud, le regretté Abdel Wahhab Meddeb, Moustapha Safouan, Boualem Sansal, et bien d’autres. Ils ne forment pas un groupe, chacun parle pour lui-même, et sans doute ne sont-ils pas d’accord sur tout. Mais ils se rejoignent sur l’essentiel : la lutte contre la barbarie islamiste, et, nul ne peut plus l’ignorer, au péril de leur vie. Ils montrent bien plus d’indépendance d’esprit que la plupart des nôtres.