2 sept. 2017

Le mandat des casques bleus reconduit et revitaminé entre Israël et le Liban, par Michaël Béhé (à Beyrouth)

Mercredi dernier, le mandat des Casques bleus de la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, a finalement été reconduit pour une année supplémentaire. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a en effet adopté à l’unanimité de ses quinze membres la résolution 2373, qui prolonge ledit mandat, non sans y apporter plusieurs modifications importantes, comme les avaient demandées les Etats-Unis et Israël.
 
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L’ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a précisé que la FINUL se montrait particulièrement inefficace pour empêcher " l'approvisionnement massif en armes du Hezbollah, la plupart du temps par des trafics alimentés par l'Iran ".
 
Rappelons que la présence de la FINUL au Liban, dans la région frontalière avec l’Etat hébreu, est régie par la résolution 1701, adoptée par le Conseil le six août 2006. La 1701, proposée par la France et des pays arabes, avait pour but de mettre un terme à la contre-offensive de Tsahal au Liban en échange de plusieurs dispositions, dont les principales étaient : le désarmement de tous les groupes armés dans l’ensemble du pays aux cèdres, cette clause s’adressant particulièrement au Hezbollah, la milice chiite supplétive de l’Iran, ainsi que l’éviction de toute force armée autre que l’Armée libanaise et la FINUL au sud du fleuve Litani qui coule parallèlement à la frontière israélienne.
 
Dans les faits, si l’Etat hébreu avait cessé ses opérations militaires, de l'autre côté la décision onusienne n’a jamais été suivie d’effets. Au contraire, depuis 2006, le Hezbollah, grâce aux armes qu’il reçoit de Téhéran, s’est imposé comme un Etat dans l’Etat, disposant de sa propre armée et supplantant les institutions nationales chaque fois qu’il le décide.