5 sept. 2017

Leïla Slimani, nouvelle cible de la censure antiraciste, par Fatiha Boudjahlat

Leïla Slimani, écrivain et lauréate du Prix Goncourt 2016, s'est attiré les foudres des Indigènes de la République pour son livre Sexe et mensonges, une enquête choc sur le traitement des femmes dans la société marocaine.
« Native informant ». C'est une notion que les études postcoloniales ont forgée pour désigner les personnes de couleur qui, surcompensant un complexe d'infériorité à l'égard des Blancs, imitent ces derniers pour leur plaire et être reconnues par eux. À tel point que les Blancs y voient l'enfant d'immigré parfait, le choisissent comme interlocuteur pour représenter tous les enfants d'immigrés, alors que cette représentativité est factice, et n'est que le fait des Blancs. 

En fait, cette notion est l'élément de langage pour désigner les nègres de maison, les bounty, les blanchis, les collabeurs, les oncles Tom. Ce dispositif psychologique de soumission du « native informant » a été décrit par Franz Fanon dans son livre Peau Noire, Masque Blanc. Il recoupe aussi les déclarations de Malcolm X sur la différence entre les nègres de maison et les nègres des champs. Luther King étant un nègre de maison, domestiqué et proche de son maître, Malcolm X étant un nègre des champs, prêt à la lutte armée : « L'homme blanc prend un Nègre, un soi-disant Nègre, et en fait une personnalité importante, il le construit, il parle de lui et il fait de lui une célébrité. Au final, celui-ci devient un porte-parole pour les Nègres et un leader Nègre. » Mais « native informant », c'est plus chic. Ou comme l'écrit Houria Bouteldja, qui a usé récemment de cette expression pour qualifier la romancière Leïla Slimani, « ça pète sa mère ». Pensez donc, c'est scientifique.
Médine (!?) et Pascal Boniface : les intellectuels accommodants et les indigénistes veulent aussi leur bon arabe. Ya bon islamiste.
C'est aussi de cette expression dont Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, a usé pour qualifier l'imam Chalghoumi, dans un article datant de 2013. Vous ne rêvez pas. Un bourgeois blanc conteste à un imam immigré la légitimité de sa prise de parole parce qu'il n'aurait pas assez de followers sur Twitter et de likes sur Facebook ! Un bourgeois blanc voudrait apprendre à un immigré à être un bon immigré, un bon arabe, un bon musulman. Pour son bien et celui de sa communauté. Pas l'immigré qui plaît à la majorité blanche, non, Pascal Boniface sait reconnaître l'immigré et le musulman authentique. Et ce n'est pas du paternalisme et du colonialisme du tout. Parce que c'est un bon bourgeois blanc de gauche qui veut faire l'éducation de l'arabe, pour le remettre sur le bon sentier de l'arabitude, et de la musulmanitude. Cette expression de « native informant », « d'informateur indigène », en fait de vendu aux Blancs, est surtout l'alibi scientifique utilisé pour faire taire les dissonances au sein des immigrés et de leurs descendants afin de s'assurer de leur hyperconformité vis-à-vis de leur communauté, le groupe n'apparaissant que comme fait d'un seul bloc. L'individu est alors vu comme dissident, allié objectif de la domination blanche, qui trahit sa communauté puisqu'il trahit la cause politique de cette même communauté : l'opposition au pouvoir Blanc. 

Tsahal : victoire totale sur le Hezbollah, par Marc Brzustowski

Mardi 5 septembre, Tsahal s’est lancée dans ses plus grandes manœuvres militaires contre le Hezbollah depuis 19 ans, avec une mission radicalement révisée, face à un ennemi grandement renforcé (tanks et drones,ainsi que 140.000 roquettes et missiles), qui est actuellement embarqué en Syrie,pas seulement depuis le Liban.
 
L’opération défensive mise à part, Tsahal est résolue à infliger à l’ennemi des pertes intolérables en vie humaine, en territoire et en infrastructures, de telle sorte que le Hezbollah (donc le Liban) renvoyé à l’âge de pierre ne se relève jamais.
Des dizaines de milliers d’hommes de troupes terrestres, aériennes, navales et d’unités des renseignements, dont des réservistes – la totalité des forces du territoire du Nord – vont simuler une percée du Hezbollah à travers la frontière, visant à occuper deux localités israéliennes en Galilée et sur le Golan. Ils mèneront des opérations défensives et offensives simultanées en profondeur derrière les lignes ennemies. Le plan de ces jeux de guerre n’est pas du tout de viser un cessez-le-feu et un répit suffisant pour que l’ennemi se prépare au prochain cycle de violence, comme cela a été le cas quand la 2ème guerre du Liban s’est terminée en 2006.

Cette fois, les stratèges israéliens se sont fixés le but de vaincre le Hezbollah de façon suffisamment convaincante pour lui briser définitivement le moral et son infrastructure et mettre un terme à ses croyances selon lesquelles il serait en mesure de détruire Israël la prochaine fois.

Islamisme à l'école : après l'énième constat des territoires perdus, à quand la reconquête ?, par Barbara Lefebvre

Le témoignage du principal de collège Bernard Ravet a fait, il y a quelques jours, son petit effet dans certains médias qui ont semblé découvrir qu'il existât « des territoires perdus de la République ». Un peu comme en janvier 2015 lorsque ces mêmes médias et l'opinion réalisèrent brutalement que la France abritait un foyer ardent de violence sanguinaire, nourri par une vision totalitaire de l'islam. Depuis que les autruches ont été contraintes de sortir la tête du sable, nous sommes soumis à leur lancinant lamento fait de « mais pourquoi nous ? » et autres « comment en sommes-nous arrivés là ? » en passant par l'autodénigrement occidental systématique et son corollaire la victimisation du bourreau, soit par des arguments socioéconomiques ou plus récemment psychopathologiques, afin de mieux oublier l'effarement qui saisit les autruches devant le sort réservé aux innocentes victimes dans leurs rangs. Tout cela comme si rien n'avait été dit ou écrit depuis plus de deux décennies sur le sujet. Sur la menace que faisait peser l'islam politique, et le communautarisme qui lui sert de paravent pour développer sa clientèle et que nos dirigeants nationaux et locaux ont laissé se développer au nom du respect des différences, du multiculturalisme qui vire aujourd'hui au racialisme avec des colloques ouverts en fonction du taux de mélamine des participants. 

Quand j'entends à présent les médias psychiatriser les terroristes islamistes, je reconnais bien là le réflexe de l'homo-struthio, une nouvelle espèce d'hominidés descendant de la famille des Struthionidés, trivialement appelés autruches.
Le témoignage de Bernard Ravet est précieux et intéressant, toutefois le devoir de réserve invoqué pour ne pas avoir livré ce récit avant la retraite me paraît quelque peu surfait. Nous qui avons témoigné dès 2002 dans l'ouvrage Les territoires perdus de la République, n'avons en rien dérogé aux règles de discrétion imposées aux fonctionnaires en alertant sur les dérives institutionnelles observées et les menaces que l'islam politique représentait au sein de l'école. Son intrusion se manifestant par le port du hijab, des requêtes à caractère religieux insistantes pour l'alimentation, les contenus d'enseignement, le calendrier scolaire. Pour les trois auteurs qui ont témoigné sous leur nom en 2002, nous n'avons souffert d'aucune sanction, ni rétorsion de notre administration. Nous avions tout dit de l'absence de réaction de l'institution, de sa volonté d'étouffer nombre d'affaires « délicates ». Qu'il s'agisse d'élève juif devant être changé en urgence d'établissement en cours d'année en raison des violences graves qu'il subissait, des filles de culture musulmane se plaignant en vain d'être harcelées verbalement et physiquement par des camarades autoproclamés agents du vice et de la vertu, d'élèves traqués parce qu'ils ne faisaient pas Ramadan auxquels la direction conseillait d'aller manger chez eux plutôt que garantir leur sécurité. À l'instar du surveillant fiché S dont Bernard Ravet dénonce l'activisme, j'ai moi-même raconté dans Les territoires perdus de la République comment deux surveillants diffusaient leur propagande islamiste au sein de mon collège dans les Hauts-de-Seine, tant auprès des élèves que de leurs collègues, l'un d'eux se servant de notre local d'histoire-géo pour prier. Nous étions au début des années 2000. J'ai raconté ces élèves contestant les cours, sans parler de l'antisémitisme violent qui régnait dans des établissements où plus aucun élève de confession juive n'était scolarisé. Rien de neuf sous le soleil. Hélas.