14 sept. 2017

L’ouragan Irma lève le voile sur notre (mauvais) Etat, par Nathalie MP

Les critiques qui fusent sur la faillite de l’Etat français à Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma remettent sur le devant de la scène la question plus générale du rôle de l’Etat. Il y a une semaine exactement, le mercredi 6 septembre 2017, l’ouragan Irma passait sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy, deux collectivités françaises d’outre-mer situées dans les Antilles. Emportant tout sur son passage, maisons, réseaux électriques, adduction d’eau, laissant le champ libre à des bandes de pillards en armes, il semblerait bien qu’il ait aussi mis brutalement à nu les carences de l’Etat français dans l’anticipation et la gestion de cette crise aussi bien sécuritaire que sanitaire.



De nombreux témoignages d’habitants affolés et esseulés, des articles de la presse des Caraïbes et la comparaison avec la fermeté en vigueur dans les territoires voisins relevant des autorités américaines ou néerlandaises ont aussitôt donné lieu à des interrogations brûlantes : l’Etat français a-t-il failli ?

Yad Vashem : commémorer, éduquer, documenter, par Guitel Benishay

A l’approche de Rosh Hashana, le site internet de Yad Vashem en français vous propose une exposition virtuelle sur les cartes de vœux, calendriers et prières écrites avant, pendant et après la Shoah par les Juifs d’Europe.


Yad Vashem se met à la page internet

« Je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un monument et un nom (« yad vashem »)… qui jamais ne s’effacera. » Isaïe 56, 5. 

Mémorial vivant du peuple juif en souvenir de la Shoah, Yad Vashem œuvre à préserver la mémoire du passé et à lui donner un sens pour les générations à venir. Créé en 1953 pour être le centre mondial de documentation, de recherche, d’éducation et de commémoration de la Shoah, Yad Vashem est aujourd’hui un lieu vivant et dynamique de rencontres intergénérationnelles et internationales.

En 2017, plus de 70 ans après la Shoah, ce lieu de mémoire incontournable a su adapter ses méthodes de recherche et de transmission. Aujourd’hui le site internet de Yad Vashem est traduit en 8 langues avec pour chacune des informations et des expositions virtuelles.

Emmanuelle Moscovitz, membre de l’équipe francophone de Yad Vashem, nous explique les atouts d’un tel type d’exposition :  « Ces expositions virtuelles nous permettent de toucher un public encore plus large. Nul besoin de pouvoir venir sur place pour les visiter. Par ailleurs, elles restent toujours disponibles en ligne, ce qui constitue un réservoir important pour la documentation et plus particulièrement pour les enseignants qui disposent là de supports exceptionnels ». Emmanuelle poursuit en vantant également les mérites de la chaine YouTube du musée, également disponible en français et qui permet de partager au plus grand nombre la masse de témoignages que Yad Vashem a recueilli et continue de récolter.

Le temps juif à tout prix

L’exposition virtuelle actuelle disponible sur le site internet de Yad Vashem regroupe des documents incroyables. Il s’agit de cartes de vœux pour la nouvelle année mais aussi de calendriers hébraïques écrits alors que leurs auteurs se trouvaient persécutés. Certains devaient risquer gros pour trouver un papier et un crayon alors qu’ils étaient dans les camps de concentration nazis.

On peut ainsi découvrir les cartes d’enfants d’une même famille, écrites dans le camp de Bergen Belsen. Elles sont colorées, on y trouve des dessins des symboles de la fête, et des vœux pour les parents pour qu’ils aient une meilleure année : le plus jeune, Rafael, alors âgé de 8 ans: « Cette année je serai un très bon garçon et je ne pleurerai jamais » ; la fille aînée, Fanny (Zipporah) : « Nous aurons une nouvelle année douce et heureuse, même sans pomme et sans miel ».


Ces archives revêtent une importance particulière dans la reconstitution de l’histoire individuelle des victimes de la Shoah, qui permet de transmettre l’histoire collective. Ainsi, on s’aperçoit, que même si tous n’étaient pas pratiquants, les Juifs de cette époque gardaient la foi et accordaient une grande importance aux coutumes et au temps juif. « Nous avons retrouvé certains calendriers faits de mémoire, dans des lieux où, pourtant, le temps n’existait plus ».

Pour aller plus loin: