1 oct. 2017

Ces Palestiniens oubliés, par Khaled Abu Toameh

Plus de 1'600 Palestiniens ont disparu en Syrie et des centaines d'autres ont été tués depuis le début de la guerre civile. Mais des informations de ce type peinent à se frayer un chemin jusqu'aux médias occidentaux.

Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk en Syrie a été assiégé par l'armée syrienne pendant plus de 1510 jours. Sur la photo : les résidents de Yarmouk font la queue pour recevoir des vivres, le 31 janvier 2014. (Source d'image : UNRWA)
Pour capter l'attention de la communauté internationale et des médias, les Palestiniens doivent obligatoirement vivre en Cisjordanie, dans la bande de Gaza ou à Jérusalem. Ces Palestiniens-là ont la chance de voir leurs histoires (et leurs difficultés) couvertes avec régularité par les médias internationaux. Pourquoi ? Parce que ces Palestiniens ont affaire – directement ou indirectement - à Israël.

Je disparais quand on me nomme. Qui suis-je ? * par Allegra

Il y a peu, je recommandais d’écouter une conférence d’Akadem   Psychopathologie d’un meurtre, anatomie d’un silence : Halimi, d’Ilan à Sarah : un syndrome contemporain. Un intervenant m’a rétorqué que c’était trop long. J’ai donc pris la peine de transcrire une des interventions, celle de Philippe Val.
 
Philippe Val - Lauréat du Prix Morris Abram 2015 pour les droits de l'homme décerné par UN Watch
J’entends déjà les protestations : – mais c’est une vieille histoire !  Il est vrai  que quelques mois ont passé depuis les faits (avril 2017), et qu’à l’ère de l’immédiateté et du gigantesque empilage de nouvelles qui se succèdent en enlevant une pièce pour la remplacer par une autre, certains se croient en droit d’estimer  que l’affaire est close. D’autres me diront que, début septembre,  le parquet de Paris a demandé à la juge chargée de l’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi de retenir le caractère antisémite du crime, et qu’il n’y a donc plus lieu de discuter. Fin. End.

Non, ce n’est pas la fin, parce qu’il convient d’analyser pourquoi, une fois de plus, les médias ont choisi de ne pas dire pendant si longtemps. Je rappelle que ce sont les réseaux sociaux qui « ont gratté les allumettes dans la poudrière », selon l’expression de Philippe Val.

Qui, en Europe, se souvient du 5 septembre 1972 ? par Guy Millière

J’ai cherché dans la presse française une mention des tristes anniversaires qui ont marqué ces derniers jours. Le 11 septembre 2001 a été très brièvement évoqué. C’est logique. Seize années se sont écoulées depuis, et le terrorisme islamique n’a pas cessé d’assassiner. Si, aux Etats-Unis, un président qui ose dire les mots “ terrorisme islamique ” est au pouvoir, il a eu un prédécesseur indigne, qui n’a cessé d’exonérer l’islam lors de chaque attaque menée par des islamistes. En Europe, chacune de leurs agressions est suivie par des propos rappelant que les islamistes sont des marginaux qui n’ont rien à voir avec une grande religion de paix, d’amour et de fraternité. Souvent, suivant une attitude servile d’apaisement, les mots “ islamistes ” ou “ islamique ” sont intentionnellement bannis des comptes rendus.
 
Le temps où le terrorisme arabe commençait à se pencher sur l’Europe
Aucun journal français ne s’est arrêté sur la date du 5 septembre 1972. Logique aussi. Ce jour-là, il y a quarante-cinq ans, des athlètes et des membres de l’équipe olympique israélienne ont été enlevés, séquestrés, torturés, et dans certains cas mutilés à Munich. La presse française en avait parlé à l’époque, puis était passée à autre chose. Les Jeux Olympiques ont rapidement repris, et en relater les péripéties sportives était bien plus important.