8 sept. 2019

La France a franchi un nouvel échelon dans sa guerre médiatique contre Israël, par Ilan Tsadik

[NDA : La Metula News Agency étant une agence de presse payante, j'ai choisi de ne pas publier ses excellents articles sur ce blog. Je déroge aujourd'hui à cette règle compte tenu de la gravité du sujet.]

L’antisémitisme est un fléau qui s’il n’est pas combattu avec tout l’arsenal dont dispose une société éclairée continue inexorablement sa progression. 
Cette semaine la presse française a franchi un nouvel échelon dans la guerre médiatique qu’elle livre à Israël et aux Juifs. Cette aggravation de l’incitation à la haine est rendue possible par le silence complice de l’Elysée et du Quai d’Orsay. 

Il ne s’agit plus pour nous (et depuis longtemps) de pousser des cris d’orfraie en jouant les étonnés ou les scandalisés, car on ne peut passer son temps à s’émouvoir. Et je ne suis pas loin de penser que l’inconfort dans lequel la population israélite de l’Hexagone est plongée procure de la satisfaction aux propagateurs de la détestation des Juifs. A nous de cesser de leur faire ce plaisir. 
Il n’est pas non plus question pour nous de passer ces actes de guerre de l’information sous silence au prétexte parfois entendu qu’on est en présence d’un phénomène répétitif, qu’on ne se fait plus d’illusions quant à ses motifs, et que cela n’avance à rien de remuer le couteau dans la plaie.

Dimanche dernier l’Armée israélienne a étrangement manqué toutes ses cibles,
sans pour autant plonger les confrères français dans l’interrogation…
En ce qui concerne la Ména, la décision de riposter à cette agression systématique a été prise il y a presque vingt ans lors de notre création, et elle consiste principalement à la rendre lisible en la déconstruisant. Pour ceux qui ont aujourd’hui tendance à l’oublier, pendant une dizaine d’années nous avons été les seuls à le faire, et cela nous a donné le temps de décrire de façon circonstanciée tous les schémas utilisés par nos adversaires. 
Ceux-ci consistent en une corruption de la langue française et de la déontologie journalistique, tant au niveau du vocabulaire détourné qui est employé que de la falsification préméditée, didactique et grossière des faits. 
J’ai parlé du gravissement d’un nouvel échelon dans ces techniques, il est temps d’établir notre assomption. La source de la malveillance est comme très souvent l’agence de presse étatique française AFP ; comme fréquemment, ses dépêches sont reprises telles quelles par l’ensemble des media tricolores, je l’ai quant à moi lue dans le Figaro dans sa livraison de jeudi. 
Cela démontre en passant que la guerre dont je parle n’est pas l’apanage de la gauche, tel que se plaisent à l’affirmer certains observateurs naïfs ou dévastés par l’autosuggestion dans leur recherche désespérée d’une planche de salut. Car s’il est un seul domaine dans lequel la gauche et la droite françaises ont historiquement toujours fait front commun, c’est bien celui de l’antisémitisme. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à constater la persistance à l’identique de la politique de Paris au Moyen-Orient depuis De Gaulle, quelle que soit la sensibilité du président en exercice. 
Le franchissement de l’échelon dans la guerre médiatique que nous livre l’Hexagone se situe dans l’observation que, depuis l’instauration de la "politique arabe de la France", les commentateurs et les décideurs avaient toujours trouvé les mots pour imputer indirectement à Israël la responsabilité des violences. La nouveauté franchie, c’est que cette accusation est désormais explicite et non plus implicite. 
Le reste de la dépêche est déjà bourrée ad nauseam des allusions biaisées habituelles, baignant notamment dans l’anti-américanisme grégaire de cette presse, exacerbé encore par la présidence de Donald Trump. Mais voilà le passage qui nous intéresse : 
" La semaine dernière, la confrontation entre le Hezbollah et Israël était allée crescendo. Elle avait commencé par un bombardement de l'armée israélienne qui a tué deux combattants du Hezbollah, avant de se poursuivre par des accusations d'attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth - fief du Hezbollah -, qualifiée de «déclaration de guerre» par le président libanais Michel Aoun. Dimanche, le Hezbollah avait tiré des missiles antichars sur le nord d'Israël, qui a répliqué avec des frappes dans le sud du Liban, provoquant des incendies ".
On y découvre que la responsabilité de l’agression menée par le Hezbollah à Avivim dimanche dernier était en fait une riposte du Hezbollah à l’assassinat par Tsahal de deux de ses combattants. J’écris assassinat parce que, faute de toute circonstanciation comme c’est le cas dans le câblogramme, l’action de tuer des personnes, qu’elles soient combattantes ou non, est soit un meurtre soit un assassinat. 
Mais dans le cas présent, le "Figaro avec AFP" va beaucoup plus loin dans la corruption des faits qui seule peut permettre d’attribuer à l’Etat hébreu la culpabilité d’avoir asséné le premier coup. Car enfin, la dépêche occulte très intentionnellement que les deux combattants en question se trouvaient en Syrie en train de lancer des drones d’attaque sur les civils et les militaires en Israël. Ils ont été pris en flag, avec images et vidéos à l’appui, par ce qui participe d’un acte anthologique de légitime défense de la part d’Israël. 
On rappelle qu’aux yeux de l’Union Européenne et distinctement de la France – mais visiblement pas de l’AFP, du Figaro et du reste de la presse tricolore – la branche armée du Hezbollah est une organisation terroriste.  
Cette différenciation entre une hypothétique branche armée et une branche qui serait civile est déjà imbécile et hypocrite, car la milice du Hezbollah ne fait pas cette distinction et ce sont les mêmes individus qui commandent à ses décisions politiques et militaires. La Ligue Arabe, soit les représentants de la totalité des Etats arabes, pour ne citer qu’elle, considère évidemment le Hezb dans son ensemble comme une entité terroriste.  
Mais conservons le narratif officiel du gouvernement français pour décortiquer l’information : d’abord les deux individus tués étaient des terroristes et pas des "combattants", à moins que lancer un drone bourré d’explosifs sur des civils constitue à Paris une activité politique. Ensuite se pose la question (à laquelle nous avons répondu) de savoir ce qu’ils faisaient en Syrie, et surtout de dénoncer la soustraction intentionnelle de ces éléments à la connaissance du public français. Car privé de ces INFORMATIONS par le Figaro-AFP, ce public ne peut en aucun cas utiliser son propre jugement afin d’établir les responsabilités dans l’affrontement entre la milice terroriste du Hezbollah et l’Etat démocratique d’Israël. Particulièrement lorsqu’on lui dit textuellement que cet affrontement a débuté par le bombardement de deux paisibles terroristes par l’Armée israélienne. 
Même intention malveillante à l’extrême pour ce qui est des "attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth - fief du Hezbollah – (…)". Contrairement à ce qu’écrivent nos confrères franciliens, ce n’est pas la Dahiyyeh, la banlieue-sud de Beyrouth qui a été prise pour cible – sinon il n’en resterait que des ruines – mais un équipement nécessaire à produire du carburant pour missiles. Une machinerie que le Hezb avait diligemment entreposée à l’air libre entre deux immeubles d’habitation, se servant de la présence des civils comme de boucliers humains. 
Or la destruction d’une mélangeuse affectée à la production de missiles n’est pas non plus à proprement parler une activité politique. Et si elle n’est pas politique, suivant la nomenclature française, elle est donc terroriste. 
Elle l’est d’autant plus que sa vente par l’Iran et son transport à Beyrouth sont formellement interdits par une dizaine de traités internationaux, car le carburant produit par cette machine peut aussi être utilisé dans la confection de missiles balistiques. 
Ca commence à faire beaucoup de contre-vérités et de non-dits, non ? 
Reste les tirs de missiles antichars par le Hezbollah sur la base d’Avivim. Vengeance ou riposte de la milice de Nasrallah ? Il s’est vengé parce que ses terroristes ont été empêchés par Tsahal d’assassiner (ici c’est à bon escient) des civils israéliens ? Parce qu’ils ont été temporairement empêchés de produire des missiles de précision, avec lesquels le Sayyed Nasrallah, à l’instar de ses mandataires iraniens, promet plusieurs fois par semaine de détruire Israël et de génocider sa population ? 
Ca serait une blague si c’était humoristique, là c’est uniquement un crime d’incitation au racisme et à l’antisémitisme. 
Lors, quand la presse française évoque la réplique d’Israël "avec des frappes dans le sud du Liban", elle y gagnerait en crédibilité à se montrer plus précise. Tsahal a lancé une cinquante raids en deux heures sur les positions de la milice terroriste chère à l’AFP et aux confrères tricolores au point d’en faire une " organisation combattante ". 
Cinquante raids d’une précision chirurgicale, qui ont causé, outre quelques feux de broussailles qui n’ont rien en commun avec le désastre écologique occasionné par la milice terroriste du Hamas dans le pourtour de Gaza… zéro morts et zéro blessés dans les rangs du Hezbollah. 
Cela aussi c’est une INFORMATION qui doit impérativement figurer dans le narratif pour que la dépêche puisse être comprise par le public français. Mais pour quelle raison Tsahal n’a-t-il pas exercé son droit à la légitime défense absolue et conduit sa riposte jusqu’à l’éradication de deux mille terroristes qui étaient à sa merci ? 
Parce que cela aurait certainement provoqué l’éclatement d’un nouveau conflit ouvert, au moins avec le Hezbollah comme en 2006, probablement avec l’Iran également. Parce que Jérusalem sait parfaitement qu’en l’état actuel du rapport de force, en cas de guerre ouverte de ce type, le Liban serait "ramené à l’âge de pierre" et des milliers de Libanais qui servent de boucliers humains aux terroristes périraient. Or les Israéliens sont conscients de ce que soixante-dix pour cent des Libanais au moins ne suivent pas les traces du Hezbollah et sont au contraire ses otages. 
Forts de ce savoir, nous avons décidé de ne participer à une nouvelle guerre que si elle nous est imposée, soit par des actes violents, soit par la prolifération de menaces imminentes et insupportables contre nos concitoyens. On n’y est pas encore mais on s’y dirige malheureusement, la décision n’est pas entre nos mains. Reste que dimanche dernier, grâce à l’intelligence de notre état-major et en particulier à celle du chef de notre armée Aviv Kokhavi, Israël n’a pas provoqué la confrontation mais elle l’a évitée. 
Voir l’abysse qui sépare la réalité du narratif controuvé de A à Z diffusé par toute la presse française ou presque ! Reste à savoir d’où leur vient cette haine, suffisamment vive pour inventer une réalité parallèle. Suffisamment virulente, et c’est difficilement concevable du point de vue intellectuel, pour s’obliger à oublier aussi que la milice terroriste du Hezbollah a assassiné, le 23 octobre 1983, 58 militaires français venus rétablir la paix au Liban. Et le Hezb recommencerait sans la moindre hésitation s’il en avait l’occasion. 
Cela fait deux mille ans que nous nous posons la question et nous n’avons toujours pas l’ébauche d’une réponse. Il n’empêche que cette haine a effectivement contribué à franchir un nouvel échelon dans la guerre que nous livre l’establishment français. C’est passablement désagréable pour les Israéliens mais c’est grave pour les Juif français, qui eux aussi sont en train de servir d’otages à un gouvernement, une presse et une intelligentsia totalement irresponsables.
Ilan Tsadik © Metula News Agency

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